Les examens effectués par des experts à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal ces dernières semaines tendent à démontrer que Mathieu Bergeron-Frigon devrait bénéficier d'un suivi dans la communauté après sa peine de prison compte tenu d'un risque éventuel de récidive.
Toutefois, le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Jean-Marc Poirier, veut discuter des résultats de cette évaluation sexologique avec l'avocat de la défense, Me Pierre Spain, avant de déposer sa requête visant à le faire déclarer délinquant dangereux ou à contrôler. Il veut également obtenir plus d'informations auprès du psychiatre qui a évalué Bergeron-Frigon.
La cause a donc été remise au 26 juillet. À cette date, la Couronne déposera assurément sa requête. On saura alors si elle visera à le faire déclarer délinquant à contrôler ou délinquant dangereux.
Rappelons que l'objectif principal du régime des délinquants est de protéger le public des individus ayant commis certaines infractions graves impliquant de la violence (sauf le meurtre) ou de nature sexuelle et constituant toujours une menace pour la société.
À l'intérieur de ce groupe, les délinquants dangereux sont, par définition, considérés comme étant à risque plus élevé que les délinquants à contrôler. Ainsi, un délinquant à contrôler pourra, après s'être vu imposer une peine d'emprisonnement de deux ans ou plus être remis en liberté en respectant les conditions d'une ordonnance de surveillance de longue durée; par contre, un délinquant dangereux devra, sauf décision contraire du juge, purger une peine d'emprisonnement pour une période indéterminée.
Mathieu Bergeron-Frigon, qui est déjà inscrit au Registre national des délinquants sexuels pour 20 ans, a plaidé coupable le 2 mars dernier à plusieurs chefs d'accusation en lien avec des infractions de nature sexuelle. Il a notamment reconnu avoir leurré des mineurs entre mai et août 2011, soit d'avoir communiqué avec des jeunes par le biais d'Internet, et ce, dans le but de faciliter la perpétration d'une infraction d'ordre sexuel. Il a également admis avoir incité des jeunes à avoir des contacts sexuels.
Au cours de cette période, il aurait fait au moins cinq victimes différentes, toutes âgées de moins de 16 ans. Certaines avaient 11 ans. Il a également commis des bris de probation et des bris d'engagement.
En 2009, il avait notamment écopé d'une peine de 12 mois de prison pour avoir sollicité une relation sexuelle avec un garçon de moins de 16 ans.