Analyse

Retour des Draveurs: la partie de poker est enclenchée

Réal Breton et ses partenaires ne s'attendaient certainement... (Photo: François Gervais)

Agrandir

Réal Breton et ses partenaires ne s'attendaient certainement pas à se retrouver sous les feux de la rampe aussi rapidement dans le dossier du retour des Draveurs à Trois-Rivières. Ils devront manoeuvrer habilement maintenant que Martin Mondou et les Cataractes connaissent leurs intentions.

Photo: François Gervais

Partager

Steve Turcotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On commence par où?

Peut-être en disant que le tourbillon qui frappe la Mauricie depuis le début de la semaine ne fait pas du tout le bonheur des promoteurs travaillant au retour des Draveurs! Le projet, enclenché depuis septembre et qui est devenu très sérieux à partir de novembre, jouissait d'une confidentialité qui plaît à ce type d'investisseurs, même si de plus en plus de personnes étaient inévitablement au courant.

Dans un monde idéal, ils voulaient garder le secret jusqu'en mars, question de terminer d'attacher toutes les petites ficelles et ne pas placer une épée de Damoclès au-dessus du Rocket de l'Île-du-Prince-Édouard, l'équipe visée par un éventuel transfert. Ce délai aurait aussi permis au groupe d'approcher les Cataractes avec plus, disons, de respect et de doigté.

Faut comprendre que le divorce entre Réal Breton et les Cataractes en juin ne s'est pas consommé à l'amiable. Il origine d'un gros différend interne l'hiver dernier qui a mené, quelques mois plus tard, à quelques départs et à un réaménagement des tâches au sein de l'organisation.

Breton sait donc très bien qu'il a du millage à faire pour enterrer la hache de guerre et installer un climat propice à la négociation. Peu importe qui l'entourent dans ce projet. Voilà pourquoi il espérait enclencher cette partie de poker d'une façon plus feutrée...

Une étude en mains

En homme d'affaires avisé et expérimenté, il sait très bien aussi qu'il a tenu des propos l'an dernier qui minent le projet qu'il caresse maintenant, et il ne va donc certainement pas arriver les mains vides à son premier rendez-vous avec les Cataractes. Je parle évidemment d'une étude économique qu'il va déposer dans les mains de ceux qu'il va courtiser.

Peu importe la teneur de cette étude, vous pouvez parier votre plus belle chemise qu'elle aura peu d'effet sur les dirigeants shawiniganais, du moins si Breton demande qu'ils lèvent leur veto territorial. Dans le meilleur des mondes, cette étudep ermettra par contre au businessman de la Vieille Capitale d'ouvrir les négociations et de commencer à mettre des chiffres sur la table.

C'est évident qu'il y aura compensation si jamais les Cataractes changent leur fusil d'épaule. Et elle devra être très substantielle. Shawinigan a tenu son équipe junior à bout de bras pendant 40 ans, ce n'est que depuis l'ouverture du Centre Bionest que les bilans financiers ne se rédigent plus à l'encre rouge.

Le momentum du nouvel amphithéâtre livré à la fin de 2008, le dynamisme des nouveaux actionnaires et les succès sur la glace ont fait en sorte ces dernières années que l'équipe a su gonfler de belle façon ses assistances et ses revenus en commandites... parce qu'elle s'est régionalisée.

Beaucoup de gens de Trois-Rivières, mais également de Saint-Étienne-des-Grès, Louiseville, Nicolet encouragent maintenant l'équipe. Je me souviens très bien des dernières années à Jacques-Plante où, certains soirs, l'équipe jouait devant 1200 personnes! Il est ridicule de croire que les Cataractes ont déniché soudainement 2500 nouveaux adeptes uniquement à Shawinigan!

Dans les circonstances, il est normal que les Cataractes soient frileux. Les affaires vont bien, ils n'ont nullement besoin du retour de cette bonne vieille rivalité de la 55 pour prospérer.

Si les promoteurs trifluviens ne leur fournissent pas d'importantes compensations pour garantir leur sécurité financière, ils n'ont aucune raison de céder une partie de leur territoire.

La bonne nouvelle, c'est que Breton, Geoff Molson, les frères Simons et leurs autres partenaires ont certainement les moyens de le leur fournir! On parle d'un groupe prêt à opérer au vieux Colisée pendant une ou deux saisons même s'il sait pertinemment que ça va se traduire par un déficit budgétaire...qui représente de la petite monnaie pour un consortium de ce calibre.

Il ne faut pas oublier non plus que, dans l'équation, les enjeux dépassent largement le hockey junior pour certaines personnes impliquées, d'où un puissant incitatif à faire les efforts nécessaires pour que la négociation des prochaines semaines se conclut par un accord.

Il faut maintenant s'attendre à des discussion rapides, parce que les bases du projet et l'identité du club ciblé ont été ébruitées.

Une première rencontre exploratoire entre les deux groupes est d'ailleurs à l'agenda.

Pas besoin d'être un grand devin pour prédire un dénouement d'ici le printemps, que ce soit positif ou négatif.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer