«Avec le recul, je me suis aperçu que j'étais prêt à passer à autre chose. Je me sens mûr pour un nouveau défi et c'est la seule raison pour laquelle je quitte Shawinigan. Les gens peuvent penser qu'il y a quelque chose en-dessous de ça: des rumeurs, de la chicane, mais la vérité, c'est uniquement parce que j'ai le goût de vivre autre chose si je pars. C'est le temps d'essayer autre chose!»
Le petit général avoue du même souffle que les derniers mois n'ont pas été faciles. Rendement en dents de scie de l'équipe, rumeurs de congédiement, élimination en deuxième ronde face aux Saguenéens, puis ce retour historique qui a donné à la plus vieille concession son premier championnat, bref le pilote et sa famille ont dû nager en pleine tempête en cette année mémoriale. «Ça n'a rien à voir avec ma décision, ça fait partie du boulot. Ça fait sept ans que je suis ici, sept belles années avec des moments pas toujours faciles... Je me souviens de nos deux séquences de 10 défaites d'affilée... Il y eu bien de l'eau qui a coulé sous les ponts avant la Coupe!», lance-t-il. «Il n'y a personne au sein de l'organisation qui était content de la défaite face aux Saguenéens et on a dû se serrer les coudes tous ensemble pour passer à travers et revenir fort à la Coupe. Ça inclut les joueurs, le directeur-gérant, le président, les actionnaires, tout le monde», insiste-t-il.
La question est maintenant de savoir où il va rebondir. À Calgary comme adjoint à son mentor Bob Hartley? Dans la Ligue américaine? À Baie-Comeau, où le Drakkar lui fait la cour depuis le lendemain de la grande finale de la Coupe Memoriale? Veilleux a bien quelque chose sur le feu, mais il n'est pas prêt à le déguster! «Ce bout-là n'est pas encore officiel. C'est peut-être une question d'heures, ou de jours... J'aime mieux que ce bout-là reste confidentiel pour le moment. Tout ce que je peux dire, c'est que je vais coacher l'an prochain!»
Éric Veilleux avait surtout la tête à quitter sur une bonne note, à laisser le souvenir d'un gars qui a apprécié son séjour en Mauricie. «J'ai un paquet de bons souvenirs ici. J'ai eu la chance de travailler dans un grosse ville de hockey, avec de bons partisans. De voir les joueurs de l'édition 2009 sur la glace après la Coupe Memorial m'a fait chaud au coeur même si j'aurais aimé leur donner la même chose. Cette défaite en finale fut certes crève-coeur... Je suis fier de ces sept saisons, du chemin parcouru. J'ai connu les deux organisations, c'est l'ancien régime qui m'a donné ma chance. C'est clair que je veux remercier des gens comme Jacques Blouin, M. Lafrenière et Louis Caron. Il y a un paquet de bons coachs qui veulent diriger dans cette ligue, moi ils m'ont donné cette opportunité.»
«J'ai connu les foules de 1200 spectateurs à l'aréna, puis l'arrivée de Martin (Mondou) et des nouveaux actionnaires qui avaient un plan qui nous a menés à l'accomplissement d'il y a trois semaines. Je pense à tous les adjoints que j'ai eus, en particulier ceux de cette année avec qui j'avais vraiment une relation spéciale. Les préposés à l'équipement, le personnel de bureau, les physiothérapeutes, les statisticiens, les joueurs, bref tout le monde a mis l'épaule à la roue dans notre championnat.»
Veilleux est ensuite revenu sur sa relation avec Mondou. «J'ai eu cinq belles années avec lui. On faisait chacun notre travail. Dans le monde du hockey, les gens qui travaillent ensemble et qui s'entendent sur tout ne vont jamais loin, ça prend des idées différentes pour avancer. Je le remercie, je pense qu'on est tous gagnants en bout de ligne.»
L'ex-vedette du Titan de Laval a pris congé en affirmant que Danny Dupont était mûr, selon lui, pour prendre les guides de l'équipe. «Chaque entraîneur est différent, peut amener sa propre identité. Dans le cas de Danny, je croyais qu'il partirait l'an dernier, il était déjà prêt à ce moment-là. Il a été entraîneur-chef dans le midget AAA, adjoint à André Tourigny, un excellent entraîneur, et ici à Shawinigan. On a passé trois super belles années ensemble.»