Gentilly-2: Hydro-Québec doit refaire ses devoirs

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Le permis d'exploitation de Gentilly-2 exigeait que la centrale soit mise à l'arrêt le 28 décembre prochain qu'il y ait fermeture ou non.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Hydro-Québec a été renvoyée à ses devoirs, il y a deux semaines. Le Plan de fin d'exploitation de la centrale nucléaire Gentilly-2 qu'elle a soumis à la Commission canadienne de sûreté nucléaire est incomplet. La CCSN a écrit le 30 novembre au chef de la centrale afin de lui faire part des lacunes qui devront être corrigées.

Non seulement le plan est-il incomplet, dit la CCSN, mais la société d'État n'a même pas encore corrigé certaines non-conformités à la centrale qui avaient pourtant été signalées par la CCSN lors d'inspections de chantiers antérieures. Hydro-Québec affirme avoir obtempéré, mais la CCSN n'est pas d'accord et lui demande d'ajouter ces travaux au plan de fin d'exploitation corrigé qu'elle lui demande.

La lettre, en provenance de la Direction de la réglementation des centrales nucléaires de la CCSN, dont Le Nouvelliste a obtenu copie, parle d'échéanciers proposés par Hydro-Québec jugés inacceptables, de délais nécessaires à l'obtention de certaines approbations qui ne sont pas pris en compte et d'informations manquantes.

Les lacunes touchent des sujets comme la radioprotection, la réparation du revêtement des piscines de stockage du combustible irradié, le drainage des systèmes, les moyens de rétention du personnel, le plan de surveillance radiologique, la gestion à long terme du tritium et de l'eau lourde, l'échéancier pour la disposition des déchets et les conséquences environnementales des activités de stabilisation à venir.

Rappelons que le permis d'exploitation de Gentilly-2 exigeait que la centrale soit mise à l'arrêt le 28 décembre prochain qu'il y ait fermeture ou non.

Hydro-Québec a décidé de recommander la fermeture de la centrale à son actionnaire, le gouvernement du Québec. Dans un document rédigé le 2 octobre dernier, dont Le Nouvelliste a aussi obtenu copie, Hydro explique que la fermeture n'a pas été empêchée parce qu'un «deuxième cycle de vie pour la centrale coûterait 6,3 milliards $ en plus des coûts d'opération.» Le projet «est devenu plus coûteux», précise le rapport.

Hydro-Québec, rappelons-le, avait annoncé la fermeture de la centrale en 2008. Il a fallu attendre l'élection du gouvernement péquiste, l'automne dernier, pour qu'une décision soit prise.

Le report du projet, selon le document, est dû aux «problèmes majeurs rencontrés par Énergie atomique du Canada Ltée (ÉACL) dans l'exécution des projets de réfection de centrales similaires» (au Nouveau-Brunswick et en Corée du Sud). La décision du gouvernement Harper de vendre ÉACL à SNC-Lavalin et la catastrophe de Fukushima sont aussi des raisons invoquées.

L'écart majeur entre les prix de la réfection, en 2008 et 2012, est notamment justifié par le report du projet, ainsi que l'augmentation du coût de la main-d'oeuvre, les exigences supplémentaires de la CCSN pour les qualifications environnementales et la sûreté ainsi que l'ajout d'activités conséquemment au rapport final de la CCSN sur Fukushima pour n'en citer que quelques-uns.

Si Hydro-Québec a penché en faveur de la fermeture de Gentilly-2, c'est que cette fermeture ne coûtera que 1,8 milliard $ sur 50 ans. «Cette fermeture à court terme conduit à de meilleurs résultats financiers pour Hydro-Québec dans le futur», explique la Société d'État dans son rapport d'octobre dernier. «La réfection amputerait les résultats annuels d'Hydro-Québec de 215 millions $ en 2017 et pour les années subséquentes», peut-on lire.

Hydro-Québec a pris en compte l'ensemble des coûts de fermeture de la centrale, incluant les coûts associés à l'évacuation du combustible irradié vers un lieu d'entreposage définitif, ainsi que les coûts de démantèlement de la centrale sur plusieurs décennies.

Même si l'arrêt du réacteur est prévu le 28 décembre, Hydro-Québec disposera de plusieurs mois pour répondre aux exigences édictées par la CCSN, soit d'ici juin à décembre 2013.

Dans un communiqué laconique émis hier, Hydro-Québec traite ces informations de «fausse nouvelle» et estime qu'elle est «en constante communication» avec la CCSN.

«Ces échanges en continu ont ainsi permis à Hydro-Québec de mettre à jour le plan de fermeture, conformément aux attentes de la CCSN.» Hydro-Québec se dit «très soucieuse de s'assurer de la conformité du plan de fermeture selon les exigences de la CCSN.»

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