«Ce matin, ça ne me tentait pas de venir à l'école. Je trouvais ça dur. Pendant la journée, tout le monde ne parlait que de ça», a raconté un élève croisé sur la rue, à la sortie des cours. Il rentrait chez lui à pied avec un autre camarade de classe.
«Il y en a qui disent que (l'agresseur) en avait parlé la semaine passée, qu'il voulait faire ça. Je sais pas si c'est vrai. Je pensais jamais que ça pouvait arriver à mon école», a commenté cet ami.
«Notre équipe d'intervention avec l'équipe-école ont dressé un bilan de la journée de lundi, et nous avons orienté nos interventions d'aujourd'hui (hier) en fonction de ce bilan. La direction et l'équipe-école ont pour mot d'ordre d'être très attentifs aux besoins des élèves», signale Chantal Morin, directrice adjointe à la Commission scolaire Chemin-du-Roy.
Rappelons que lundi matin, au moment où les cours allaient commencer, une altercation a débuté entre deux élèves de 4e secondaire. L'un d'eux, un jeune homme de 15 ans, a sorti un couteau et a poignardé l'autre, un jeune homme de 16 ans, notamment au visage, au thorax et au ventre.
La victime a eu un poumon perforé et a été transportée au CHRTR afin de soigner ses blessures. L'agresseur a pour sa part été accusé devant le Tribunal de la jeunesse de tentative de meurtre, voies de fait armées et voies de fait graves. Il subira son enquête sur remise en liberté aujourd'hui. La victime repose dans un état stable dans un centre hospitalier de la région de Québec.
Il faut dire que l'agression est survenue devant plusieurs jeunes qui ont été témoins bien malgré eux de ce geste de violence. Hier, les cours ont repris normalement à l'intérieur des murs de l'école, mais plusieurs professionnels étaient présents afin d'offrir les services nécessaires aux élèves qui auraient besoin d'encadrement, de soutien ou encore qui sentiraient le besoin de parler de ce qu'ils ont vécu.
«La bonne nouvelle ce matin (hier), c'est que presque tous les élèves sont de retour à l'école, ce qui selon moi prouve que nos actions de lundi ont porté fruits. Ceci étant dit, nous demeurons attentifs aux signaux que les élèves pourraient nous transmettre. Si un élève sent qu'il a besoin de voir quelqu'un, il est autorisé à sortir de la classe et aller rencontrer un professionnel», signale Mme Morin.
Cette dernière ajoute aussi que les membres du personnel ont également des ressources qui sont mises à leur disposition s'ils ressentent le besoin de parler des événements qui sont survenus lundi.
Hier soir, à la sortie des classes, une voiture patrouille de la Sûreté du Québec se promenait aux alentours de l'école, faisant sentir sa présence en cas de besoin.
Sécurité
Bien que le geste soit d'une grande violence, la direction continue tout de même de qualifier l'événement d'isolé, mais ne cache pas qu'elle devra se questionner sur les mesures de sécurité en place.
«L'équipe-école va certainement, au cours des prochains jours ou des prochaines semaines, réévaluer le plan de surveillance pour s'assurer qu'il convient ou encore pour voir si on ne pourrait pas l'améliorer. Il existe déjà des mesures qui sont en place, avec des surveillants et des membres du personnel, et ces derniers sont en droit, s'ils ont un doute raisonnable qu'un élève puisse posséder une arme par exemple ou encore des stupéfiants, de le fouiller et de fouiller sa case», signale-t-elle, ajoutant qu'en de pareils cas, les policiers sont aussitôt contactés pour intervenir.
La vigilance des étudiants a également été encouragée par l'équipe en place, à savoir que lorsque des propos de nature violente ou menaçante sont tenus soit verbalement ou sur les réseaux sociaux comme Facebook, de ne pas prendre la chose à la légère et de ne pas avoir peur de dénoncer de tels propos à la direction pour éviter qu'un tel drame ne se reproduise.