Le Shawiniganais de 18 ans avait appris la veille qu'il avait tellement impressionné l'état-major de l'équipe qu'il obtenait le privilège de rester dans le giron de l'équipe pour au moins une semaine encore, le temps que Martin Mondou, Denis Chalifoux et leur personnel hockey terminent leur évaluation dans son dossier. «Pour moi, c'est LA surprise du camp», tranche Chalifoux. «Faut être honnête, il sort de nulle part! Et il s'est présenté soir après soir. La compétition sera plus forte en fin de semaine contre Québec, j'ai bien hâte de voir comment il va se comporter», ajoute le nouveau pilote, en spécifiant que Raphaël Girard était dans la même situation.
Ce nulle part, ce sont les rangs des Cataractes de la Mauricie midget BB, où Masson a connu une saison de rêve autant sur le plan individuel que collectif. Il voyait cette invitation au camp d'entraînement comme une belle récompense... qu'il veut maintenant étirer au maximum. «Oui, je suis un peu surpris d'être encore ici. J'étais en compétition avec des joueurs qui évoluaient dans un calibre plus élevé que moi. Qui se sont entraînés plus forts que moi cet été, aussi. Je me suis entraîné, mais j'ai aussi passé beaucoup de temps sur le terrain de golf!», sourit le jeune homme de 18 ans. «Je suis arrivé ici en voulant vivre une belle expérience. Lors de la première journée, j'étais impressionné par l'environnement, par ce chandail que j'avais sur le dos. J'ai connu un début de camp ordinaire, mais à partir de jeudi, je me suis adapté à la vitesse du jeu et je me suis senti de plus en plus confortable. Je sais maintenant que je peux jouer avec ces gars-là! Je n'ai plus aucun complexe, je sais même que je serai meilleur au fur
et à mesure que mon séjour va se prolonger.»
Pour passer l'hiver dans le vestiaire des champions en titre de la couronne nationale, Masson doit toutefois survivre à la prochaine semaine. Comptez sur lui pour laisser tout ce qu'il a d'énergie au photo-finish de cette opération séduction. «J'ai le pied dans la porte, je vais foncer pour être encore assis sur ces bancs jaunes dans une semaine», lance-t-il en pointant du doigt le vestiaire. Tant qu'à être encore ici, aussi bien terminer le travail et gagner mon poste!»
«On connaissait ses habiletés, mais Antoine nous a impressionnés par son engagement», confiait de son côté Martin Mondou, qui y va d'une comparaison très élogieuse. «Comme tête de hockey, il me fait penser à Jonathan Bellemare! Il n'a rien gagné encore, mais dans la vie, tu fais ta chance... Nous avons tous hâte de le voir jouer contre les Remparts.»