Fonds de diversification: la confusion persiste

La confusion demeure entière en ce qui concerne... (Photo: Émilie O'Connor)

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La confusion demeure entière en ce qui concerne le fonds de diversification de 200 millions $ proposé par le gouvernement de Pauline Marois pour compenser la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2.

Photo: Émilie O'Connor

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(Trois-Rivières) Les réactions sont toujours virulentes dans la région concernant la forme que prendra l'aide provenant du fonds de diversification économique de 200 millions $ annoncé afin d'aider la région à se relever de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2.

Les propos de la ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique, Élaine Zakaïb, à l'effet qu'il est clair depuis le début que le fonds allait en majeure partie se concrétiser sous forme de prêts, de garanties de prêts et de participations dans des entreprises n'ont pas été bien accueillis par les députés de la région faisant partie de l'opposition. La députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand - qui a interpellé la ministre Zakaïb sur ce sujet lors de la période des questions d'hier - n'est notamment pas tendre à l'endroit du gouvernement. En réponse à sa question, la députée trifluvienne a appris de la bouche de la ministre que c'était de cette façon que fonctionne généralement un fonds de diversification.

«Finalement, il y a juste le Parti québécois qui comprend et les autres, on ne comprend rien. Ce qui est vraiment épouvantable, c'est qu'on dit aux employés de Gentilly-2 qu'on va les licencier, et qu'ils devront rembourser l'aide qu'on leur a promise pour les aider. Ça ne fait peut-être pas très longtemps que Mme Zakaïb est ministre, mais elle n'était pas obligée de venir annoncer 200 millions $. Ce qu'elle fait là, Investissement Québec le fait déjà. Est-on devenu la tête de Turc du PQ? Ils n'ont pas eu assez de nous couper nos jobs, en plus ils coupent le fonds qu'ils avaient annoncé. Ce sont encore des promesses brisées», lance la députée libérale, sur un ton qui laisse sous-entendre une certaine exaspération.

Bien qu'il soit un peu moins mordant dans ses propos que Mme St-Amand, le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, répète qu'il n'a jamais eu de doute dans son esprit sur le fait que l'aide financière provenant du fonds allait être versée sous forme de subventions.

«Quand le gouvernement a annoncé le fonds, il a dit que c'était un plus pour la région. Maintenant ce qu'il dit, c'est que nous allons devoir emprunter pour amortir le choc économique. Ce n'est pas un dossier que je vais lâcher. Je veux aller au fond des choses. Il va falloir qu'on m'explique comment ce levier-là va entraîner 1,2 milliard de dollars de retombées», laisse-t-il tomber.

Le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, Jean-Denis Girard, estime également qu'il n'était pas question de subventions lors de l'annonce du fonds le mois dernier par le ministre Zakaïb. Ayant fait des recherches sur le fonctionnement d'autres initiatives du genre, il se permet d'affirmer que le gouvernement n'avait pas complètement fait ses devoirs lorsqu'il a annoncé cette mesure.

«Quand tu crées un fonds comme ça, tu te prépares. Avant d'annoncer quelque chose, tu dis, en fonction de ce qui se passe, comment le tout va fonctionner. Mais étant donné que le gouvernement que nous avons au pouvoir présentement prend des décisions rapides, je pense qu'il n'a peut-être pas assez élaboré sur ce que sera ce fonds. Et c'est le pauvre comité formé qui doit administrer ce 200 millions $ qui est pris avec la patate chaude», indique M. Girard.

De plus, ce dernier considère que le gouvernement ne prend pas de grands risques en offrant des prêts remboursables sans intérêts, et ce, en raison du bas niveau actuel des taux d'intérêts.

Les critères pas encore arrêtés

Alors que l'un des coprésidents du comité mandaté pour administrer le fonds, Réjean Hardy, a clairement indiqué au Nouvelliste dans l'édition d'hier que les subventions ne constitueront qu'une minime partie de l'aide versée, la mairesse de Bécancour et membre dudit comité, Gaétane Désilets, indique que les paramètres dans le cadre desquels les 200 millions $ seront octroyés n'ont pas encore été déterminés. Les membres du comité se réuniront d'ailleurs ce vendredi et il est fort probable que cette question soit abordée lors de cette rencontre.

«Je fais partie du comité et je peux dire que les détails concrets du fonds n'ont pas encore été mis sur papier», assure-t-elle.

À titre de mairesse de Bécancour, elle se dit surprise des propos de M. Hardy et de ceux de la ministre Zakaïb lors de la période des questions hier,

«Je pensais que ça allait être des subventions en grande partie. Mais après avoir parlé avec les gens d'Asbestos qui m'ont dit que leur fonds à eux était composé à 100 % de prêts, j'ai commencé à m'interroger. Mais les détails du fonds n'ont pas encore été établis», répète-t-elle prudemment.

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