En conférence de presse, ce matin, les syndicats ont qualifié la décision de fermer Gentilly-2 de «précipitée et prématurée». Ils demandent maintenant un véritable débat sur l'avenir de la centrale.
«L'arrêt des activités de la centrale touchera plusieurs milliers de personnes de la région. Nous sommes surpris qu'une journée seulement après avoir formé son Conseil des ministres, Pauline Marois décide de mettre la clé sous la porte», dit Lucie Levasseur, présidente du SCFP-Québec.
Les syndicats n'ont pas manqué de souligner que les régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec allaient souffrir économiquement de cette fermeture. Plus de 800 personnes travaillent à la centrale nucléaire.
«La réfection de la centrale garantissait à la région un investissement estimé à plus de 2 milliards de dollars. À la place, on parle de remplacer cet investissement par un fonds de 200 millions pour la diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie. Va-t-il combler la perte d'activité économique liée à la fermeture de la centrale? Poser la question, c'est y répondre. Les communautés seront forcément touchées», affirme Ginette Paul, vice-présidente du SCFP-Québec et représentante du secteur Énergie.
«L'impact sera majeur sur l'économie de Bécancour, de Nicolet et Trois-Rivières. La région va perdre des centaines d'emplois spécialisés. Ce moteur économique sera arrêté et le Québec va perdre un atout important dans la diversité de sa production énergétique», soutient Lucie Levasseur.
Pour ce qui est de la sécurité, le SCFP estime que la centrale est plus sûre en fonction que fermée. «La sécurité de la gestion des déchets nucléaires et la sécurité autour de la centrale est et demeurera une question sur laquelle on doit se pencher sérieusement. Nous n'éliminerons pas le site de Gentilly-2 par miracle demain. Il vaut mieux l'exploiter et ainsi garder un oeil plus attentif dessus», estime Michel Bibeault, directeur québécois du SCFP et ancien employé d'Hydro-Québec.
«Nous avons l'impression que le Parti québécois tourne le dos à la région», déplore Ginette Paul.
- Avec Marc Rochette