Impasse autour d'une commission parlementaire sur Gentilly-2

La députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, a interpellé... (Photo: La Presse Canadienne)

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La députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, a interpellé le gouvernement Marois sur la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2.

Photo: La Presse Canadienne

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si la fermeture de Gentilly-2 a créé une onde de choc en Mauricie-Centre-du-Québec, la secousse s'est transportée à l'Assemblée nationale alors que les partis ne peuvent s'entendre sur la nature d'une éventuelle commission parlementaire.

Pour sa part, la ministre Ouellet proposait une consultation particulière à l'Assemblée nationale sur les impacts reliés au déclassement et le plan de diversification.

Préalablement aux dépôts de motions sans préavis, les deux femmes avaient croisé le fer lors de la toute première période de questions de la 40e législature.

«Au premier jour de son mandat, sans avoir rencontré ni les élus ni les représentants des employés ou les intervenants concernés, c'est de façon improvisée et cavalière que le gouvernement du Parti québécois a annoncé la fermeture de la centrale Gentilly-2. Rapidement, la première ministre a pris l'avion pour Paris, laissant chez nous 800 familles, des milliers de personnes dans l'insécurité et l'incertitude», a déploré Mme St-Amand.

Celle-ci a rappelé que la ministre des Ressources naturelles n'avait pas daigné appeler ou rencontrer «les gens de chez nous». «Encore une fois, elle a démontré sa froideur légendaire», a-t-elle ajouté.

Selon la députée libérale, la ministre a des responsabilités, «et c'est inquiétant de voir qu'elle utilise le Parlement pour servir ses propres idéologies alors qu'elle devrait être au service des citoyens».

Or, la ministre Ouellet a voulu rétablir les faits en soulignant qu'elle avait appelé la mairesse de Bécancour le jour même où le rapport d'Hydro-Québec était rendu public.

«Concernant le dossier du déclassement et du démantèlement de la centrale nucléaire de Gentilly, le gouvernement a pris une sage décision économique. Le rapport d'Hydro-Québec a confirmé l'augmentation très importante des coûts de la réfection de la centrale nucléaire liée surtout aux problèmes de la centrale nucléaire jumelle Point Lepreau et au report de deux ans du projet. Il est très clair qu'avec les nouveaux coûts de réfection de 6,3 milliards, dont 4,3 milliards pour la réfection elle-même, le projet n'est plus rentable sur une base économique», a-t-elle affirmé.

En réplique, Danielle St-Amand n'a pas manqué d'évoquer la perte de 800 emplois de haute technologie et de 2400 emplois indirects avec la fermeture de Gentilly-2, soit «l'équivalent d'une perte de 60 000 emplois dans la région de Montréal».

«C'est 130 millions, un trou dans notre économie, chez nous. C'est majeur. Et la ministre a dit qu'elle avait pris sa décision en 2009 sur la base d'un pressentiment. C'est une décision qui est radicale et on ne peut pas faire ça de façon improvisée», a-t-elle poursuivi.

La ministre Ouellet lui a répondu que la décision est documentée. «Elle pourrait poser des questions à ses collègues, on savait très bien qu'il y avait des dépassements de coûts très importants. Et on l'a appris en période de crédits», a-t-elle déclaré.

«Je suis contente de l'entendre dire qu'elle était au courant parce que la semaine dernière, elle disait, dans les médias, qu'elle ne savait pas qu'il y avait des dépenses d'engendrées», a rétorqué Mme St-Amand qui voulait aussi s'assurer qu'aucune intervention irréversible ne soit faite à la centrale, le temps de tenir une commission parlementaire.

Au terme d'une rencontre avec les présidents de chambres de commerce et des retraités de Gentilly-2, la députée de Vachon a réitéré la décision de son gouvernement de fermer la centrale.

Mais quant à l'impasse sur la nature de la commission parlementaire, «il faut qu'on puisse travailler ensemble et c'est ce qu'on va tenter de faire».

«Il y a une guerre politique, mais on a une belle ouverture pour pouvoir contester le contenu du rapport en commission parlementaire», a fait savoir le président de la Chambre centricoise, Jean-Denis Girard. «Il y a une volonté de créer ce forum-là», a conclu son homologue trifluvien, Patrick Charlebois.

Sondage

Alors que l'avenir de la centrale continue de faire jaser à l'Assemblée nationale, un sondage Léger Marketing TVA Trois-Rivières indique que 62 % des Trifluviens considèrent que la fermeture de Gentilly-2 serait une bonne chose, contre 26 % qui croient que ça en serait une mauvaise et 12 % qui ne savent pas.

Ce sondage a été effectué auprès de 500 personnes inscrites au panel Internet de Léger Marketing. En avril dernier, une enquête effectuée par Segma Recherche pour le compte du Nouvelliste et d'Info Astral indiquait plutôt que 56 % d'un échantillon composé de résidents de Trois-Rivières, Bécancour et Champlain s'opposaient à la fermeture.

Avec la collaboration de Mathieu Lamothe

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