La sentence de Denis Béland rendue le 26 avril

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Denis Béland

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Nancy Massicotte

Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) C'est le 26 avril que sera rendue la sentence de Denis Béland, 56 ans, coupable d'avoir abusé sexuellement deux garçons pendant une trentaine d'années.

Cet individu, qui réside maintenant à Montréal, a longtemps demeuré à Shawinigan où il a oeuvré dans le milieu hospitalier.

Sa première victime, un homme aujourd'hui âgé de 39 ans, a été agressée sexuellement de l'âge de 6 à 17 ans, soit de 1978 à 1989. Tel que l'a indiqué hier la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Vicky Belleville, dans le cadre des représentations sur sentence, Béland a profité du lien de confiance et d'autorité pour abuser de cet enfant, se livrant à des attouchements, des gestes de masturbation, des fellations et en le forçant à faire de même en retour.

La fréquence des abus était au départ de trois à quatre fois par mois pour ensuite diminuer à une fois par mois. En 2001, Béland a de nouveau agressé sexuellement sa victime même si celle-ci était désormais âgée de 21 ans.

Sa seconde victime était pour sa part âgée de 7 à 10 ans. Les abus, soit des attouchements sexuels et des incitations à des contacts sexuels, ont été commis de 1990 à 1993 et se sont répétés à 75 occasions au cours de cette période. Béland a d'ailleurs plaidé coupable hier à ces nouvelles accusations.

Hier, on a justement pu entendre les deux victimes relater à la cour les conséquences que pareils gestes avaient eu sur leur vie. «Très jeune, je n'ai pas réalisé ce qui se passait. Ce n'est que plus tard que j'ai compris», a tout d'abord indiqué la victime abusée pendant toute sa jeunesse.

Les impacts se sont faits sentir à plusieurs niveaux de sa vie comme l'estime de soi, les relations interpersonnelles, les études et le travail. Cet homme doit d'ailleurs consulter un psychologue. «Ces abus ont nui à l'ensemble de ma vie et de mon quotidien», a-t-il précisé.

Quant à l'autre victime, aujourd'hui âgée de 29 ans, elle a longuement expliqué à quel point les abus sexuels avaient suscité de la confusion sur sa sexualité dans sa jeune vie d'adulte. «J'ai eu encore plus de difficulté à faire mon coming out. Il a fallu que je comprenne que les abus sexuels n'étaient pas une pratique sexuelle. J'ai longtemps eu de la misère à me définir comme homosexuel, à accepter qui j'étais à cause de ce qui m'était arrivé», a-t-il déploré.

Il a aussi de la difficulté avec l'autorité, un grand besoin de valorisation et une faible estime de soi. «J'en suis réduit à vivre une certaine illusion du bonheur car j'ignore c'est quoi», a-t-il ajouté.

Après avoir entendu les témoignages de ses deux victimes, Béland a cependant tenu à s'adresser à eux pour s'excuser publiquement. «J'ai agi de façon égoïste. J'ai abusé de leur confiance, de leur affection et de leur corps. J'ai d'ailleurs suivi ces dernières années des thérapies et consulté un psychologue. En fait, je prends tous les moyens pour que des gestes aussi affreux ne se reproduisent plus», a-t-il déclaré.

Dans cette cause, la Couronne réclame de cinq à six ans de pénitencier. Me Belleville a rappelé que les gestes étaient non seulement très graves et fréquents mais qu'ils avaient été prémédités. Elle a insisté sur le bris du lien de confiance et les conséquences que les abus avaient eu sur les jeunes victimes. Enfin, elle a mentionné au tribunal que Béland avait avoué avoir fait d'autres victimes, bien que leur identité ne soit pas encore connue.

Pour sa part, Me Andrée Riendeau, l'avocate de Denis Béland, a suggéré une peine de deux ans et quatre mois. Elle estime que son client est un actif pour la société puisqu'il a toujours travaillé. Elle a aussi signalé que celui-ci a réglé sa dépendance à l'alcool et aux drogues depuis 2006, qu'il a reconnu ses fautes, manifesté des remords et enregistré des plaidoyers de culpabilité pour éviter aux victimes la tenue d'un procès.

Elle a aussi pris soin de souligner qu'il n'avait pas fait preuve de violence (hormis celle intrinsèque aux crimes) et que sa réinsertion sociale était bien amorcée compte tenu des thérapies effectuées.

La juge Guylaine Tremblay a pris la cause en délibéré jusqu'au 26 avril.

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