Cataractes: à la porte de la LNH

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Brandon Gormley

Steve Turcotte

Steve Turcotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'édition 2011-12 des Cataractes va passer à l'histoire comme celle qui a finalement donné un championnat à Shawinigan après plus de quatre décennies de hockey junior. Dans quelques années, elle pourrait être aussi vue comme l'équipe la plus talentueuse jamais assemblée dans la ville de l'électricité.

Voici six joueurs qui vont cogner à la porte de la LNH, certains dès cet automne. Élu meilleur défenseur au dernier championnat du monde junior, Brandon Gormley a coûté une fortune à Martin Mondou, dernière pièce du casse-tête qui a été ajoutée quelques heures avant la date limite des transactions. Gormley a mis beaucoup de temps à jouer à la hauteur de sa réputation, ralenti par de la fatigue mentale puis par une délicate blessure à un pied qui tardait à guérir.

1- Brandon Gormley

S'il y a un joueur qui a profité de la pause d'un mois pour se remettre sur les rails, c'est bien lui. Le choix de première ronde des Coyotes de Phoenix a été sensationnel à la Coupe Memorial. Par le passé, les Cataractes ont rarement eu du succès avec ces vedettes acquises via transaction qui devaient faire la différence. Un autre démon dont l'état-major s'est débarrassé ces deux dernières semaines. «Pressure is power», sourit Éric Veilleux, en faisant référence à la publicité tournée par le défenseur étoile pour Nike lors du championnat du monde.

«J'ai trouvé que les gens l'avaient critiqué sans avoir de bonnes raisons. Avec tout ce qu'il avait vécu cette année, puis cette blessure, ce n'était pas évident de revenir en séries après seulement trois pratiques. Le mois d'entraînement lui a fait du bien, on lui a aussi demandé de prendre du leadership dans le vestiaire et il l'a fait avec brio. C'est tout un joueur de hockey, un gars qui va définitivement jouer dans la LNH.»

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Kirill Kabanov

2- Kirill Kabanov

Voilà un gars qui était placé dans la même phrase que Taylor Hall et Tyler Seguin lorsqu'il s'est amené en Amérique du Nord à 17 ans. Ont suivi une série d'incidents qui ont fait chuter sa valeur, au point que les Islanders ont pu le réclamer en troisième ronde! Après un terrible séjour à Moncton, puis une entrée sur la pointe des pieds à Lewiston, il a enchaîné avec des séries du tonnerre le printemps dernier, ce qui a incité Martin Mondou à aller le chercher en début de saison pour offrir plus de punch offensif à son entraîneur.

Kabanov a donné raison à Mondou. Il s'est tenu tranquille à l'extérieur de l'aréna et lors des gros rendez-vous, il s'appropriait le devant de la scène. Talentueux à l'os, il a prouvé lors du tournoi qu'il était aussi un bon joueur d'équipe.

«Ce qui s'était passé avant qu'il arrive chez nous ne m'intéressait pas, je lui ai dit à notre première rencontre que l'important, c'était ce qu'il ferait ici. Or, il a suivi les règles sur et hors glace. C'est un individu différent, un gars qui jase beaucoup et qui dit ce qu'il pense, mais on avait besoin d'un gars comme ça dans notre chambre», souligne Veilleux.

«Il a fait preuve de caractère durant le tournoi. Il a été coupé à quatre reprises, à quatre endroits différents, mais il a toujours continué à pousser. Il a élevé son jeu d'un cran, il ne faisait plus de revirements et ça, c'est une grande victoire pour lui. J'ai souvent parlé d'Alex Bourret comme d'un joueur spécial, de par sa capacité à réussir des passes que personne ne voyait. Kabanov est du même moule, une coche en haut.»

Kabanov est d'ailleurs reparti de Shawinigan cette semaine un peu plus confiant en lui-même. «Quand il est arrivé ici, il se voyait comme un passeur d'abord et avant tout. On lui a fait comprendre qu'il était un bon tireur également, une arme qu'il a développée cette année à l'entraînement. Il va jouer dans la LNH. Reste à savoir quand... C'est dans sa tête que ça va se passer. S'il se sert de ce qui vient de se passer comme rampe de lancement, ça pourrait se faire rapidement.»

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Michaël Bournival

3- Michaël Bournival

Quand tu demandes à un jeune homme introverti de porter le titre de capitaine, puis d'amener la concession de son patelin là où elle n'a jamais réussi à se rendre, tu places une énorme pression sur ses épaules. Tantôt génial, tantôt éteint, la dernière saison du Shawiniganais a eu l'air d'un parcours en montagnes russes... que l'espoir du Canadien a terminé au septième ciel en disputant un tournoi inspiré. Dans 20, 30, 40 ans, on va encore se rappeler de ses derniers coups de patin dans la LHJMQ. Et de son sourire libérateur lorsqu'il a levé le trophée à bout de bras!

«Tu n'es pas obligé de passer par une saison comme celle-ci pour grandir... Sauf que si tu passes au travers, ça te rend plus fort et c'est ce que Michaël pourra retenir de cette expérience. Il a prouvé que sous la grosse pression, il est capable de performer. C'est exactement ce que ça prend pour jouer dans la LNH. Je répète la même chose à tout le monde depuis son année d'éligibilité au repêchage: sa volonté, sa détermination, son éthique de travail vont l'amener là. Quand? Où? Je ne sais pas, mais il va s'y rendre.»

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Morgan Ellis

4- Morgan Ellis

Méconnu parce qu'il évoluait au Cap-Breton depuis le début de son stage junior, Morgan Ellis a profité des derniers mois pour faire bien paraître Trevor Timmins qui l'a repêché en quatrième ronde il y a deux ans. Fiabilité, professionnalisme, dévouement sont les premiers mots qui viennent en tête lorsqu'il est question de ce jeune homme natif, tout comme Gormley, de l'Île-du-Prince-Édouard.

«C'est un homme!», tranche Veilleux. «Son attitude, sa maturité font en sorte qu'il est un leader pour ses coéquipiers. Dès la première fois que je l'ai vu patiner à 15 ans, je l'ai aimé, alors j'avais de grosses attentes lorsqu'il est arrivé chez nous. Il nous en a donné encore plus que je ne le croyais.»

Avantagé par son physique dans le junior, Ellis sera moins étincelant en jouant contre des joueurs de son gabarit la saison prochaine. Ceux qui doutent qu'il accède à la LNH lui reprochent son coup de patin ou sa mobilité... «J'ai vu des joueurs dans la LNH patiner pas mal moins bien que lui. Même dans l'organisation où il s'en va!», rigole Veilleux. «Je ne dis pas qu'il va accéder rapidement à la LNH, je pense qu'il aura besoin d'une période d'apprentissage. Mais c'est certain qu'il va avoir la chance, à un moment donné, de goûter à ce niveau-là.»

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Michael Chaput

5- Michael Chaput

S'il y a des joueurs qui tombent soudainement moins affamé après avoir signé un premier contrat professionnel, Michael Chaput ne fait certainement pas partie de cette catégorie. Il a pris l'offensive sur ses épaules au tournoi, quelques jours à peine après avoir signé une entente avec les Blue Jackets de Columbus. Impérial au cercle de mise en jeu, solide le long des rampes, créatif en zone ennemie, dédié dans son territoire, il n'a pas volé le titre de joueur par excellence du tournoi.

C'est exactement le profil que Martin Mondou recherchait au repêchage l'an dernier lorsqu'il a sacrifié Samuel Hodhod et un choix de première ronde afin de mettre la main sur lui... «S'il continue de jouer comme il l'a fait à la Coupe Memorial, comme il l'avait fait aussi quand Michaël Bournival s'est absenté, il peut accéder rapidement à la LNH. C'est à lui de décider et c'est le message que je lui ai transmis lors de notre dernière rencontre. C'est un bon two-way player.»

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Anton Zlobin

6- Anton Zlobin

Ignoré à sa première année d'éligibilité au repêchage de la LNH, Zlobin a pris les moyens pour séduire les recruteurs à la deuxième impression. Une saison de 40 filets, conjugués à des performances endiablées au tournoi de la Coupe Memorial vont sûrement faire en sorte qu'il va repartir de Pittsburgh avec un maillot du circuit Bettman sur le dos dans trois semaines. Surtout qu'il a prouvé au cours des trois derniers matchs qu'il était capable de jouer avec la douleur, lui qui avait un pied gros comme un chou-fleur après avoir bloqué un tir lors du match de bris d'égalité.

«Avec ce qu'il a fait, si je suis un dépisteur de la LNH, c'est sûr que je le repêche!», lance Veilleux. «Dans son cas, c'est simple: quand il va comprendre qu'il n'y a qu'une façon de jouer, il va être dur à arrêter. Il le fait dans les gros matchs, il doit le faire tous les soirs. C'est un bon petit gars, il travaille, c'est plus une question de confiance dans son cas. Il ne sait pas à quel point il est bon! Son talent est spectaculaire. Certains ont de gros lancers, lui aussi, mais en plus, il a un instinct de marqueur. Ça peut faire beaucoup de dégâts. Je ne sais pas s'il va accéder à la LNH, mais il a les outils pour y arriver, pas de doute là-dessus.»

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