On leur reproche d'avoir capturé des perchaudes au-delà de la limite de prises quotidiennes, d'avoir pêché en temps prohibé, d'avoir possédé illégalement des perchaudes et d'avoir gaspillé des poissons. S'ils sont reconnus coupables, les contrevenants sont passibles d'amendes pouvant totaliser 24 000 $.
Dans le cadre de cinq perquisitions, les agents de protection de la faune ont aussi saisi hier matin plus de 1000 perchaudes, des équipements de pêche d'hiver, deux cabanes à pêche et trois motoneiges.
Selon les informations communiquées par la Direction de la protection de la faune de la Mauricie et du Centre-du-Québec, les individus impliqués pratiquaient la pêche sportive d'hiver au lac Saint-Pierre à proximité de Notre-Dame-de-Pierreville. Ils auraient pris illégalement plus de 1700 perchaudes.
Certains individus auraient capturé jusqu'à 150 perchaudes en une seule journée, soit 15 fois la limite permise. Dans certains cas, les pêches ont été effectuées dans une période prohibée. Enfin, les suspects cachaient les poissons dans la neige ou dans les cabanes à pêche et gaspillaient du poisson en l'abandonnant sur la glace.
Compte tenu de la situation précaire de la perchaude au lac Saint-Pierre, l'opération, qui a mobilisé 28 agents de la faune, constituait une intervention stratégique. Depuis plusieurs années, le ministère investit en effet des ressources considérables dans le suivi de cette espèce et la restauration de ses habitats.
Des restrictions ont d'ailleurs été imposées pour assurer la survie de l'espèce, notamment une réduction de la limite de prises quotidiennes, une limite de taille ainsi qu'une réduction de la période de pêche. Le gouvernement a même procédé aurachat d'une partie des permis de pêche commerciale au lac Saint-Pierre.
L'enquête qui a permis de mettre fin aux activités illégales des fautifs avait été amorcée l'année dernière à la suite de dénonciations de la part de citoyens. La Direction de protection de la faune invite donc la population à signaler tout acte de braconnage ou geste allant à l'encontre de la protection de la faune en communiquant avec S.O.S. Braconnage au 1-800-463-2191.
Notons en terminant que c'est la deuxième fois cette semaine que les agents de protection de la faune démantèlent un groupe de présumés braconniers en Mauricie.
En fin de semaine, ils ont mis fin aux activités de huit individus de Sainte-Anne-de-la-Pérade qui chassaient illégalement des oiseaux migrateurs, tout particulièrement des oies blanches, afin de revendre le gibier. Pas moins de 76 chefs d'accusation pèsent contre le groupe. Les amendes pourraient totaliser 53 000 $.
(Brigitte Trahan) - Le président de l'Association des pêcheurs commerciaux du lac Saint-Pierre, Roger Michaud n'était guère surpris d'apprendre, hier, que des braconniers ont été pris la main dans le sac, à Pierreville, à pêcher et vendre illégalement une ressource aussi fragile que la perchaude.
Le braconnage au lac Saint-Pierre est un secret de Polichinelle. «Il y a beaucoup de monde qui sont sur l'aide sociale ou à leur retraite. C'est un petit side line qu'ils font. C'est connu depuis des lustres», dit-il.
«Je sais cela parce que les gens me disent qu'ils ont acheté du poisson, mais ils ne disent jamais de qui», explique-t-il.
Roger Michaud et les cinq autres pêcheurs commerciaux qui vivent encore des ressources du lac Saint-Pierre vendent leurs filets de perchaude 15 $ la livre. M. Michaud a droit d'en commercialiser 747 kilos par année. Les pêcheurs commerciaux se partagent 4,3 tonnes de perchaudes par année, un quota qui leur a été imposé par le gouvernement en 2008 jusqu'à la fin de 2012 dans l'espoir de permettre à la ressource de se rebâtir.
L'ensemble des pêcheurs sportifs, eux, ont droit à huit tonnes par année.
«Officieusement, on s'est fait dire que la ressource ne s'est pas améliorée», raconte Roger Michaud. Les pêcheurs, qu'ils soient sportifs ou commerciaux s'accordent pour dire que les perchaudes capturées l'an dernier étaient plus grosses qu'en 2008. Toutefois, les plus petites, c'est-à-dire la relève, se font rares, ce qui n'est pas sans inquiéter l'APCLSP.
L'Association prévoit accompagner les biologistes du ministère, ce printemps, pour vérifier
une fois de plus l'état de la ressource.
Entre-temps les pêcheurs commerciaux sont résignés à se tourner vers d'autres espèces de poissons et n'ont guère le choix d'accepter que le poisson le plus payant du lac Saint-Pierre disparaisse peu à peu du paysage.