Gentilly-2: un mémoire virulent contre Hydro-Québec

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Jean-Denis Girard

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) C'est un mémoire virulent que s'apprête à présenter en commission parlementaire la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec dans le dossier Gentilly-2.

Non seulement reproche-t-on à Hydro-Québec d'avoir produit «un exercice comptable très douteux» dans le but «de camoufler une idéologie du Parti québécois», mais l'organisme accuse Québec et sa société d'État «d'avoir opté pour une victoire dégradante et stupide de certains mouvements écologistes».

«On peut fortement dénoncer le grand manque de respect et de gratitude du gouvernement et de la direction d'Hydro-Québec envers le personnel de la centrale et de tous ceux qui ont contribué à son rayonnement à l'étranger», peut-on lire dans la version préliminaire et partielle du mémoire et dont Le Nouvelliste a obtenu copie.

Selon la Chambre, il est surprenant de voir les coûts de la réfection augmenter de plus du double en peu de temps, soit 1,9 à 4,3 milliards de dollars, «des coûts grossièrement gonflés».

«Le rapport d'Hydro-Québec présente une valse des millions qui le discrédite si l'on considère ce qui s'est fait ailleurs en réfection de centrale nucléaire semblable», fera savoir le président Jean-Denis Girard.

D'entrée de jeu, il rappellera que Gentilly-2 a fonctionné pendant 28 ans, dont plusieurs années avec un facteur d'utilisation au-dessus de 80 % alors que le parc hydraulique d'Hydro-Québec se situe à environ 55 %.

«Gentilly-2 a joué un rôle de premier ordre dans le réseau, avec sa puissance de 685 MW et un coût de production très bas à3 cents/kWh», fera-t-il remarquer.

Et cette source d'appoint serait d'autant plus appréciée en cette vague de froid.

«D'un côté, on dit de faire attention à notre consommation et de l'autre, on nous dit qu'on est en surplus», soulève-t-il comme contradiction.

D'ailleurs, le président de la CCICQ entend bien saisir l'occasion pour démontrer, aberrations à l'appui, que la décision gouvernementale n'est pas économique.

Citant le rapport d'Hydro-Québec, il se plaira à souligner que la centrale nucléaire est une source de puissance qui contribue à la stabilité dynamique du réseau en plus d'offrir une plus grande marge de manoeuvre pour son exploitation.

«Le rapport passe sous silence le fait que concrètement, Gentilly-2 contribuait à augmenter d'environ de 400 MW la capacité de transport du réseau 735 kV», poursuit-on dans le mémoire.

Et à cet égard, pour compenser la disparition de la centrale, il faudrait un investissement de 250 millions de dollars, estime la Chambre.

Par ailleurs, on ne manquera pas de signaler l'importance de la centrale pour le parc industriel et portuaire de Bécancour, au plan de la fiabilité d'alimentation énergétique.

En plus d'aborder les pertes encourues par Hydro-Québec sur les engagements contractuels liés à l'énergie éolienne, M. Girard parlera de cettecomparaison «farfelue» avec Fukushima et de la perte de 50 ans d'expertise de pointe et de haute technologie.

«Le gouvernement etHydro-Québec viennent de gaspiller un riche capital humain et scientifique», laissera-t-il entendre.

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