Claude Arbour coupable

L'ex-homme d'affaires, Claude Arbour, a été déclaré coupable... (Photo: François Gervais)

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L'ex-homme d'affaires, Claude Arbour, a été déclaré coupable d'attentat à la pudeur sur trois adolescents dans les années 70.

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'ex-homme d'affaires, Claude Arbour, a été déclaré coupable d'attentat à la pudeur sur trois adolescents dans les années 70.

Le juge Guy Lambert n'a pas cru l'accusé lorsque celui-ci prétendait être convaincu du consentement des jeunes.

«Le tribunal a été en mesure de constater que pendant la même période de temps, l'accusé a posé sur trois jeunes garçons des gestes de masturbation et des fellations pour satisfaire ses besoins personnels sans se soucier de leur avis.

Les victimes le connaissaient depuis quelques années et avaient confiance en lui. L'accusé leur donnait de l'affection et de la tendresse; ils ne s'attendaient sûrement pas à être agressés sexuellement», a-t-il écrit dans sa décision.

Selon lui, Claude Arbour a agi avec égocentrisme, ne se souciant nullement de l'avis des jeunes garçons. Il n'a pas pensé aussi au mal qu'il faisait à sa conjointe. Seule comptait sa satisfaction personnelle», a-t-il ajouté.

Au dire des trois plaignants dans cette affaire (des hommes aujourd'hui âgés d'une cinquantaine d'années), Claude Arbour a abusé d'eux à plusieurs reprises de 1969 à 1979. Lorsque les relations sexuelles ont commencé, ils avaient moins de 14 ans. Le plus jeune avait notamment 9 ou 10 ans.

Pour deux d'entre eux, les relations intimes ont continué jusqu'à l'âge adulte. Ils ont soutenu ne pas avoir été capables de résister aux avances de M. Arbour car ils avaient une confiance aveugle en lui.

M. Arbour prétend de son côté que les gestes sexuels ont commencé alors que les adolescents avaient plutôt 15 ou 16 ans et qu'ils étaient consentants de part et d'autre.

Le noeud de cette affaire reposait en effet sur le consentement des victimes. Selon les principes juridiques de l'époque, il n'y a pas de crimes sexuels à partir de l'âge de 14 ans s'il est démontré que les victimes sont consentantes, à moins bien sûr que le consentement ne soit vicié.

Dans le cas de M. Arbour, les présumées victimes n'ont pas mis fin aux abus malgré le temps qui passait puisqu'ils se sont étirés jusqu'à l'âge de 19-20 ans pour deux d'entre eux.

Le juge a conclu que les dates des événements avaient certes une importance dans ce dossier mais le litige ne tenait pas seulement à cet aspect. Quel que soit l'âge des plaignants, la question du consentement est essentielle.

Or, il estime que les victimes, alors qu'elles avaient 14 ans et moins, n'ont pas consenti aux contacts sexuels et que l'accusé s'est comporté comme un agresseur.

En ce qui concerne les abus survenus de 14 ans à l'âge adulte, le juge y apporte un bémol. Dans le cas de l'une des victimes, il mentionne qu'elle a consenti aux gestes sexuels.

«Elle est très honnête lorsqu'elle dit que l'accusé a créé un besoin physique sur elle. Le jeune homme allait aux rencontres mais par la suite, il en éprouvait un profond malaise, de la honte et du dégoût.

Il ne faut pas oublier que nous sommes en matière criminelle et que le fardeau de la preuve repose sur les épaules de la poursuite. L'accusé n'a jamais menacé la victime, ne lui a pas offert de récompense, ni promis de cadeau; il n'a jamais mis de pression pour que la victime aille le rencontrer à son bureau», écrit le juge.

Quant à l'autre victime, son cas est différent à cause notamment de plusieurs contradictions dans ses déclarations et ses relations en dents de scie avec l'accusé. Le juge a conclu aux agressions de 1969 à 1971 et en 1974.

Les représentations sur sentence auront lieu le 23 février.

L'une des victimes se confie

En vertu d'une ordonnance de non-publication, il nous est impossible de dévoiler son identité. Il faut dire que les dernières années n'ont pas été faciles pour cet homme qui a été abusé pendant son adolescence.

«C'est moi qui, en 2008, ai décidé de porter plainte à la police, presque quarante ans plus tard. Je crois que ma décision faisait suite à un long processus de réflexion qui a duré dix ans», précise-t-il.

Il raconte que le processus judiciaire n'a pas été facile. «Ça prend du courage et de la détermination et même un certain lâcher prise car j'ai dû me battre contre un grand manipulateur, un homme qui avait les moyens de se payer d'excellents avocats de Montréal.

De mon côté, j'avais une bonne avocate mais elle ne disposait pas de ressources aussi importantes. J'ai dû retourner dans le temps, revivre ce qui s'était passé. En cour, j'ai été dénigré, discrédité. J'ai dû faire face à l'adversité, à tous ces gens qui me disaient de laisser tomber», ajoute-t-il.

Et pourtant, si c'était à refaire, il n'hésiterait pas une seconde.

«J'étais prêt à tout, même à ce qu'il soit acquitté. Pour moi, le procès a constitué un moyen d'exorciser l'impact qu'il a eu dans ma vie. La sentence est moins importante maintenant qu'il a été déclaré coupable», ajoute-t-il.

Me Hélène Carle, la procureure aux poursuites criminelles et pénales, s'est dite elle aussi très satisfaite du jugement rendu. Quant à l'avocate de la défense, Me Magali Lepage, elle n'a pas voulu commenter la décision à ce stade-ci des procédures.

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