C'est sur la page Facebook de l'événement que les pro et antinucléaires s'opposent depuis quelques jours. Chacun y va de commentaires défendant son point de vue.
Les gens affectés par la fermeture de la centrale ont l'impression qu'avec ce rassemblement, les antinucléaires retournent le couteau dans la plaie.
«Oubliez-vous qu' il y a plus de 800 personnes qui sont vos amis, voisins, connaissances qui vont souffrir d'une perte d'emploi! Ce sont eux que vous blessez en affichant cette fête!», peut-on lire sur cette page Facebook. «Gang d'arrogants! Vous avez gagné! On va fermer! Qu'est-ce que vous voulez de plus?» demande un travailleur.
Pour les organisateurs, cette activité est loin d'être un pied de nez aux travailleurs. Ils disent d'ailleurs comprendre leur détresse. «On n'a absolument rien contre eux. Le fait qu'ils perdent leur travail, ça nous touche. On fête une victoire pour la santé, pour l'environnement. On ne fête pas les pertes d'emplois», assure Monique Meunier, une des porte-parole des Centricois(es) et Mauricien(nes) pour le déclassement nucléaire.
Même si des travailleurs le voient comme une pure provocation, le mouvement n'a pas du tout l'intention de reporter ce 5 à 7. «On arrive à la consécration de 4 années de lutte citoyenne. Il me semble qu'il y a là une victoire à fêter», affirme Mme Meunier. «Quand les travailleurs ont fait leur marche à Bécancour, je n'ai pas estimé que c'était un pied de nez (aux partisans du déclassement). Chacun y va pour ce qu'ils croient être juste. Pour nous, c'est une sorte d'accouchement. Il n'a pas été sans douleur. Si on ne fête pas la naissance de quelque chose quand elle survient, quand doit-on le faire? On ne peut pas la rapporter dans trois, quatre ou cinq mois. Ça n'a pas de sens.»
Des défenseurs de Gentilly-2 ont écrit sur Facebook qu'ils avaient l'intention de se rendre à cette fête et ils n'y vont vraisemblablement pas pour trinquer. Les organisateurs ne craignent-ils pas que ce rassemblement tourne en brasse-camarade? «La police de Trois-Rivières et la Sûreté du Québec sont au courant», affirme Mme Meunier. Malgré tout, elle croit que tout va bien se dérouler.
Quant à la mairesse de Bécancour, Gaétane Désilets, elle n'était pas au courant de cette fête. «Ils sont libres de faire ce qu'ils veulent, mais c'est particulier qu'ils le fassent à ce moment-ci.»
Une centaine de personnes sont attendues. L'activité réunira plusieurs militants de longue date en faveur de la fermeture de la centrale dont, entre autres, Michel Fugère (Mouvement Vert Mauricie), Éric Ruel (co-réalisateur de Gentilly or not to be), Eric Notebaert (médecin urgentologue), Christian Simard (Nature Québec), et Michel Duguay (Mouvement sortons le nucléaire du Québec).
Les personnes intéressées sont attendues à 17 h au Nord-Ouest café et un «cortège joyeux» en appui à la décision du gouvernement se mettra en branle dès 19 h 30 pour se rendre jusqu'au parc Champlain.
Avec la collaboration de Vincent Gauthier