La multinationale déplore que la décision du gouvernement provincial a été faite avant que toutes les options soient considérées et met du même coup en garde la première ministre Pauline Marois contre la précipitation dans ce dossier.
Pour le vice-président exécutif de la compagnie, Patrick Lamarre, il ne fait aucun doute que l'expérience de son entreprise dans la réfection d'équipements semblables permettrait de réduire le total de la facture. «On va être rendu à six, sept (projets de réfection du genre)», plaide-t-il.
Rappelons que la société d'État a appuyé la décision du gouvernement Marois de favoriser un déclassement à 1,8 milliard $, sur une période de 50 ans.
Pour l'instant, M. Lamarre n'avance pas de montant précis pour son projet de réfection, pas plus qu'il ne conteste ouvertement les chiffres avancés par Hydro-Québec. Il souhaite seulement obtenir les données d'Hydro-Québec et «travailler avec le gouvernement» pour prendre en compte les hypothèses et les chantiers les plus récents, «pour voir s'il n'y a pas une occasion de revoir cet estimé».
Dans une autre option suggérée par SNC Lavalin, on propose aussi d'opérer la centrale, voire même procéder à son déclassement, par l'entremise de sa filière Candu Énergie qui a notamment construit les réacteurs nucléaires de Gentilly-2. Le contrat fonctionnerait avec un bail de location, un scénario existe déjà en Ontario, aux États-Unis et en France.
Lévesque appuie l'idée
Piqué au vif par l'annonce de la fermeture de la centrale nucléaire, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, voit d'un très bon oeil l'idée de SNC-Lavalin et encourage le gouvernement provincial à envisager cette option.
«Ça prouve peut-être qu'on avait raison. Si ce n'est pas bon pour le gouvernement du Québec et qu'il y a quelqu'un au privé qui est prêt à prendre en charge tout ça, il faut se questionner encore plus. C'est une option qu'il faut regarder et le gouvernement ne peut pas balayer ça du revers de la main. C'est pour ça que ça prend une commission parlementaire», lance-t-il, sans vouloir abandonner le morceau. «Il n'est jamais trop tard», ajoute le premier magistrat.
D'autre part, de l'opposition à une telle idée se fait également sentir. Le regroupement Nature Québec, qui fait partie du mouvement Sortons le Québec du nucléaire, se moque de la proposition de la firme de génie-conseil et invite Pauline Marois à conserver son plan de mettre en arrêt à la centrale à compter du 28 décembre prochain.
«Alors que même la production électrique au gaz s'avère extrêmement coûteuse pour Hydro-Québec, qu'en serait-il d'une production nucléaire sous bail? C'est un marché de dupes que propose aux Québécois la filiale SNC-Lavalin», mentionne Christian Simard, de Nature Québec.