Une commission parlementaire... après la fermeture!

Une commission parlementaire sur Gentilly-2 se tiendra les... (Photo: Émilie O'Connor)

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Une commission parlementaire sur Gentilly-2 se tiendra les 29 et 30 janvier, soit après la fermeture de la centrale nucléaire.

Photo: Émilie O'Connor

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un nouveau rebondissement dans le dossier de Gentilly-2 alors qu'une commission parlementaire aura finalement lieu les 29 et 30 janvier 2013, soit après la fermeture de la centrale nucléaire. Et le libellé préparé lundi soir à Bécancour entre les représentants du gouvernement et les dirigeants des deux chambres de commerce de la région n'a pas été sans choquer la députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand.

«Il n'est pas nécessaire de venir chez nous en catimini à la tombée de la nuit pour rencontrer des intervenants en secret et bien à l'abri de la population et des médias. Nous savons vivre et il nous fait toujours plaisir d'accueillir les gens qui veulent travailler pour le bien de la population de la Mauricie et du Centre-du-Québec», a-t-elle lancé, hier, à l'Assemblée nationale.

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a expliqué les règles de ces deux jours de consultations particulières qui traiteront des impacts du déclassement de Gentilly-2 et du plan de diversification économique pour la Mauricie et le Centre-du-Québec. Un rapport devra être fait pour le 21 février 2013.

Hydro-Québec prendra30 minutes pour expliquer son rapport sur la réfection et les participants auront trois heures pour échanger sur le sujet. Autour de la table, on retrouvera des représentants des Villes de Bécancour et Trois-Rivières, de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, des chambres de commerce des deux rives, de la Conférence régionale des élus du Centre-du-Québec, des syndicats, du comité d'action stratégique et du mouvement Sortons le Québec du nucléaire.

Par ailleurs, ces mêmes participants, auxquels pourraient bien s'ajouter deux autres organismes, auront à tour de rôle 15 minutes pour exposer leur point de vue. Chaque présentation sera suivie d'une période d'échanges de45 minutes. Douze minutes sont prévues pour les remarques préliminaires et finales.

«J'ai toujours été ouverte à une commission parlementaire ou à tout autre forum», a affirmé la ministre Ouellet, tout en rappelant son contact avec la mairesse de Bécancour, Gaétane Désilets, le 3 octobre dernier, et sa rencontre avec la délégation régionale le 1er novembre dernier.

Au cours de ces «franches discussions», celle-ci a constamment rappelé que la décision de déclasser Gentilly-2 était prise et ferme. «Et dans un récent sondage, six personnes sur dix à Trois-Rivières trouvent que la fermeture est une bonne décision», s'est-elle plu à rapporter.

Digérant mal cette rencontre au sommet qui a eu lieu en soirée, lundi, à l'Auberge Godefroy, entre les dirigeants des chambres de commerce trifluvienne et centricoise, la ministre Martine Ouellet, le whip en chef Yves-François Blanchet, le député de Saint-Maurice, Luc Trudel, et le leader parlementaire du gouvernement, Stéphane Bédard, la députée St-Amand a soutenu que la ministre «continue de diviser pour mieux régner».

«On a perdu un temps précieux, après trois tentatives, car c'est légitime que les intervenants et les employés puissent obtenir des réponses à leurs questions», a commenté celle qui dénonce l'attitude «improvisée et cavalière» du gouvernement dans ce dossier.

Malgré tout, la députée de Trois-Rivières aura consenti à approuver la motion ministérielle, tout comme le député caquiste de Granby, François Bonnardel, qui, dit-il, aura été le premier à demander une commission parlementaire.

«On aurait pu s'asseoir et l'avoir avant la fin de l'année 2012», a-t-il lancé, ne prisant guère cette réunion en soirée, à l'abri des deux partis d'opposition. Ayant aussi accordé son consentement, le député de Québec solidaire dans Mercier, Amir Khadir, a indiqué que le «gouvernement a fait le bon choix» en décidant de mettre fin au nucléaire.

Les chambres crient victoire

Impliquées activement dans tout le débat entourant Gentilly-2, les chambres de commerce de Trois-Rivières et du Coeur-du-Québec se réjouissent de cette motion déposée à l'Assemblée nationale, d'autant plus qu'elle a été concoctée avec les acteurs clés du gouvernement Marois.

«C'est une victoire pour le Québec qui pourra savoir comment les décisions d'ordre économique se prennent à Hydro-Québec», a affirmé le président trifluvien, Patrick Charlebois.

Et même si l'exercice aura lieu après la date butoir de la fermeture de la centrale nucléaire, son homologue de la rive sud, Jean-Denis Girard, croit «qu'ils ne pourront pas faire grand-chose d'irréversible à court terme».

Les démarches des deux hommes auront mené à cette proposition ministérielle d'une rencontre à Bécancour lundi soir. Celle-ci aura duré près de deux heures après avoir débuté à 20 h et ce, en présence des directrices générales des chambres.

Appelé à réagir à la déclaration de Danielle St-Amand qui a parlé d'une visite en catimini, M. Charlebois s'est contenté de dire que «ce sont des propos qui appartiennent à la députée». «L'important, c'est le résultat», a-t-il ajouté tout en se montrant reconnaissant de son travail et de celui du député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.

Alors que des forums organisés en région par Hydro-Québec ne sont pas écartés en parallèle, le duo travaillera aux préparatifs de leur passage en commission parlementaire.

Si M. Girard a comparé le tout à une autopsie nécessaire «pour faire son deuil», la mairesse de Bécancour, Gaétane Désilets, ose même espérer qu'on puisse revenir en arrière. «Tout est permis, on va pouvoir avoir nos réponses», a-t-elle conclu.

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