«Un os qu'on lance à un chien féroce», dit Bachand

Le candidat au leadership du Parti libéral du... (Photo: Émilie O'Connor)

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Le candidat au leadership du Parti libéral du Québec, l'ex-ministre des Finances, Raymond Bachand, était de passage au Nouvelliste, hier, en compagnie de la députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, qui lui a donné son appui dans cette course.

Photo: Émilie O'Connor

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) De passage en Mauricie dans le cadre de la course au leadership du Parti libéral, l'ex-ministre des Finances Raymond Bachand, a comparé à «un os qu'on lance à un chien féroce pour dégager le passage» le fonds de diversification économique régional de 200 millions $ accordé par le Parti québécois à la région, en compensation à la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2.

Le candidat à la chefferie était au fait du réveil brutal de la région hier, après qu'elle ait appris que le fonds n'était pas constitué majoritairement de subventions mais surtout de prêts.

«Ça n'a aucun bon sens ce qu'on apprend ce matin (...) Investissement Québec est déjà là pour faire des prêts. Si c'est 200 millions $ pour ça, on n'en a pas besoin. La compréhension du citoyen moyen, c'est qu'il y a du capital de risque là-dedans, du capital patient et aussi des subventions. Si pour aller chercher un grand projet international qui crée 300 jobs, pour l'arracher à un autre pays du monde, tu mets un ou 25 millions $ de subvention, c'est pas un scandale. On parle de créer des emplois.»

L'ex-ministre des Finances voit là une autre illustration d'un parti qui s'est fait élire sous de fausses représentations et qui a pris des décisions idéologiques.

«Moi, suivez-moi dans cette campagne. Je vais dire la même chose à Chicoutimi et à Montréal. On a besoin au Québec de rassembler nos forces. On a besoin de régions en santé, d'une capitale nationale forte et d'une métropole en santé. Et chaque région a ses créneaux d'excellence dans lesquels elle doit consacrer ses efforts et sa recherche pour créer un centre mondial.»M. Bachand admet qu'en Mauricie, les créneaux traditionnels ont été fragilisés. Il estime qu'elle doit poursuivre sa diversification économique, investir dans le secteur forestier et sa reconversion tout en poursuivant ce qui a déjà été fait avec succès dans l'aéronautique.

Un nouveau PLQ?

Le candidat au leadership libéral sillonne actuellement le Québec pour rencontrer les militants, les anciens militants et ceux qui, à son avis, devraient le devenir. Environ 150 personnes s'étaient déplacées pour le rencontrer lundi soir à Trois-Rivières, alors qu'il était accompagné de la seule députée de la région qui lui accorde son appui, Danielle St-Amand.

«Je rencontre des gens dans les restaurants qui me disent qu'ils sont pour moi et qu'ils voteraient pour moi s'ils étaient membres du PLQ. Je leur réponds: 5 $, un soir, en février! C'est tout ce que ça prend pour être élu délégué» lance-t-il, fier de la formule.

Lorsqu'il parle du PLQ, Raymond Bachand parle d'un nouveau parti, un parti élargi et renouvelé, un lieu de débats où le droit de parole du député comme celui du militant retrouvent leur place. «Avec moi, les députés auront le droit de se contredire. J'aimerais que tout le parti soit comme notre commission jeunesse qui, elle, tient de vrais débats. Je veux qu'on redevienne un parti de débats. On ne l'est plus depuis 2-3 ans, il faut le reconnaître. Or, un parti, ce n'est pas une chapelle, c'est une coalition.»

Il souhaite aussi que les gens découvrent l'autre Raymond Bachand, celui qui s'intéresse aux arts, qui soutient l'économie sociale, qui connaît les groupes communautaires.

«Dans cette campagne, j'essaie de couvrir d'autres aspects que celui du ministre des Finances que connaissent les gens depuis 7 ans. Mon défi, c'est de me faire connaître, leur présenter le vrai Raymond Bachand.»

Or le «vrai Raymond Bachand» c'est aussi celui qui a fondé le Mouvement Souveraineté association à l'Université de Montréal, qui fut conseiller juridique en chef du Parti québécois, puis chef de cabinet de Pierre-Marc Johnson. «Je crois que bien des gens de la génération lévèquiste se reconnaissent en moi parce qu'ils ont fait le même cheminement depuis les années 70», confie-t-il.

Le Raymond Bachand inconnu, c'est aussi celui qui a cofondé Oxfam Québec, qui a parcouru le Québec pour développer Métro Richelieu, qui fut DG au Fonds de solidarité et de Sécor conseil, qui s'est impliqué dans le milieu communautaire avec le Défi sportif des athlètes handicapés. On ignore aussi souvent qu'il a présidé la Fondation intolérance contre l'intimidation et le taxage, participé à la création de la première politique culturelle de Montréal et siégé au conseil d'administration de l'usine C Carbone 14.

«Des choses que j'ai dû lâcher lorsque je me suis présenté en politique.»

Bref, Raymond Bachand a un petit côté givré, celui qu'il aime bien montrer lorsqu'il participe avec enthousiasme à l'émission L'antichambre sur RDS.

En même temps, il croit que son obsession pour l'emploi et l'économie est aussi un signe qu'il peut faire un bon premier ministre puisque c'est la clé de voûte de tous les programmes sociaux. «T'as beau avoir une passion pour tout le reste, si tu n'as pas d'argent... tu te retrouves comme en Grèce où tout doit être mis de côté.» Car, qu'on ne s'y trompe pas, pour Raymond Bachand, cette course est vraiment celle à la direction... du Québec. Et tant pis pour les sondages qui le placent deuxième, derrière Philippe Couillard.

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