À son avis, la fermeture de la centrale peut être «une extraordinaire opportunité» pour la région et le Québec de se positionner dans les enjeux énergétiques du 21e siècle, «ayant cette capacité de diversifier nos sources de production d'énergie électrique». D'où la pertinence d'une commission parlementaire «pour réfléchir ensemble».
Ce qui ne l'empêche pas d'être déçu de la façon dont les choses se sont faites et d'avoir une pensée prioritaire envers «les hommes et les femmes qui travaillent à la centrale de Gentilly». «Ce sont des personnes et des familles qui vivent du stress. C'est une période difficile», confie le premier magistrat.
Celui-ci affirme que «personne ne se désole sur le fait qu'on ne produise plus de l'électricité avec l'énergie nucléaire». «Ce qui me désole, c'est la perte d'emplois et l'impact économique», a-t-il ajouté. En d'autres mots, il considère que la région est perdante avec la fermeture de la centrale. «Pour l'emploi et l'économie, ce n'est pas une bonne nouvelle. Pour la filière énergétique, c'est une bonne nouvelle », renchérit le maire Drouin qui ne participerait pas à une marche pour sauver la centrale.
Quant à la tenue d'une commission parlementaire «suggérée en premier» par son ancien directeur général à la MRC de Nicolet- Yamaska, devenu député caquiste, Donald Martel, il y voit une façon, «un instrument qui pourrait permettre à la région de manifester par rapport à la production de l'énergie nucléaire».
Et le fonds compensatoire de 200 millions de dollars? «C'est important qu'il soit là. Peut-il compenser? Non. Aurions-nous pu avoir plus? Oui. Nos villes et nos MRC devraient être proches du fonds de développement économique », croit-il.
Moins ambivalent dans son analyse, le maire de Champlain, Raymond Beaudry, s'est dit satisfait par la décision du gouvernement Marois de fermer cette centrale nucléaire qui se retrouve en face, de l'autre côté du fleuve. «Mais aussi, j'ai été surpris que ce soit annoncé aussi rapidement», admet-il.
«Lors de mon porte-à-porte, les citoyens véhiculaient cette préoccupation », raconte celui qui est en poste depuis avril seulement. La Municipalité avait même adopté une résolution en faveur de la fermeture de Gentilly-2, la population se disant inquiète par rapport à la sécurité environnementale et au risque sur la santé.
«Je comprends les autres au point de vue économique. Mais nous avons des pilules d'iode dans nos maisons. Dans les choses de la vie qui sont essentielles, on est prêt à prendre des petits risques, mais la centrale nucléaire n'est pas essentielle en raison des surplus d'électricité», plaide le premier magistrat qui est un partisan de la diversification économique.
Finalement, le maire de Saint- Pierre-les-Becquets, Jean-Guy Paré, se dit à l'aise avec le choix énergétique et économique du gouvernement Marois de laisser tomber la filière nucléaire.
«Je reconnais qu'il y a des impacts, mais ce ne sont pas tous les emplois qui seront perdus demain matin et les employés permanents d'Hydro-Québec auront toujours leur lien d'emploi», conclut celui qui se dit conscient des effets de l'annonce sur les sous-traitants et les municipalités.
Une table d'experts
Par ailleurs, les Chambres de commerce et d'industrie de Trois- Rivières et du Coeur-du-Québec poursuivent leur mobilisation et présenteront une table d'experts, ouverte à la population, mercredi prochain à Bécancour.
Divers aspects seront abordés lors de cette rencontre par les différents experts présents. Parmi ceux-ci, Guy Marleau, professeur au département de génie physique de la Polytechnique de Montréal, discutera de recherche, développement et innovation dans les secteurs de haute technologie, Michel Saint-Denis, de la Société nucléaire canadienne, abordera la sûreté et fiabilité de l'exploitation, tandis que le professeur Claude Barbeau, de l'Université Laval, se penchera sur la question de la radioprotection et la radioécologie.
Quant aux sujets de déclassement, autorisations gouvernementales et disposition ultime des combustibles ainsi que le soutien technique, ils seront traités par Michel Rhéaume, directeur de projets chez ISR inc/RHEM, et Paul Lafrenière. L'événement se déroulera à compter de 19 h au Mont-Bénilde, sur l'avenue des Pensées, dans le secteur Sainte-Angèle-de-Laval à Bécancour.