Un dossier qu'elle connaît bien, non seulement à titre d'ex-mairesse de Sainte-Sophie-de-Lévrard, ce qui l'a amenée à échanger souvent avec l'ex-maire Maurice Richard à la table sur la sécurité de la MRC de Bécancour, mais aussi parce qu'elle est la députée qui habite le plus près de cette centrale... oui, plus près que son collègue Donald Martel, du comté voisin.
La députée n'ira pas jusqu'à appuyer le président de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, Patrick Charlebois, qui réclame un fonds de près d'un milliard $, mais les 200 millions $ lui paraissent nettement insuffisants.
Elle a d'ailleurs eu une conversation téléphonique avec ce dernier, mercredi. Par politesse, Mme Roy entendra les gens qui se présenteront devant la commission parlementaire sur le déclassement de la centrale, avant de se prononcer. Mais elle reconnaît que l'offre doit être majorée.
«Quand je pense que la seule décision qui a touché la Mauricie à l'heure actuelle, c'est la fermeture de Gentilly-2. Comme ça! Je pense que ça été une décision précipitée. Comme députée de l'ADQ, je recevais pourtant des représentations d'Hydro-Québec pour s'assurer de la pérennité, de la sécurité, de la continuation de Gentilly-2 et là, arrive Pauline Marois au pouvoir et bang!, on ferme ça! En plus, le ministre responsable de la région est celui de l'Environnement! C'est antinomique.»
De passage à Trois-Rivières, mercredi, dans le cadre d'une tournée caquiste des députés parrains et marraines, Mme Roy en a profité pour rencontrer un organisme communautaire (Autonomie Jeunesse) qui éprouve des difficultés de financement. Elle accordait une entrevue au Nouvelliste, dans un café, avant de reprendre le chemin de sa circonscription.
À l'arrivée du média, la députée était en conversation téléphonique avec son chef, François Legault, qui lui confirmait ses nouvelles fonctions au sein de la formation caquiste. Une nouvelle qui, manifestement, lui faisait plaisir.
Délestée de la Sécurité publique, un dossier qu'assumera désormais seul le député Jacques Duchesneau, Mme Roy a demandé et obtenu les Affaires sociales, un secteur dont elle s'est beaucoup occupé à l'époque de ses débuts à l'Action démocratique du Québec. «J'ai fait mon bout en sécurité publique depuis 2003. Je veux être la voix des gens du secteur social. Je cherche d'autres batailles, dont celles des aînés et là, M. Legault vient de me le confirmer», raconte-t-elle tout sourire, en fermant son téléphone portable.
Contrairement à ce que des médias ont laissé entendre, Mme Roy assure très bien s'entendre avec Jacques Duchesneau. Loin de faire de l'ombre à celle qui a réclamé la première la commission Charbonneau, M. Duchesneau serait devenu un collègue très proche de Mme Roy. «On s'entend super bien. On avait convenu de façon non officielle qu'il s'occupait de criminalité et moi des victimes. Là c'est plus officiel.»
Pourquoi ce remaniement soudain au sein de la CAQ? «C'est pour réajuster les choses, simplement, répond la députée. Je ne trouvais pas normal que nous soyons deux personnes connues à ce dossier. Et il n'y avait pas assez de femmes à l'avant-plan. Je me trouve à délester un peu Hélène Daneault qui avait trop de responsabilités avec la Santé.
«Mais j'avais déjà Aînés et Jeunesse. J'aurais voulu en parler davantage lors de la dernière session mais avec une session de six semaines, un discours inaugural et un budget, sans compter les nombreux rebondissements avec les ministres et les nominations, c'était impossible d'amener d'autres enjeux. Il y avait ce qu'on appelle une opacité médiatique. Ce n'était pas le temps.»
Mme Roy dit s'intéresser à la condition générale des aînés et non seulement aux CHSLD. «C'est bien mourir dans la dignité, mais il faut, avant, vieillir dans la dignité», clame celle qui dit entreprendre le jour un d'un chantier sur les aînés. Elle sera d'ailleurs de retour en Mauricie pour discuter spécifiquement de cette question.