À compter de ce jour, il devra ainsi purger une peine de pénitencier de 28 mois de prison pour le crime commis en septembre 2008. De celle-ci, il faut toutefois y retrancher le temps préventif effectué depuis sa détention le 31 mai dernier, de sorte qu'il lui reste 27 mois et dix jours à purger.
En plus du temps passé en détention, il lui sera interdit de conduire tout véhicule à moteur pour deux ans.
Rappelons que le 28 septembre 2008, vers 4 h, Alexandre Cossette avait perdu le contrôle de son véhicule sur la route 349 alors qu'il revenait d'un bar. Il circulait à 124 km/h. Sa voiture avait dérapé dans une courbe pour ensuite s'écraser contre un arbre. Lors de l'impact, Sébastien Carrier, son passager, avait été blessé gravement à la tête. Douze jours après son hospitalisation, il était décédé des suites de ses blessures. Il n'avait que 20 ans. Les analyses sanguines avaient par la suite révélé que Cossette conduisait avec un taux de 126 mg d'alcool par 100 ml de sang.
Le 29 mai dernier, alors que son procès devait s'amorcer, Cossette avait décidé de plaider coupable à une accusation de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort. D'emblée, Me Benoît Larouche, procureur aux poursuites criminelles et pénales et Me Simon Ricard, avocat de la défense, avaient informé la juge Guylaine Tremblay qu'ils suggéraient d'un commun accord une sentence de 33 mois de prison, suggestion qui a d'ailleurs été entérinée par le tribunal.
Or, il restait à savoir combien de mois seraient retranchés de cette sentence pour la violation des droits de l'accusé. On sait qu'Alexandre Cossette n'avait pas comparu dans le délai prescrit par la loi, qui est de 24 heures. Sa comparution avait eu lieu 32 heures plus tard et ce, sans qu'il puisse avoir droit à une libération sous conditions.
Me Ricard avait réclamé une réduction de peine de 11 mois. Pour sa part, la Couronne avait proposé de retrancher trois mois. Dans la sentence qu'elle a prononcée hier, la juge Tremblay a finalement conclu qu'une réduction de cinq mois serait juste et équitable dans les circonstances.
Sans blâmer les policiers et les accuser de mauvaise foi, elle a indiqué qu'elle ne pouvait cautionner leur laxisme. Selon elle, ils avaient fait preuve d'une mauvaise planification en retardant à la toute dernière minute la comparution d'Alexandre Cossette puisqu'ils avaient disposé de 16 heures pour le faire.
La juge Tremblay s'est également interrogée sur le geste posé par le juge de paix qui avait refusé de faire la comparution par voie téléphonique sous prétexte qu'il restait cinq minutes avant la fin de son quart de travail. Dans les circonstances, elle estime qu'il aurait pu travailler quelques minutes de plus pour s'assurer du respect des droits du prévenu, vu le temps qui s'écoulait.
Notons en terminant que la famille de M. Carrier était absente, hier, pour le prononcé de la sentence. Le père, Alain Carrier, avait fait savoir lors de son passage en cour le 31 mai dernier qu'il avait l'intention d'entreprendre son deuil afin de pouvoir tourner la page. Le simple fait d'avoir vu Alexandre Cossette sortir avec les menottes et prendre le chemin de la prison l'avait alors soulagé.