Son procès a en effet pris fin, hier, avec les plaidoiries deMe Martine Tessier à la Couronne et du prévenu lui-même, puisqu'il se défend seul.
Rappelons que le 14 septembre 2008, aux petites heures du matin, l'individu, qui se déplace en fauteuil roulant en raison d'une paralysie au bas du corps, a été arrêté sur la rue des Forges à Trois-Rivières parce qu'il présentait, selon les policiers, plusieurs symptômes de conduite avec les facultés affaiblies par l'alcool. Il avait notamment failli heurter des piétons et une ambulance.
Or, les policiers de la Sécurité publique de Trois-Rivières n'auraient pas eu la tâche facile avec lui lors de son arrestation. Sébastien Tremblay aurait non seulement refusé de collaborer et de se soumettre à l'alcootest mais il s'est montré particulièrement agressif. Il a notamment injurié les policiers, craché sur eux, les auraient poussés et empoignés et aurait même tenté d'agripper le ceinturon de l'un d'eux. C'est alors qu'il serait tombé par terre, son fauteuil roulant à la renverse.
Les policiers soutiennent avoir tout fait pour l'aider à se relever mais ce dernier aurait refusé, se débattant sans arrêt et criant à tout rompre qu'il venait d'être battu par les forces de l'ordre. Ils ont même envisagé de faire appel à une ambulance mais comme Sébastien Tremblay n'était pas malade, ils ont abandonné l'idée. Ils ont aussi pensé à faire appel à un service de transport adapté mais compte tenu de l'heure et de l'agressivité du prévenu, ils ont utilisé une autre stratégie.
Pour le conduire au poste, les policiers l'ont donc menotté et couché sur la banquette arrière de la voiture de police. Comme son pantalon avait baissé au cours de l'intervention, les policiers ont voulu le remonter mais l'individu aurait refusé, disant qu'il s'en foutait. L'homme a donc été mis dans une cellule où il est resté pendant plusieurs heures avant d'être libéré.
Pour sa part, Sébastien Tremblay soutient qu'en aucun temps il ne s'est débattu lors de l'arrestation mais qu'il a plutôt souffert de spasmes musculaires consécutifs à son état de santé. Il prétend également que les policiers l'ont malmené, battu, lui ont refusé le droit de consulter un avocat et ont délibérément omis de lui donner son cathéter pour uriner. «Ils m'ont couché tout nu dans une cellule, dans ma pisse, sans aucun soin de santé», a-t-il indiqué. Notons d'ailleurs que Tremblay a intenté une poursuite civile de 900 000 $ pour arrestation illégale et abus de la force contre les trois policiers impliqués. Lorsqu'il a pu regagner son domicile, il a pris des photos des plaies qu'il avait sur le corps. Ce n'est que 48 heures plus tard qu'il s'est pointé à l'hôpital pour des examens.
Le juge Guy Lambert a pris la cause en délibéré. Il rendra sa décision le 19 juillet.