Hier, c'est par l'entremise de son attaché de presse Éric Gamache que le nouveau gouvernement minoritaire péquiste a rappelé sa position sur le dossier. Ce dernier a souligné que le permis d'exploitation d'Hydro-Québec pour la centrale arrivera à échéance à la fin décembre et que le réacteur devra être arrêté d'ici là. La décision devra donc venir bientôt.
Comme les intentions péquistes étaient connues depuis un bon moment, la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec et la Ville de Bécancour ont conjointement entrepris, au lendemain des élections, de mettre sur pied un panel d'experts afin d'exposer à la population les réels enjeux entourant la réfection ou le déclassement de la centrale.
Deux côtés à la médaille
«On veut informer la population, informer les médias ainsi que rétablir les faits à propos de Gentilly-2. On a des données de santé publique et des données économiques. Il y a tellement de choses qui sont véhiculées, des choses qui sont alarmantes et qui ne sont pas toute la vérité. On veut que les gens soient en mesure de prendre une décision éclairée et de voir qu'il y a toujours deux côtés à la médaille», explique Jean-Denis Girard, président de la CCICQ.
Bien qu'une rencontre à cet effet se soit tenue, hier, soit au lendemain de la présentation de Gentilly or not to be, les intervenants insistent pour dire que cette idée ne se veut pas une contre-attaque au documentaire de Guylaine Maroist et Éric Ruel. «On avait déjà mentionné qu'on voulait prendre action après le 4 septembre, tout dépendant du gouvernement qui allait être au pouvoir», note M. Girard.
Pour la mairesse de Bécancour, une table d'experts permettrait de donner «la bonne information» à la population alors que le documentaire «veut faire peur aux gens». «C'est très irritant. Il n'y a pas juste du négatif (dans la réfection). Par rapport au cancer, le rapport de la santé publique ne dit pas ça du tout. L'idée n'est pas de rassurer les gens, mais bien de donner la bonne information», explique-t-elle.
Quant au fonds de diversification économique de 200 millions $ proposé par Pauline Marois, la mairesse de Bécancour demeure sceptique et ne croit pas que la somme avancée puisse être suffisante pour compenser la perte des 800 emplois.
«Les 200 millions $ annoncés, c'est à peine un dixième de ce qui pourrait y avoir comme retombées économiques (dans l'éventualité de la réfection de la centrale)», lance-t-elle.
Le président de la CCICQ partage d'ailleurs le point de vue de la mairesse Désilets. «Même s'il y avait des compensations monétaires, ça ne peut pas compenser toute l'économie générée par Gentilly-2. Ça ne se remplace pas avec quelques centaines de millions de dollars», indique Jean-Denis Girard qui rappelle que le Parti libéral du Québec avait décidé de reconstruire la centrale au coût de 2 milliards $ en 2008 avant d'interrompre les travaux au printemps 2011 à la suite des incidents de Fukushima, au Japon.
Au cours des prochains jours, les intervenants du milieu socio-économique surveilleront attentivement la formation du conseil des ministres afin de savoir avec qui ils devront désormais communiquer au ministère des Ressources naturelles.
Du côté du PQ, on indique que la décision devrait être prise par décret ministériel, ce qui ne nécessite pas l'appui des partis d'opposition. On sait que le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec avaient un préjugé favorable pour la réfection de la centrale tandis que Québec solidaire et le PQ souhaitent sa fermeture.