Gentilly-2: «C'est toute la communauté qui est insultée»

Patrick Charlebois et Jean-Denis Girard... (Photo: François Gervais)

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Patrick Charlebois et Jean-Denis Girard

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si les insultes semblent être à l'origine de l'impasse autour de la production d'un rapport sur Gentilly-2, le président de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, Patrick Charlebois, considère plutôt que «c'est toute la communauté qui est insultée» par la décision du gouvernement.

«C'était le seul forum. Tout ce qu'on a plaidé, ça ne donne strictement rien. Je ne suis pas content. On se sent muselé», a-t-il commenté, à chaud, en apprenant la nouvelle.

À son avis, c'est tout le Québec qui mérite des réponses dans le dossier de Gentilly-2. «Je dis aux parlementaires de faire leurs devoirs et de s'assurer d'avoir des éléments de réponse. Il faut savoir comment les décisions se prennent à Hydro-Québec», soutient M. Charlebois.

Par ailleurs, il trouve peu élégant le discours des politiciens. «Je suis très déçu du niveau de dialogue de nos parlementaires», a-t-il indiqué par rapport à cette prise de bec impliquant la députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand.

Son homologue de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, Jean-Denis Girard, était sous le choc d'apprendre qu'il n'y aurait pas de rapport. «Il faut qu'il y en ait un, même s'il y a un délai. Ça n'a pas de bon sens. On attend après ça, c'est la prochaine étape», n'a-t-il cessé de répéter.

Celui-ci espérait que le rapport puisse proposer des pistes de solutions pour le reclassement des travailleurs de la centrale nucléaire en plus d'aborder l'impact de sa fermeture.

«On a pris des semaines à préparer des mémoires et il y a eu ces deux jours de commission parlementaire. On n'a pas fait ça pour rien», prévient M. Girard.

Ce dernier trouve aussi dommage «cette chicane politique entre deux personnes». «Il y a deux côtés à la médaille, la ministre n'était pas censée prendre part aux séances, mais ça n'excuse pas les propos. Il est moins difficile de gérer les sautes d'humeur de nos enfants que celles de nos politiciens», a commenté celui qui propose la poursuite des travaux en l'absence, s'il le faut, de la ministre Martine Ouellet et la députée St-Amand.

Informée de la décision gouvernementale de renoncer à la production d'un rapport, la mairesse de Bécancour, Gaétane Désilets, s'est dit «très déçue».

«Peut-être que le gouvernement a de la difficulté à soumettre le rapport, car tout ce qu'on a dit était réel et fiable», suggère-t-elle comme hypothèse.

À son avis, sans rapport final, «ça laisse le dossier ouvert». «Le manque d'écoute était déjà frustrant. Le fait qu'il n'y ait pas de rapport, c'est doublement plus choquant», a confié la mairesse.

Pour sa part, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, a indiqué que «si tu n'as rien à cacher, tu fais un rapport».

«On ne peut pas fermer les yeux sur le milliard qui avait été dépensé en équipements lorsque la réfection était justifiée. Tout gouvernement devrait questionner Hydro-Québec. Et il n'est pas normal qu'on accepte de faire une rayure de deux milliards dans les livres d'Hydro-Québec», croit-il.

Selon le premier magistrat trifluvien, la responsabilité revient aux députés d'exiger un rapport. «On n'a pas déplacé le monde pour rien. Comment ça a coûté? Si le gouvernement était dans l'opposition, il serait le premier à critiquer», conclut-il.

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