Fonds de 200 millions $: Drummondville veut aussi sa part

Le fonds de 200 millions de dollars rattaché... (Photo: Émilie O'Connor)

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Le fonds de 200 millions de dollars rattaché à la fermeture de Gentilly-2 divise déjà dans la région.

Photo: Émilie O'Connor

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Drummondville) Les coprésidents viennent à peine de commencer à discuter, hier, des critères de financement que déjà, le fonds de 200 millions de dollars rattaché à la fermeture de Gentilly-2 divise dans la région. En effet, non seulement la présence de Shawinigan au sein du comité de diversification économique fait-elle sourciller, mais la Ville de Drummondville veut avoir sa part du gâteau.

«Le Centre-du-Québec, ce n'est pas seulement Bécancour. Je suis d'accord que Gentilly aille chercher sa part de retombées, mais il faut tenir compte du dossier dans son ensemble», a indiqué au Nouvelliste la mairesse Francine Ruest-Jutras.

Selon elle, il serait logique que Drummondville bénéficie d'une partie de cette enveloppe à partir du moment où «c'est un fonds régional Mauricie-Centre-du-Québec».

«On ne peut pas concentrer les sommes sur une partie du territoire. On doit tenir compte de la globalité du territoire. Et la mission première du comité mis en place, c'est justement de définir les impacts économiques sur le territoire des deux côtés du fleuve», a-t-elle ajouté.

Soulignant que «Trois-Rivières fait valoir ses prétentions», celle-ci fait remarquer que Shawinigan est représenté au sein du comité de diversification économique «alors qu'il n'y a personne au sud de Bécancour» qui en fasse partie.

«J'ai fait valoir qu'il y a des MRC au sud qui peuvent être touchées et il faut en tenir compte», affirme la mairesse Ruest-Jutras sur un ton sans équivoque.

Pour sa part, le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec (CCICQ), Jean-Denis Girard, dit souhaiter que Nancy Déziel siège au sein du comité de diversification économique «pour ses compétences et non en raison de son poste de présidente de la Chambre de commerce de Shawinigan».

«Je crains la politique dans ça. Tout le monde court après (le fonds), les discours changent. Et dans le passé, les députés au pouvoir ont favorisé leur comté», confie-t-il par rapport à l'influence potentielle du député péquiste Luc Trudel pour les dossiers de Shawinigan.

Écarté du comité «parce qu'on s'est tiré dans le pied en faisant beaucoup de pressions», le président de la CCICQ reconnaît que Maurice Richard et Jean-Guy Paré ont une bonne connaissance de la région et que «90 % du fonds sera destiné à la MRC de Bécancour et Trois-Rivières selon ce qui a été annoncé».

«Notre région est un peu boudée par les gens du PQ, mais M. Blanchet est prêt à nous rencontrer», a-t-il fait savoir.

De son côté, la mairesse de Bécancour, Gaétane Désilets, rappelle que «la centrale est quand même chez nous» par rapport aux attentes envers les 200 millions $. «Je suis pour le développement des villes et des régions. Mais on est plus touché. Mme Zakaïb a bien expliqué que le fonds est relié beaucoup à ceux qui sont proches. Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a reçu 1,2 million pour la Belgo, nous, zéro pour Norsk Hydro», a-t-elle tenu à souligner.

Lors de la rencontre de vendredi dernier, «il y avait Bécancour, Trois-Rivières et l'ajout de Mme Déziel», raconte Mme Désilets. «J'imagine que le comité du Fonds va se faire des critères. Il faut regarder les critères et se parler. Et les projets seront sous l'analyse d'Investissement Québec», a-t-elle renchéri.

Participant hier à une première rencontre de travail avec son coprésident du comité de diversification économique, Réjean Hardy, et des fonctionnaires, Jean-Guy Paré parle déjà des «MRC de Bécancour et de Francheville (lire Trois-Rivières)» comme cibles pour le fonds de 200 millions de dollars.

«Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura rien à Nicolet, Drummondville et Shawinigan. Ce ne sera pas restrictif», a précisé le président du CLD de la MRC de Bécancour qui amorce une tournée de son territoire pour connaître les projets dans des secteurs aussi variés que le tourisme, le manufacturier, l'agro-alimentaire et l'économie sociale.

En matinée, sous son chapeau de maire de Saint-Pierre-les-Becquets, M. Paré a assisté à une rencontre entre la ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, Élaine Zakaïb, à Drummondville, et l'ensemble des maires et préfets du Centre-du-Québec. Entre autres, il fut question de cette Banque de développement et de l'implication des gens d'affaires dans l'effort gouvernemental de régionalisation.

Délégué par son maire Alain Drouin, le conseiller municipal de Nicolet, Stéphane Biron, a apprécié la vision de la ministre, particulièrement en économie sociale.

Et comment se positionne Nicolet par rapport au fonds de 200 millions de dollars? «J'espère que les deux MRC (Bécancour et Nicolet-Yamaska) vont être considérées», a-t-il avoué, faisant référence au Centre d'innovation en transformation agroalimentaire de Nicolet et au projet d'usine de gazéification de déchets de la Régie intermunicipale de gestion intégrée des déchets Bécancour-Nicolet-Yamaska dont il est d'ailleurs le président.

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