Gentilly-2: une bataille de pétitions

La centrale Gentilly-2... (Photo: François Gervais)

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La centrale Gentilly-2

Photo: François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) En date de mercredi, Marie-Christine Huppé avait déjà récolté quelque 2000 signatures et les choses vont si bien qu'elle a maintenant espoir de faire remplir 2000 autres feuilles pouvant contenir chacune 10 signatures en faveur du maintien des activités à Gentilly-2. Pendant ce temps, les groupes antinucléaires auraient déjà amassé, de leur côté, 32 296 signatures de citoyens qui souhaitent la fermeture de la centrale nucléaire.

Depuis novembre 2009, sept pétitions successives ont en effet été déposées à l'Assemblée nationale pour demander la fermeture de Gentilly-2 pour un total de 29 746 signatures, signale Philippe Giroul, secrétaire du Mouvement Sortons le Québec du nucléaire.

Depuis la parution du film Gentilly or not to be, le 10 septembre dernier, la pétition initiée en 2010 sur le site du MSQN a pris de la vigueur, dit-il. On comptait 2200 signatures avant la parution du documentaire et 350 se sont ajoutées depuis.

Cette pétition est toujours en cours.

Une autre ronde de signatures a été initiée, le 24 septembre dernier, sur le site de pétitions en ligne AVAAZ.com. Intitulée «Pour la fermeture définitive de la centrale nucléaire Gentilly-2», cette pétition a dépassé les 1000 signatures en 24 heures, signale M. Giroul qui ne pouvait toutefois pas préciser qui en était l'initiateur, mais soupçonne un réseau Facebook d'y être pour beaucoup.

Mercredi, à 14 h 15, on en comptait déjà 2226. Toutefois, les signatures se succédaient à une allure tellement rapide sur ce site que Le Nouvelliste a voulu savoir s'il était facile d'y mettre de fausses signatures.

Or, comme a pu le tester à quatre reprises l'auteure de ces lignes, il était possible d'inscrire n'importe quel nom et de s'identifier avec des adresses courriels complètement inventées pour signer autant de fois qu'on le désirait.

M. Giroul, dans son document d'hier, ne tenait toutefois pas compte du nombre de «signatures» récoltées par ce site.

Il rappelle toutefois qu'une résolution municipale initiée par le maire d'Amqui, en 2010, intitulée «Le sort du nucléaire: un choix de société», a été adoptée par plus de 340 municipalités. Cette résolution a été déposée à l'Assemblée nationale en 2011.

Il cite aussi un sondage La Presse tenu le 21 septembre dernier demandant aux lecteurs s'ils étaient d'accord avec la décision de Pauline Marois de décréter la fermeture de Gentilly-2. Sur 18 600 votes, 64 % ont répondu oui, 25 % non et 7 % ont répondu «ne sais pas».

Philippe Giroul estime donc que «le gouvernement a l'appui très majoritaire de la population pour son projet de démantèlement/déclassement de Gentilly-2.»

M. Giroul ne fait toutefois pas allusion, dans son communiqué, au sondage Segma Recherche-Le Nouvelliste-Info Astral réalisé en avril 2011 selon lequel la majorité de la population de la région voisine de la centrale souhaite que Gentilly-2 demeure en opération. Ce sondage, réalisé auprès de 550 personnes, dévoilait que 56 % des répondants s'opposent à la fermeture.

Greenpeace avait aussi commandé un sondage Léger Marketing, en mars dernier, selon lequel 53 % des Québécois étaient d'avis, cette fois, que la centrale devrait être fermée.

Le président de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, Patrick Charlebois, estime que ce bilan dressé hier par M. Giroul est «du bébé-la-la» et équivaut à dire: «Mon père est plus fort que le tien.»

«Nous, ça fait quatre jours que la pétition est démarrée (en faveur de G-2) tandis qu'eux, ça fait des années. Nous sommes des bénévoles et nous ne sommes pas aussi organisés qu'eux», fait-il valoir. Le mouvement de résistance régional à la fermeture de G-2 entend se servir lui aussi du site web de l'Assemblée nationale pour poursuivre sa pétition, mais ce site n'est pas encore disponible pour l'instant, signale M. Charlebois.

Jean-Denis Girard, président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec estime que parmi les sept pétitions déposées à l'Assemblée nationale par le MSQN, plusieurs noms doivent se répéter à chaque fois, ce qui change le bilan final du nombre réel de signatures, estime-t-il. «Nous, notre pétition ne se fait pas en ligne. Nous rencontrons les gens en personne», fait-il valoir.

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