André Manseau subit son procès pour une fraude

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André Manseau lors de son procès au palais de justice... (PHOTO: SYLVAIN MAYER)

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André Manseau lors de son procès au palais de justice de Trois-Rivières pour fraude.

PHOTO: SYLVAIN MAYER

Nancy Massicotte

Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) André Manseau, un homme de 62 ans de Trois-Rivières, a subi son procès cette semaine pour une fraude de plus de 100 000 $ qu'il aurait commise à l'encontre d'un membre de sa famille.

Sa présumée victime, une femme maintenant âgée de 90 ans, souffre d'un début d'Alzheimer et ce, depuis 2007. À titre d'administrateur de ses affaires financières, Manseau détenait donc une procuration bancaire qui lui donnait accès à tous ses comptes. Il en aurait profité pour détourner 101 000 $ entre le 1er mars 2006 et le 1er septembre 2009. C'est un membre de la famille qui a porté plainte à la police.

Selon le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Maxime Chevalier, il s'agit là d'un cas d'exploitation financière d'une personne âgée vulnérable, qui souffre non seulement de troubles cognitifs et de problèmes de santé mais qui, en plus, est peu scolarisée. «Il a détourné des sommes d'argent pour son usage personnel et celui de sa famille, que ce soit en faisant des chèques ou en procédant à des virements d'argent dans son propre compte», a-t-il expliqué.

Il a expliqué lors de sa plaidoirie que M. Manseau aurait ainsi entamé la presque totalité des économies de la pauvre dame. «Il s'est servi de cet agent pour faire de folles dépenses à des fins personnelles», a-t-il ajouté.

Par contre, la défense, représentée par Me Marie-Pier Couturier, allègue qu'il s'agissait plutôt de cadeaux faits par la présumée victime aux membres de sa famille, entre autres pour sauver des impôts. Elle a indiqué que ceux-ci, lors de la réception des chèques d'une valeur variant entre 1000 $ et 5000 $, avaient pris la peine de communiquer à chaque fois avec la dame pour la remercier, ce qui prouve qu'elle était consciente de ce qui se passait dans ses finances. Elle a aussi rappelé que la dame avait elle-même admis lors de son témoignage avoir fait des cadeaux à ces personnes en 2005. Elle n'aurait cependant aucun souvenir de chèques faits au cours de la période couverte par les infractions.

À ce sujet toutefois,Me Chevalier est d'avis qu'il y a certes eu certains cadeaux mais compte tenu de l'ensemble des chèques, virements et transferts d'argent qui ont été faits, il est impossible que la plaignante ait accepté délibérément de se départir de son patrimoine puisqu'elle en avait besoin pour vivre.

D'autre part, Me Couturier a aussi mentionné au juge qu'il n'y avait aucune preuve de préméditation, que M. Manseau n'avait tiré aucun bénéfice personnel et ne pouvait avoir commis un abus de confiance puisqu'il avait sensiblement le même niveau de scolarité que la plaignante. Enfin, elle a signalé que certains chèques ne présentaient pas l'écriture de M. Manseau mais plutôt celle de la dame.

Le prévenu n'a pas témoigné dans le cadre de son procès mais il s'est déclaré non coupable sous prétexte qu'il avait été mandaté pour administrer les affaires de la présumée victime.

Le juge Jacques Trudel devrait faire connaître son verdict le17 août.

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