Fermeture de Gentilly-2: colère en Mauricie

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Même si on s'y attendait déjà, l'annonce de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 a causé tout un choc dans le milieu économique régional.

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Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Au lendemain de l'annonce de la composition de son Conseil des ministres, la première ministre du Québec, Pauline Marois, a confirmé l'intention de son gouvernement de fermer la centrale nucléaire Gentilly-2. Cette décision, qui fait beaucoup réagir dans la région, entraînera la perte de 800 emplois.

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Pauline Marois

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Au cours d'un point de presse qui a eu lieu hier après-midi, Mme Marois a confirmé l'engagement qu'elle avait pris au cours de la dernière campagne électorale. Elle a également réitéré son intention de créer un fonds de 200 millions de dollars pour la diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie afin de pallier la perte des emplois reliés au fonctionnement de la centrale.

Bien qu'elle était attendue, cette confirmation a fait grandement réagir dans en Mauricie et au Centre-du-Québec. Le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, n'a pas mâché ses mots lorsqu'est venu le temps de commenter cette décision, qu'il juge beaucoup trop hâtive.

«Je trouve inacceptable que madame Marois ne prenne pas la peine d'entendre la conclusion des études pour lesquelles les Québécois ont dépensé des milliers de dollars. Je le dis depuis longtemps que dans ce débat, il ne faut pas être dogmatique, et madame Marois est dogmatique, mais il faut être pragmatique. Je fais d'ailleurs appel à sa raison», a lancé le député lors d'une conversation téléphonique quelques minutes après le point de presse de la première ministre.

Faisant appel au gros bon sens des élus péquistes, il répète sa proposition de tenir une commission d'enquête. En ce sens, il espère que les autres députés de la région, tous partis confondus, l'appuieront.

Un fonds de diversification économique de 200 millions de dollars ne constitue pas selon lui le remède miracle qui permettra à la région de se relever d'une perte de 800 emplois. Il ajoute que pour être efficace, un tel fonds devrait être beaucoup plus important.

«Deux cents millions, c'est vraiment insuffisant. Juste en retombées de masse salariale, la centrale, c'est 130 millions $ par année. Ce qu'elle nous donne, c'est 18 mois de survie. C'est inacceptable. Je m'attendrais plutôt à quelque chose comme 600 ou 800 millions $», explique-t-il avant d'ajouter que les acteurs régionaux en désaccord avec cette annonce devraient se mobiliser afin de se faire entendre.

Dans la même veine, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, se dit prêt à descendre dans la rue s'il le faut pour manifester son mécontentement.

«Les étudiants ont été écoutés de cette façon-là. Elle (Pauline Marois) les a appuyés et elle est même sortie pour marcher avec eux. Si c'est de même que ça marche, c'est de même que ça va marcher. Ils viennent d'être assermentés et ils abolissent 800 emplois en pensant qu'il n'y aura pas de conséquence. Ça n'a aucun sens», a-t-il martelé.

La députée de la circonscription de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, associe cette décision ainsi que celle de mercredi, de ne pas nommer de ministre dans la région, à un manque de respect envers la Mauricie et le Centre-du-Québec.

«Si hier (mercredi), nous étions surpris, aujourd'hui (hier) nous sommes déçus. Cette décision est précipitée. Pour notre économie, c'est vraiment une catastrophe. Mme Marois agit de façon cavalière avec la Mauricie», a-t-elle déclaré.

Un drame économique et humain

Les présidents des Chambres de commerce et d'industries de Trois-Rivières et du Coeur-du-Québec, Patrick Charlebois et Jean-Denis Girard, déplorent d'une seule voix cette décision qui aura des impacts dévastateurs, autant d'un point de vue économique qu'humain.

«C'est incroyable de prendre une décision si importante sur une promesse électorale», a affirmé Jean-Denis Girard.

Et tout comme le député de Nicolet-Bécancour, MM. Charlebois et Girard demandent la tenue d'une commission parlementaire sur le sujet. «La décision a été prise beaucoup trop rapidement. Nous demandons donc la tenue d'une commission parlementaire, pour être conséquent avec ce que Mme Marois a elle-même dit en 2008», a fait remarquer pour sa part Patrick Charlebois, faisant référence au fait que la première ministre a déjà appuyé la réfection de la centrale à condition que ça soit fait à un coût raisonnable.

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