Gentilly-2: des insultes coulent le rapport

Danielle St-Amand aurait traité la ministre Martine Ouellet... (Photo: La Presse Canadienne)

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Danielle St-Amand aurait traité la ministre Martine Ouellet de «crisse de folle».

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Coup de théâtre dans le dossier de Gentilly-2. Après le choc de l'annonce de sa fermeture, voilà que le milieu est sonné d'apprendre qu'il n'y aura pas de rapport à la suite des deux jours de commission parlementaire sur le déclassement de la centrale nucléaire et le plan de diversification économique. La date butoir pour son dépôt était le 21 février.

Les audiences de la commission parlementaire en janvier... (Photo: François Gervais) - image 1.0

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Les audiences de la commission parlementaire en janvier avaient donné lieu à un dialogue de sourds entre les libéraux opposés à la fermeture de la centrale de Bécancour et les péquistes qui ont mis la clé sous la porte.

Photo: François Gervais

C'est que la dernière séance de travail des membres de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles a tourné au vinaigre mardi soir. Selon La Presse Canadienne, la députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, aurait lancé à la ministre Martine Ouellet: «va donc chier» en plus de la qualifier de «crisse de folle».

D'ailleurs, la présence de la ministre Ouellet était jugée inhabituelle par l'opposition, selon le procès-verbal dont Le Nouvelliste a obtenu copie.

«Il n'y a pas consentement pour continuer les échanges afin de produire un rapport à l'Assemblée nationale, considérant qu'une telle atmosphère n'est nullement propice à la rédaction d'un rapport dénué de toute partisanerie», ont déclaré conjointement les députés péquistes Noëlla Champagne et Luc Trudel.

Selon eux, une agressivité et des propos choquants tenus lors de cette séance «ont miné la bonne marche de la rencontre et mis fin au lien de respect élémentaire entre parlementaires».

«La séance de travail a démontré hors de tout doute l'incompatibilité de compréhension sur le fond des choses. Un rapport rédigé par des parlementaires de formations politiques différentes semble de toute évidence voué à une profonde mésentente», soutiennent-ils.

Excuses de Danielle St-Amand

Pour sa part, la députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, a admis s'être emportée «devant le manque de bonne volonté de la ministre» sans vouloir confirmer pour autant les propos qu'on lui prête.

En fin de journée, elle a tenu à s'excuser auprès de la ministre Ouellet et des membres de la Commission pour ses propos «qui ont nettement dépassé mes intentions sous le coup de l'émotion». Elle reconnaît avoir utilisé des termes «pas nécessairement appropriés» lors de «discussions costaudes».

«Quand il est question du pain et du beurre chez nous, je réagis et je le défends bec et ongles. La ministre s'est présentée et elle est venue remettre en question tout le travail qui avait été fait. C'est extrêmement frustrant. Quand on sème le vent, on récolte la tempête. Ils n'en voulaient pas de rapport et ils ont saisi la première occasion», a expliqué celle qui se demande «ce qu'ils ont à cacher à la population de chez nous».

De son côté, le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, a déploré que cette chicane entre les deux vieux partis vienne pénaliser les gens de son comté et de la région.

«Le Parti québécois ne voulait pas de commission parlementaire, ni de rapport et le Parti libéral règle ses vieux comptes», a-t-il fait remarquer.

Celui-ci admet que le gouvernement et sa ministre sont arrogants depuis le début et que le ton «était un peu cassant» lors de cette fameuse séance. Mais, dit-il, le langage de la députée de Trois-Rivières était «totalement inappropriée».

«Mais, on a la responsabilité de faire un rapport. Et ce que je demande, c'est que le Parti québécois ne prenne pas ça comme prétexte, revienne sur sa décision et complète les travaux. Et s'ils doivent exclure Danielle St-Amand, je vais être d'accord avec ça», a laissé entendre le député caquiste.

Affirmant n'avoir jamais eu de problème à travailler en commission parlementaire depuis plus de quatre ans, la députée trifluvienne se dit prête à s'engager à avoir un comportement adéquat «si le PQ est prêt à reprendre les travaux».

La ministre Ouellet

Quant à elle, la ministre Martine Ouellet est passée en coup de vent devant les journalistes après la période des questions, manifestement hostile à l'idée de commenter l'épisode.

«Pas de commentaire», a-t-elle dit sur un ton n'invitant pas à la réplique.

Mais en fin d'après-midi,Mme Ouellet affichait de meilleures dispositions.

«C'est dommage qu'il y ait eu ce genre d'attitude là (de la part de Mme St-Amand)», a-t-elle dit, affirmant n'avoir «aucune idée» de la raison pour laquelle la députée libérale s'est emportée à ce point.

«Nous pouvons être d'accord ou pas d'accord, ça fait partie du travail des parlementaires. Mais, il y a une attitude digne à respecter», a déclaré la ministre.

Selon Mme Ouellet, la séance de travail se déroulait rondement jusqu'à ce que «le Parti libéral refuse de voter» sur le projet de rapport et s'emploie «à étirer le processus indûment».

Avec la collaboration de Gabriel Delisle et La Presse Canadienne

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