Chronique L'envers de la médaille

Éric Veilleux doit partir maintenant

Martin Mondou doit maintenant décider si Éric Veilleux... (PHOTO: SYLVAIN MAYER)

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Martin Mondou doit maintenant décider si Éric Veilleux est l'entraîneur le plus apte à mener les Cataractes à la conquête de la Coupe Memorial. Si ce n'est pas le cas, il doit bouger rapidement pour s'assurer que son équipe amorcera la compétition le 18 mai avec la meilleure préparation possible.

PHOTO: SYLVAIN MAYER

Louis Ménard

Louis Ménard
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les amateurs de hockey de la Mauricie, et plus spécifiquement ceux de Shawinigan, vont se souvenir longtemps de la saison 2011-2012 des Cataractes. Alors qu'on leur promettait une grande année marquée de sensations fortes, de victoires mémorables et de conquêtes enivrantes, bref de sommets jamais atteints, ils ont plutôt eu droit à un «Flop Memorial», pour reprendre une expression déjà utilisée par mon collègue Steve Turcotte sur son blogue.

La journée de mardi avait bien mal commencé pour Éric Veilleux qui s'était emporté devant la caméra de CHEM-TVA dans un concert de blasphèmes à l'endroit du journaliste Jonathan Roberge. Qu'il ait eu raison ou non d'être en furie contre le journaliste en question pour sa façon de travailler importe peu.

Veilleux a surtout démontré qu'il n'avait plus le contrôle de ses émotions le jour du plus important match de son équipe. Sa montée de lait lui a aussi valu une lettre de la Fédération professionnelle des journalistes, section Mauricie, condamnant, avec raison, un comportement inapproprié digne d'une bataille dans un fond de ruelle. L'intimidation n'a jamais sa place et c'est exactement ce que Veilleux a tenté de faire avec le journaliste de TVA.

Cet épisode ne constituait toutefois que la cerise sur un gâteau qui n'a jamais véritablement levé.

Tout ça a commencé avec le refus du défenseur Ryan Kavannagh de se présenter à Shawinigan. Martin Mondou, qui avait fait son acquisition à prix d'or de l'Océanic de Rimouski la saison précédente pour animer le jeu de puissance, s'est retrouvé gros Jean comme devant.

Le directeur général des Cataractes s'était déjà compromis dans le dossier des 20 ans en récupérant Pierre-Olivier Morin, des défunts MAINEiacs de Lewiston, au repêchage spécial avant la séance de repêchage à Victoriaville en juin dernier. L'arrivée de Morin avait signifié, du même coup, le départ de Benjamin Casavant pour Val-d'Or (qui a permis aux Cataractes de sélectionner Bronson Beaton en deuxième ronde), puisque Mondou tenait alors pour acquis que son trio de 20 ans serait constitué de Morin, Kavannagh et du gardien Gabriel Girard.

Bien sûr que Mondou ne pouvait savoir à l'avance que son scénario était voué à l'échec. Sauf que les 34 buts de Casavant avec les Foreurs cette saison auraient certainement permis aux Cataractes de remporter quelques matchs et, surtout, de rendre un peu plus efficace un avantage numérique au mieux, anémique, mais plus souvent qu'autrement catastrophique!

Dès le premier match de la saison, en cette année où tous les espoirs étaient permis, les Cataractes se sont inclinés devant les Huskies de Rouyn-Noranda, équipe que plusieurs experts du circuit Courteau voyaient occuper la cave du classement. Une première petite lumière rouge venait de s'allumer...

Tout au long de la dernière campagne, Éric Veilleux n'a jamais été en mesure d'obtenir des performances constantes d'un bon niveau de ses joueurs. Bien sûr, ceux-ci étaient prêts pour tous les grands rendez-vous, notamment ceux contre les Sea Dogs de St.John. Mais pour ces grandes performances, combien de points ont été laissés sur la patinoire contre des équipes de deuxième ordre? Trop, diront ceux qui ont suivi avec assiduité les hauts et les bas de cette équipe bâtie pour faire oublier 40 ans de désillusions.

Plusieurs, et je suis de ceux-là, ont questionné le leadership dans le vestiaire avant l'arrivée de Morgan Ellis, Jonathan Narbonne et Brandon Gormley à la pause des Fêtes. On nous répondait alors qu'il y avait plusieurs grands leaders dans cette chambre et que ce n'était pas un problème. Malheureusement, la question est toujours d'actualité. Une équipe talentueuse bourrée de leaders ne perd pas en deuxième ronde des séries éliminatoires. Sous aucun prétexte.

Les performances des Cataractes laissent croire que Veilleux n'a pas réussi à tirer le meilleur de l'équipe que lui a fournie Martin Mondou. Qu'il n'a jamais été en mesure de rallier tout le monde dans son projet.

Il y a eu des signaux en cours de route, mais pour une raison que j'ignore, ses joueurs sont venus à sa rescousse, notamment lors d'un voyage en Abitibi où il était clair que son poste était en danger.

Pour une équipe qui devait tout rafler, les Cataractes ont bien mal terminé leur saison régulière en s'inclinant quatre fois à leurs dix derniers matchs (Halifax, Rimouski, Victoriaville et Chicoutimi). Mince consolatation, ils ont ridiculisé les Sea Dogs 6-2 le 11 mars.

La première ronde a donné espoir aux partisans de l'équipe, mais le premier match face aux Saguenéens, quand les Cataractes ont perdu une avance de trois buts en fin de troisième période, a ramené le spectre de la saison régulière à la vitesse grand V.

Et maintenant?

Maintenant, Martin Mondou doit arrêter de protéger son entraîneur et lui indiquer le chemin de la sortie. S'il veut que les fidèles partisans de l'équipe conservent de merveilleux souvenirs de cette saison jusqu'ici très décevante, il doit s'assurer de faire tourner le vent avant le premier match de la Coupe Memorial. Et le meilleur moyen d'y arriver consiste à changer d'entraîneur. Il est évident qu'Éric Veilleux ne peut redresser la situation et les Cataractes n'ont pas le droit de rater leur coup entre les 17 et 27 mai.

Le dg des Cats n'aura pas à chercher très loin pour lui trouver un remplaçant.

Dans sa cour, il dispose d'un entraîneur qui vient de démontrer qu'il a encore la touche en permettant au Drakkar de Baie-Comeau d'éliminer les Tigres de Victoriaville en quatre matchs.

De plus, il a eu la chance d'épier les Sea Dogs en quarts de finale. Si les deux premiers matchs ont carrément été à l'avantage de la formation des Maritimes, les deux autres, alors qu'il disposait de l'avantage de la glace, ont été beaucoup plus serrés.

Denis Francoeur est aussi un enseignant de premier plan et c'est avant tout ce dont les joueurs des Cataractes ont besoin présentement. Un tacticien hors-pair qui va leur remonter le moral en leur montrant comment s'y prendre pour être efficace dans toutes les facettes du jeu, y compris en avantage numérique.

Tout ce que Martin Mondou doit faire, c'est prendre le téléphone et appeler Steve Ahern, le directeur général du Drakkar, pour lui demander la permission de discuter avec Francoeur. Ce dernier a vu plusieurs matchs des Cataractes cette saison et a déjà une bonne idée sur la façon de s'y prendre avec le personnel en place.

La transition doit toutefois se faire rapidement parce que le temps presse.

C'est maintenant qu'on va savoir si Martin Mondou a vraiment à coeur de combler les partisans des Cataractes en leur offrant la chance de voir leur équipe soulever la Coupe Memorial dans un mois...

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