Gentilly-2: la résistance s'organise à Bécancour

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Les deux présidents des chambres de commerce, Patrick Charlebois et Jean-Denis Girard en compagnie de la mairesse de Bécancour, Gaétane Désilets, à la sortie de la réunion d'urgence tenue hier matin à l'hôtel de ville de Bécancour au sujet du déclassement de Gentilly-2.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Bécancour) La résistance s'organise à Bécancour pour infléchir le nouveau gouvernement péquiste dans sa décision de déclasser la centrale nucléaire Gentilly-2: rencontre qui aura lieu sous peu entre Pauline Marois et la mairesse Gaétane Désilets, comité d'action stratégique régional, table d'experts pour remettre les pendules à l'heure sur le nucléaire et marche populaire de protestation dimanche.

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Les trois députés libéraux de la région, Jean-Paul Diamond, Julie Boulet et Danielle St-Amand, ont participé à la rencontre.

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C'est le plan de travail sur lequel se sont entendus, hier, les élus de Bécancour, les chambres de commerce et d'industries du Centre-du-Québec et de Trois-Rivières, les trois députés libéraux Julie Boulet, Danielle St-Amand et Jean-Paul Diamond ainsi que le caquiste Donald Martel et quelques autres personnes qui participaient à une rencontre d'urgence à l'hôtel de ville de Bécancour.

«La première chose est de rencontrer Mme Marois pour statuer de certaines choses dans la rapidité de l'annonce, a déclaré Mme Désilets. Immédiatement après, on veut une rencontre avec notre comité stratégique afin d'aller chercher toutes les données dont on a besoin.»

Lorsqu'on demande à la mairesse de Bécancour si elle réclame une commission parlementaire sur le déclassement de Gentilly-2, elle répond prudemment que la première chose, la plus pressante, était de faire une demande officielle pour rencontrer la première ministre. «Il faut le faire avant le décret, c'est important. Elle est minoritaire, alors elle se doit d'écouter tout ce qu'on a à dire», insiste-t-elle.

Même si le gouvernement a déjà annoncé clairement son intention de fermer Gentilly-2,  elle estime qu'elle dispose encore d'une marge de manoeuvre pour renverser la vapeur.

«Peut-être que sa décision est déjà prise, mais il y a tellement de données que l'on vient jute d'avoir ce matin sur le coût du démantèlement. Des données sur ce qu'Hydro a déjà investi, sur les coûts de Point Lepreau, sur ce que rapporte la centrale,... plein de choses sont à vérifier et à mettre sur la table avant d'aller de l'avant avec l'annonce qui a été faite. Et étant donné qu'elle a fait une annonce si rapide, sûrement que Mme Marois a un plan à nous donner pour voir la suite des choses.»

Les personnes qui ont participé à la réunion de 2 h n'ont pas abordé la question du fonds de diversification économique ni discuté de sa composition, à savoir si 200 M$ sont suffisants ou non. «On n'en est pas là, a noté Mme Désilets. Oui, c'est sur la table, mais 200 millions $, c'est une année d'économie. Je pense que Mme Marois doit nous dire où elle veut aller avec l'Hydro, notre énergie et l'électricité.»

La mairesse de Bécancour affirme être consciente qu'une bonne partie de la population du Québec est d'accord avec le déclassement de la centrale, mais elle estime que ces gens manquent autant de données précises qu'elle-même.

«Les gens de l'extérieur ont encore moins d'idées sur ce que représente cette centrale pour nous au niveau économique. Nous, on va travailler d'abord pour notre région. On va regarder aussi l'environnement. On veut démystifier tout ça avec des experts et préparer notre plan d'action. C'est pas en faisant peur aux gens qu'on va comprendre le nucléaire. Mme Marois doit être dans ses chiffres à longueur de journée. Mais pour l'instant, on n'a encore eu aucun contact officiel avec son cabinet.»

Le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.... (Photo: Stéphane Lessard) - image 2.0

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Le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.

Photo: Stéphane Lessard

Le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Centre-du-Québec, Jean-Denis Girard, ne cache pas qu'il veut tout simplement que le gouvernement change d'idée.

«Le fonds de diversification n'a pas fait l'objet de nos discussions ce matin. On veut la réfection de Gentilly-2. On a parlé du dernier rapport de Point Lepreau sorti ce matin et qui est tout chaud, qui parle d'une réfection beaucoup moins élevée que prévu. Avec des ingénieurs, on a aussi discuté de ce qui a déjà été dépensé à l'heure actuelle pour rénover la centrale (entre 1 et 1,5 milliard $), on a aussi des données actualisées du BAPE.

C'est de tout cela qu'on veut discuter avec Mme Marois. On veut rétablir les faits. À la lecture des données qu'on a, la réfection doit se faire. Les coûts sont raisonnables, il n'y aura pas de dépassement compte tenu de l'expérience de Point Lepreau et il n'y a aucune raison de ne pas procéder que ce soit au niveau santé ou environnement. On se demande quelles sont les bases de la décision de Mme Marois, parce qu'avec les données qu'on a, sa décision ne tient pas la route.»

Pour sa part, le président de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, Patrick Charlebois, soutient qu'il a tenté à plusieurs reprises d'inviter la députée péquiste Noëlla Champagne à cette rencontre, mais que cela n'a pas été possible. «On n'a pas réussi à se rejoindre, on a échangé des appels. Mais Mme Champagne a été interpelée.»

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