Gentilly-2: le jour des comptes est arrivé

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Les intervenants de la région débarquent aujourd'hui au Salon rouge de l'Assemblée nationale pour exprimer leur désaccord avec la fermeture de la centrale, leur déception du fonds de 200 millions et leurs idées pour la suite des choses.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Obtenue à l'arraché par l'opposition, la fameuse commission parlementaire sur le déclassement de Gentilly-2 et le plan de diversification économique prend son envol ce matin à Québec avec la présentation d'Hydro-Québec.

Et c'est avec le couteau entre les dents que les intervenants de la Mauricie et du Centre-du-Québec débarquent au Salon rouge de l'Assemblée nationale pour exprimer leur désaccord avec la fermeture, leur déception du fonds de 200 millions et leurs idées pour la suite des choses.

Réclamée par le milieu, cette consultation particulière avait fait l'objet d'une partie de bras de fer entre le gouvernement et les partis d'opposition. Une tractation entre les chambres de commerce et les ministres concernés avait finalement permis de dénouer l'impasse, d'où la tenue de ces deux jours de travaux devant la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles.

Aujourd'hui, tout l'avant-midi sera consacré à la société d'État qui viendra justifier sa décision de fermer la centrale nucléaire après en avoir pourtant planifié la réfection. En après-midi, les villes de Bécancour et Trois-Rivières vont se succéder avant de laisser la place à la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour et aux deux chambres de commerce riveraines.

Demain, les auditions publiques vont débuter avec la participation de Guy Marleau, professeur titulaire au département de génie physique à Polytechnique et Dominic Larivière, directeur, laboratoire de Radioécologie Faculté des sciences et de génie de l'Université Laval. La matinée se terminera avec les mémoires de la Conférence régionale des élus du Centre-du-Québec (CRÉCQ) et de plusieurs syndicats d'Hydro-Québec.

Comité d'actions stratégiques, Sortons le Québec du nucléaire, Jeune Chambre de commerce de la Mauricie, Syndicat professionnel des ingénieursd'Hydro-Québec et Commission canadienne de sûreté nucléaire: voilà la liste des participants pour l'après-midi du 30 janvier.

Selon ce qu'avait déjà annoncé la ministre Martine Ouellet, un rapport devra être fait pour le 21 février prochain.

Même si la décision gouvernementale semble définitive, la Ville de Bécancour osera réclamer un sursis de trois ans avant de mettre fin à la centrale nucléaire et ses 800 emplois.

«Nous demandons au gouvernement du Québec de prolonger la vie de la centrale jusqu'en 2016 afin de donner le temps nécessaire aux experts, aux employés, aux syndicats, aux élus ainsi qu'à la population de faire le point sur ce dossier majeur et déterminant pour l'avenir de Bécancour et de la région», lancera comme message la mairesse Gaétane Désilets.

«Nous avons besoin de temps. Et c'est le temps qu'ils nous respectent et qu'ils nous écoutent», a-t-elle d'ailleurs fait savoir, hier, en point de presse.

Sa requête repose sur l'avis de spécialistes voulant que Gentilly-2 pourrait encore être exploitée pendant cinq ans sans réfection.

«Il n'y a aucune raison valable de ne pas pouvoir l'exploiter pendant cinq ans sans faire la réfection. Quatorze centrales vont le faire. La question technique n'est pas là», avait soutenu en octobre 2012 un ancien chef de service technique à Gentilly-2 pendant dix ans, Paul Lafrenière, lors d'une rencontre d'information publique.

Par ailleurs, la mairesse rappellera qu'en 2003, la masse salariale des employés de la centrale habitant dans la région immédiate de Bécancour représentait environ 73 millions de dollars, soit près de 87 millions en dollars d'aujourd'hui.

«Il faut aussi compter sur des revenus de 13 millions de dollars par année pour les fournisseurs de premier et deuxième niveaux de la centrale, situés à Bécancour», peut-on lire dans le mémoire rendu publique hier matin.

Selon la Ville, il est «illusoire» de croire que l'aide financière de 200 millions de dollars basée sur des prêts compensera adéquatement la région.

L'insuffisance de cette enveloppe fait consensus parmi les acteurs régionaux. La Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières va jusqu'à évoquer le milliard de dollars comme compensation justifiée.

À l'instar de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, plusieurs s'interrogent sur les coûts de réfection avancés par Hydro-Québec. Et les centaines de millions investis inutilement dans les travaux préparatoires ont même amené le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, à réclamer la démission du président-directeur général, Thierry Vandal.

Si le premier magistrat entend exiger une réévaluation complète du dossier et faire stopper toute activité de démantèlement, les groupes environnementalistes, au contraire, veulent que Québec accélère le processus.

Faits saillants des mémoires:

Ville de Trois-Rivières

- Réévaluation complète du dossier

- Faire stopper le démantèlement

Ville de Bécancour

- Prolonger la centrale jusqu'en 2016

Chambre de Trois-Rivières

- Un fonds d'un milliard de dollars

- Un fonds qui survit aux gouvernements

Chambre de Bécancour

- Surseoir au démantèlement

- Réfection recommandée

Jeune Chambre de commerce

- Un siège au comité du Fonds

- 20 % du Fonds pour jeunes promoteurs

Groupes environnementalistes

- Accélérer le démantèlement

- Faire démanteler Gentilly-1

Mardi 29 janvier

- 9h: Remarques préliminaires

- 9h15: Hydro-Québec

- 12h45: Suspension

- 14h: Ville de Bécancour

- 15h: Ville de Trois-Rivières

- 16h: Société du Parc industriel et portuaire de Bécancour

- 17h: Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec

- 18h: Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières

- 19h: Ajournement

Mercredi 30 janvier

- 9h30: Guy Marleau, professeur titulaire au département de génie physique à Polytechnique et Dominic Larivière, directeur, laboratoire de Radioécologie Faculté des sciences et de génie de l'Université Laval

- 10h30: CRÉCQ

- 11h30: Syndicat des employé-es de métiers d'Hydro-Québec, Syndicat des employé-es de techniques professionnelles et de bureau d'Hydro-Québec, Syndicat des technologues d'Hydro-Québec et Syndicat des spécialistes et professionnels d'Hydro-Québec

- 12h30: Suspension

- 14h: Comité d'actions stratégiques

- 15h: Sortons le Québec du nucléaire

- 16h: Jeune Chambre de commerce de la Mauricie

- 17h: Syndicat professionnel des ingénieurs d'Hydro-Québec

- 17h40: Commission canadienne de sûreté nucléaire

- 18h40: Remarques finales

- 18h52: Ajournement

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