La centrale était condamnée dès 2010

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«On savait avant le 4 septembre 2012 que ce projet ne pouvait être justifié par Hydro-Québec», a déclaré Thierry Vandal.

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La Presse Canadienne

L'ancien gouvernement libéral a maintenu le cap sur la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2 alors qu'il savait très bien que c'était une mauvaise affaire au plan économique.

En commission parlementaire, mardi, le président-directeur général d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a été très clair: le Parti libéral au pouvoir était au courant, au moment du déclenchement des élections en 2012, que le projet de réfection lancé en 2008 ne tenait plus la route.

«On a un actionnaire qui est le gouvernement du Québec, le sous-ministre des Ressources naturelles siège à notre conseil d'administration, on a traité ce sujet-là de façon continue à partir du mois d'août 2008. Il était connu, il était établi que les coûts avaient augmenté, que ce n'était pas un projet qu'Hydro-Québec pouvait elle-même justifier financièrement», a affirmé M. Vandal, en point de presse, après son exposé devant les parlementaires.

Des signaux à l'effet que les coûts de réfection - initialement évalués à 1,9 milliard $ - ne cessaient d'augmenter avaient été envoyés en 2010, 2011 et 2012, a rappelé M. Vandal.

Hydro-Québec, qui a suivi de près l'exécution de travaux similaires aux centrales de Pointe Lepreau au Nouveau-Brunswick et Wolsong en Corée du Sud, a englouti près de 1 milliard $ dans le projet de réfection de Gentilly-2 avant d'appliquer les freins en 2010. La société d'État estime à 3,4 milliards $ l'investissement supplémentaire qu'il aurait fallu ajouter à ce montant pour compléter la remise en état. Néanmoins, le projet n'est pas passé à la déchiqueteuse parce que le gouvernement de l'époque «avait comme orientation de maintenir ouverte la possibilité que la réfection se fasse», a dit M. Vandal.

«Quand le nouveau gouvernement (péquiste) est arrivé, on a eu des échanges, il nous a demandé de faire le point sur le projet, ce qu'on a fait. Il nous a demandé une recommandation qui portait sur le volet financier et c'est ce qu'on a fait en déposant le rapport», a-t-il ajouté.

Rendu public au début du mois d'octobre, le rapport recommandait la fermeture de la centrale, une perche que le nouveau gouvernement a rapidement saisie. La centrale a cessé de produire de l'électricité à la fin décembre 2012.

Devant les membres de la commission parlementaire, M. Vandal a expliqué que la croissance extraordinaire de l'industrie du gaz de schiste aux États-Unis a en quelque sorte scellé le sort de Gentilly-2. Le développement de cette filière a fait chuter le coût du gaz naturel sur le marché, et par conséquent celui de l'électricité.

Dans un tel contexte, l'électricité produite par Gentilly-2 - à plus de huit cents le kilowattheure (kWh) - n'aurait pas été rentable, loin de là. «On est très loin du seuil de rentabilité. Dans de telles conditions, on aurait perdu 215 millions $ chaque année avec l'électricité de Gentilly-2», selon le pdg d'Hydro-Québec.

«Les rapports, on ne les avait pas», a rétorqué la députée libérale de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, faisant remarquer que le rapport d'Hydro-Québec est daté du 2 octobre, près d'un mois après les élections. «Ce qu'on comprend, c'est que le Parti québécois a pris une décision idéologique, une décision politique, qui ne tient pas compte de l'économie», a-t-elle soutenu.

À son avis, la réfection de Gentilly-2 reste parfaitement justifiée. «On a toujours dit qu'on était favorable au projet de la centrale dans la mesure où les coûts étaient raisonnables. Ce qu'on nous a présenté ce matin, c'est huit cents le kilowattheure. Quand on compare à d'autres projets, c'est raisonnable», a-t-elle soulevé.

Pour le député François Bonnardel, de la Coalition avenir Québec, il apparaît évident que le Parti libéral «a passé un sapin» aux électeurs de la Mauricie l'automne dernier en leur cachant la vérité sur Gentilly-2. «M. Vandal avait assurément informé Clément Gignac (alors ministre des Ressources naturelles), avait assurément informé Jean Charest et on a caché aux Québécois et aux gens de la Mauricie qu'Hydro-Québec avait déjà en tête de fermer Gentilly-2», a-t-il lancé.

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