Les souliers accrochés se multiplient

Ce n'est plus une mais bien deux paires... (Photo Sylvain Mayer)

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Ce n'est plus une mais bien deux paires de souliers qu'on retrouve maintenant accrochées à un câble qui traverse la rue des Volontaires, près de l'intersection de la rue Bellefeuille.

Photo Sylvain Mayer

Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le mystérieux phénomène des souliers accrochés à des fils électriques, au-dessus de voies de circulation, semble prendre de l'ampleur. Au centre-ville de Trois-Rivières, on en retrouve désormais quatre paires dans un rayon d'une centaine de mètres, dans le secteur du pont Lejeune, de la rue des Volontaires et de la rue Bellefeuille.

Depuis quelques mois, cette paire de souliers suspendue... (Photo: Sylvain Mayer) - image 1.0

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Depuis quelques mois, cette paire de souliers suspendue au-dessus du pont Lejeune attire l'attention des citoyens et automobilistes.

Photo: Sylvain Mayer

Certaines de ces paires de chaussures sont là depuis plusieurs mois, alors que d'autres sont apparues dernièrement. Plusieurs citoyens ou automobilistes s'étonnent devant cet élément de décor incongru.

On ne sait pas exactement ce qui pousse des individus à accrocher ainsi des chaussures au-dessus de la voie publique, suspendues à des fils électriques ou des câbles de télécommunications. L'hypothèse selon laquelle les espadrilles suspendues pourraient en quelque sorte «marquer le territoire» de gangs de rue avait été rejetée, voire tournée en dérision, le mois dernier, par la Sécurité publique de Trois-Rivières.

Le Nouvelliste rapportait alors qu'une paire de souliers surplombait le pont Lejeune. À ce moment, une autre paire de chaussures était accrochée à un fil au-dessus de la rue des Volontaires, près de l'intersection de la rue Bellefeuille. Depuis, une autre paire s'est ajoutée à ce dernier endroit. Et on a vu apparaître une autre paire, toujours au-dessus de la rue des Volontaires mais un peu plus au sud, près de l'intersection de la rue Saint-Denis.

La paire qui surplombe le pont Lejeune est toujours là.

À la Ville de Trois-Rivières, on dit avoir remarqué la présence de ces souliers mais on ne semble pas s'en inquiéter. «Ce qu'on nous dit, du côté de la sécurité publique, c'est qu'il n'y a pas de lien avec la présence de gangs de rue. Il pourrait y avoir d'autres significations à ce geste-là», explique le porte-parole de la Ville, Yvan Toutant.

La Ville a voulu faire enlever ces chaussures mais les fonctionnaires du service des travaux publics ont vite fait remarquer qu'il s'agissait de câbles au-dessus de la voie publique et qu'il existait une entente avec Hydro-Québec pour des interventions sur ces fils.

Du côté de la société d'État, on affirme qu'il y a bel et bien une «vigie» pour les objets qui sont suspendus aux câbles.

«On en enlève régulièrement. Au cours des derniers mois, on nous a rapporté la présence de chaussures sur des câbles. On a pour mandat de les enlever, peu importe de quel type de câble il s'agit», explique Christian Éthier, conseiller aux communications et aux collectivités pour Hydro-Québec en Mauricie. Même si les chaussures devaient se trouver sur des fils reliés au réseau de Bell ou de Cogeco, Hydro pourrait les enlever. «C'est une question de sécurité, tout simplement», ajoute M. Éthier.

«Shoe tossing»

Il est possible, en effet, que la présence de chaussures au-dessus de la voie publique ne signifie pas nécessairement qu'il y a une problématique de gangs de rue dans le secteur. En fouillant un peu sur le phénomène, on apprend que le fait de retrouver des chaussures suspendues à des fils électriques ou à des câbles de télécommunications est appelé shoe tossing (lancer du soulier).

Le shoe tossing pourrait n'être qu'une forme d'art de rue, un peu comme les graffitis sur les murs. Il consiste à attacher ensemble deux souliers par leurs lacets, puis à les lancer dans les airs de façon à ce qu'ils s'accrochent aux fils électriques ou aux câbles de télécommunications.

Mais on recense aussi d'autres significations à ce geste. Outre l'hypothèse selon laquelle il pourrait s'agir d'un signe de la présence de gangs de rue, les souliers suspendus pourraient aussi constituer un moyen de repère pour la vente de stupéfiants.

De façon moins inquiétante, on apprend aussi que le shoe tossing pourrait aussi être un geste marquent un rite de passage, comme la fin d'une année universitaire, le passage du secondaire au collégial ou le fait d'avoir eu une première relation sexuelle...

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