Son frère dit avoir été effrayé par sa visite

Yvan Branconnier...

Agrandir

Yvan Branconnier

Nancy Massicotte

Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le procès d'Yvan Branconnier s'est poursuivi, hier, pour des menaces qu'il aurait proférées à l'endroit de son frère le soir même de sa libération provisoire et pour bris d'engagement.

On se rappelle que son avocat, Me Pierre Spain, s'était rendu jusqu'en Cour d'appel pour obtenir la libération de Branconnier durant les procédures judiciaires intentées contre lui pour le meurtre de Jean-Guy Frigon. Or, deux heures après avoir été remis en liberté le 20 décembre 2011, Branconnier se serait rendu à Louiseville pour menacer de mort son frère.

Hier, dans le cadre du procès, on a tout d'abord pu entendre le témoignage de la présumée victime, Réjean Branconnier, 48 ans. Ce dernier a expliqué au juge Richard Poudrier avoir été effrayé par la visite de son frère. Il avait en effet appris au cours des derniers mois que celui-ci lui en voulait pour avoir procédé au transfert de l'adresse du compte de taxes foncières de leur terre à bois, d'où son insécurité. «Nous avons chacun un lot. J'ai voulu l'aider, lui faire un cadeau car il vivait dans la misère. C'est donc moi qui payait le compte de taxes de la terre. Lors de sa visite, j'étais mal et inquiet. Un seul coup de poing de lui aurait pu me paralyser», a-t-il ajouté.

Il l'a néanmoins autorisé à entrer dans son logement le soir du 20 décembre. Au départ, Yvan Branconnier a tenté de contacter son ex-copine car il voulait ravoir les clés de son véhicule pour retourner chez lui mais sans succès. Le ton a ensuite monté entre les deux hommes. «Il voulait attendre chez moi mais j'ai refusé. Il n'a pas aimé ça. Il m'a traité moi et notre père d'hypocrites. Il m'a dit qu'il ne m'aimait pas et m'a invité à sortir dehors pour m'arranger la face en me pointant du doigt. Il était agressif. Moi j'avais le «shake» à l'intérieur. Il me disait qu'il n'avait plus rien à perdre de toute façon. Il est finalement parti et j'ai ensuite porté plainte à la police», a-t-il raconté.

Vers 22 h 17, la Sûreté du Québec a intercepté Branconnier à Louiseville alors qu'il discutait avec son ancienne copine. Une accusation de bris d'engagement a été portée contre lui, en plus de celle de menaces, puisqu'il aurait omis de respecter son couvre-feu qui l'obligeait à se trouver chez lui entre 22 h et 8 h.

Or, Yvan Branconnier a une autre version de ce fameux soir. Selon lui, dans les instants suivant sa sortie de prison, ses priorités étaient de récupérer ses clés de maison et de voiture chez son ancienne copine et de voir sa mère à l'hôpital. Il a tout d'abord voulu rendre visite à cette dernière, mais celle-ci n'était pas hospitalisée à Louiseville. Il s'est donc rendu chez son frère pour savoir ce qui se passait. Il admet que le ton a bel et bien monté mais qu'en aucun temps, il n'a voulu lui faire un mauvais parti. «J'ai déjà dit il y a trois ou quatre ans qu'il méritait une volée parce qu'il profitait de l'argent de notre mère. C'est tout. Je l'ai traité d'hypocrite aussi. Il m'a dit que je n'étais plus le bienvenu et je lui ai répondu: «On va sortir.» Je suis ensuite parti. De toute façon, je n'ai plus rien, j'ai perdu mon nom, mon travail, mes amis et maintenant ma famille», a-t-il indiqué. En guise de défense, il prétend d'ailleurs que le «on» incluait seulement la personne qui parlait.

Quant au couvre-feu, il convient qu'«il était sur les nerfs» mais comme il n'avait pas ses clés, il devait attendre le retour de son ancienne copine. Lorsqu'il a été contre-interrogé à ce sujet par l'avocat de la Couronne, Me Benoît Larouche, il a reconnu que le fait de retourner vivre dans sa maison allait être difficile et très inconfortable puisqu'il n'avait ni électricité, ni eau courante. En plus, il n'avait pas prévu un raccompagnement dans l'éventualité où il ne pourrait récupérer ses clés ce soir-là.

Le juge Poudrier devrait rendre son verdict le 14 mai.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer