Fonds de 200 millions$: Zakaïb n'anticipe pas de guerre de clochers

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Élaine Zakaïb

Photo: Stéphane Lessard

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Avec les maires de Shawinigan et de Drummondville qui tirent déjà sur la couverture et d'autres intervenants qui trouvent l'enveloppe insuffisante, le fonds de diversification économique de 200 millions de dollars annoncé par le nouveau gouvernement péquiste pour contrebalancer l'effet de la fermeture de Gentilly-2 connaît des débuts plutôt controversés.

Hier à Shawinigan, la ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, Élaine Zakaïb, a dû répondre à plusieurs questions de la presse régionale sur les tiraillements que provoque déjà cette enveloppe et sur la composition du comité de gestion de ce fonds, annoncé vendredi.

«Nous allons commencer par savoir où étaient les retombées économiques de Gentilly-2», explique la ministre, au sujet des attentes des maires.

«Si le groupe en vient à la conclusion qu'il y avait des retombées économiques à Drummondville, ce sera possible d'avoir des projets qui auront des retombées à cet endroit. Cet argent servira à annihiler le déficit de retombées économiques que nous créons en déclassant la centrale.»

Plus précisément, Mme Zakaïb a demandé un bilan intérimaire sur cette répartition des impacts économiques de Gentilly-2 en janvier et un rapport final en mars.

Au sujet de la formation du comité, Mme Zakaïb ne se formalise guère des critiques qui ont été formulées jusqu'à maintenant.

«Quand il y a un nombre restreint de personnes choisies, il y a toujours des exclus», fait-elle remarquer. «Nous avons fait la meilleure représentativité possible en allant chercher de grandes compétences. Nous avons aussi regardé où il pouvait y avoir un déficit de retombées économiques. Nous avons essayé d'avoir des gens qui représentent ces régions. Mais je compte sur eux pour ne pas être partisans. Je pense que nous avons choisi des gens qui travailleront dans le meilleur intérêt de la région et qui ne tenteront pas de tirer la couverte de leur bord, selon le côté du fleuve où ils habitent.»

Le député de Saint-Maurice, Luc Trudel, s'est permis une petite incursion en réitérant son message d'unité autour d'une cause commune, celle de la diversification économique régionale.

«Il faut arrêter de voir les limites et voir plutôt les intérêts convergents entre les territoires», suggère-t-il. «Quand une entreprise s'installe à un endroit, les travailleurs sont répartis partout. La région doit passer à une autre étape, plutôt que de se chicaner et que chacun tire sur son bord.»

Au cours de son passage à Shawinigan, Mme Zakaïb a joué sur les deux interprétations du fonds, le définissant tantôt comme mesure compensatoire pour Gentilly-2 et tantôt comme outil de diversification économique. Pour elle, les deux missions sont liées. «C'est un fonds de diversification pour stimuler l'économie et remplacer l'activité de Gentilly-2», estime-t-elle.

Devant une centaine de participants au dîner-conférence de la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan à l'Auberge Gouverneur, Mme Zakaïb a exposé ses orientations en développement économique régional. À la période de questions, personne n'a abordé le sujet de ce fonds de 200 millions $. «Nous avions pas mal déjà dit tout ce que nous pouvions là-dessus», fait-elle remarquer. «Je crois que les entrepreneurs ont hâte que cet argent soit disponible, mais il faut attendre que le comité soit prêt à recevoir les projets.»

Impossible de savoir, pour le moment, quel type de financement sera offert par ce fonds.

«Tout est ouvert», lance-t-elle. «L'outil financier utilisé dépend souvent de la capitalisation de l'entreprise dans laquelle on investit. J'espère que tous les projets intéressants recevront du capital, peu importe l'outil financier que ça prendra.»

Des redevances?

Mme Zakaïb a également été invitée à s'exprimer sur l'opportunité de verser des redevances à certaines villes de la Mauricie, dont Shawinigan, pour l'exploitation des centrales d'Hydro-Québec sur la rivière Saint-Maurice. Un vieux débat qui refait parfois surface dans l'actualité, selon l'intérêt des politiciens en place.

M. Trudel en avait visiblement soufflé quelques mots à sa collègue, mais cette dernière n'a pas voulu trop s'avancer pour le moment.

«Présentement, on concentre nos efforts sur le fonds de diversification économique», s'esquive-t-elle. «L'ensemble des régions du Québec ont des demandes et nous devrons les regarder. Quand vous entendrez parler de la Banque de développement économique, ça va répondre à plusieurs interrogations des régions parce que nous décentraliserons les décisions.»

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