Dénommé a reçu sa sentence hier au palais de justice de La Tuque. Ses agressions, souvent résumées à des attouchements et à des actes masturbatoires, se sont produites entre 1967 et 2007 et touchaient principalement des jeunes garçons membres d'organisations sportives mineures.
Des jeunes dont il avait toute la confiance grâce à son implication bénévole que ce soit au hockey mineur ou au baseball mineur. L'homme dans la soixantaine a sévi entre 1967 et 2007.
Jean Dénommé a même agressé des enfants de ses propres victimes. C'est finalement une dénonciation qui a mis fin à son cruel stratagème.
Des membres des familles de quelques victimes étaient présents hier à La Tuque. Ceux-ci se sont dits soulagés que toute cette affaire soit terminée. «On va passer à autre chose», disait un père de victimes.
La juge de la Cour du Québec, Guylaine Tremblay, a souligné dans son jugement que bien que Jean Dénommé n'avait pas de véritable autorité dans les organisations de sports mineurs, ses victimes croyaient le contraire.
Il faisait miroiter à ses victimes d'éventuels postes au sein d'équipe élite. La juge a considéré cet abus de confiance et d'autorité envers des mineurs comme étant un facteur aggravant dans l'élaboration de la sentence.
De plus, la juge a tenu compte de l'âge des victimes, du nombre de cas ainsi que le tort qui fut causé à celles-ci. La juge Tremblay a par ailleurs conclu en se basant sur les rapports sociologiques et présentenciel que Jean Dénommé représente toujours un risque de récidive.
La direction des poursuites criminelles et pénales recommandait une peine de huit ans de pénitencier pour Jean Dénommé alors que la défense proposait une peine de deux ans.
«La juge Tremblay a bien étudié la jurisprudence et a tranché pour une peine de cinq ans», soutient le procureur de la Couronne responsable du dossier, Me Matthieu Poliquin.
Interrogé quelques minutes avant sa comparution, Jean Dénommé, s'est dit soulagé de finalement recevoir sa sentence.
«Je suis prêt à payer pour ce que j'ai fait. Je regarde maintenant vers l'avenir. Tout cela est déjà derrière moi. J'ai très hâte que tout cela soit terminé. Ma vie est maintenant à Montréal», a-t-il dit avant de recevoir sa sentence.
Jean Dénommé croyait même pouvoir s'en tirer avec la peine proposée par son avocat soit deux ans de pénitencier. Il soutenait que ses gestes n'avaient pas été faits dans la violence faisant fi de la violence intrinsèque à toutes agressions sexuelles.
De plus, il soutient ne pas avoir peur de la prison. «Je sais qu'ils vont me mettre avec des gens comme moi qui ont commis le même genre de crime», soutenait-il.
Jean Dénommé a finalement été appréhendé en septembre 2008 après qu'une de ses victimes ait dénoncé ses gestes aux policiers de la Sûreté du Québec. Par la suite, Dénommé a tout avoué et a collaboré avec les enquêteurs. Il a finalement plaidé coupable en décembre 2009.
Rappelons qu'en attendant sa sentence, Dénommé avait déménagé à Laval. Il avait même commencé à faire du bénévolat pour le diocèse catholique de Montréal. Mis au courant des accusations de pédophilie qui pesaient sur le sexagénaire, le diocèse l'avait finalement renvoyé.?