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Un militant antinucléaire meurt deux jours avant l'annonce de la fermeture de Gentilly-2

Marcel Jetté a été un des piliers du...

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Marcel Jetté a été un des piliers du milieu antinucléaire.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Marcel Jetté avait assisté à la première du film Gentilly or not to be. Il avait même pris le micro après la présentation.

C'était le 10 septembre dernier.

Le 17 septembre, Marcel Jetté a rendu l'âme à la maison, paisiblement, près des siens.

Parmi les groupes antinucléaires du Québec qui ont lutté pour obtenir la fermeture de la centrale nucléaire de Bécancour, c'est la consternation.

Marcel Jetté, président du Regroupement des travailleurs accidentés du nucléaire, était considéré comme un des piliers de la lutte antinucléaire au Québec.

Deux jours après son décès, la première ministre Pauline Marois annonçait la fermeture de Gentilly-2.

Marcel Jetté n'aura pas vécu assez longtemps pour savourer ce moment qu'il attendait depuis des années.

«Son rôle fut excessivement important», raconte Michel Fugère du Mouvement Vert de la Mauricie et membre du Mouvement Sortons le Québec du nucléaire.

Marcel Jetté était atteint d'un cancer incurable qu'il dit avoir développé après avoir travaillé à l'ancienne centrale Gentilly-1. Ce sera la coeur et non le cancer, qui lui prendra sa vie, finalement, raconte son ami et collègue.

Au cours d'un témoignage qu'il avait livré lors d'audiences publiques sur l'eau, en 1999, Marcel Jetté avait affirmé que plusieurs personnes étaient décédées d'un cancer après avoir travaillé à Gentilly-1.

Sa demande d'indemnisation avait été refusée par la CSST, toutefois, malgré plusieurs demandes de révision.

«Une des grandes contributions qu'il a faites pour nous, ça a été de nous faire prendre conscience qu'au-delà des risques sismiques, terroristes ou autres reliés à la centrale Gentilly-2, il y avait une évidence, reconnue par Hydro-Québec elle-même, qui démontrait que, quotidiennement, la centrale émettait dans l'environnement des radionucléides. Je travaille presque tous les jours avec ces documents-là», signale M. Fugère.

«Marcel Jetté associait son cancer directement aux travaux qu'il avait eu à effectuer sur les réacteurs nucléaires», raconte M. Fugère. Il avait travaillé sur des réacteurs CANDU à l'extérieur du pays, «entre autre en Argentine», dit-il. «Il a eu à travailler sur les coeurs de réacteurs et il n'avait pas été informé de façon pertinente, par les promoteurs, des risques qu'il encourait lorsqu'il allait là», dit-il.

«Quand il a eu son diagnostic de cancer, Marcel a fait des démarches pour aller vers la CSST pour s'assurer que les travailleurs qui vivent cette situation-là soient indemnisés par les promoteurs. Il est allé lui même défendre sa cause à la CSST. Il ne la défendait pas que pour lui, mais pour tous les autres travailleurs qui ont été victimes de cela», raconte M. Fugère.

Vingt-quatre militants du mouvement antinucléaire au Québec ont récemment acheminé une série de témoignages aux médias en mémoire de M. Jetté, témoignages qui ont aussi été remis à la famille de ce dernier.

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