Le public s'est montré visiblement conquis à l'avance par l'idée d'une fermeture définitive de la seule centrale nucléaire du Québec, comme en ont témoigné les nombreuses questions à la fin de la représentation.
Même si tous les députés de la région étaient invités, la députée de Champlain, Noëlla Champagne, fut la seule à assister à cette activité qui réunissait, dans l'auditorium du Cégep, les principaux acteurs du mouvement antinucléaire du Québec.
Interrogée en marge de la projection à savoir si la question de la réfection de la centrale avait déjà fait partie des premières discussions du nouveau gouvernement du Parti québécois, Mme Champagne a signifié que «le gouvernement vient de se mettre en place. Donnons-lui le temps de voir les derniers rapports, les dernières études et la décision finale arrivera en temps opportun avec les bons moyens de compenser le tout si notre décision, celle qui est dans notre programme, est maintenue», a-t-elle répondu.
Une rencontre des nouveaux élus du Parti québécois se tiendra jeudi, dit-elle. L'assermentation doit aussi se faire le 17 septembre, rappelle-t-elle.
Au cours de la période de questions qui a suivi le visionnement du film, un citoyen a demandé si un gouvernement minoritaire pourrait décider de ne pas aller de l'avant avec la réfection de la centrale. À ceci, Mme Champagne répond: «Je pense que oui.» Est-ce que le gouvernement pourrait se faire renverser sur une telle décision? «Je ne le pense pas», a-t-elle déclaré. «En politique, rien n'est impossible», a-t-elle toutefois nuancé.
Mme Champagne a assuré que le déclassement promis par le PQ, s'il est concrétisé, «ne se fera pas de façon idiote, mais sera pensé de façon sérieuse.»
La députée mentionne, à propos des divers intervenants du milieu économique, qu'à l'approche des récentes élections «il y avait une ouverture. S'il y avait déclassement, ils seraient partie prenante de la décision pour la suite des choses», dit-elle. «La décision ne se fera pas derrière des portes closes», ajoute-t-elle.
Au cours de la période d'échanges qui a suivi la projection du documentaire, le Dr Éric Notebaert, médecin urgentologue, a critiqué sévèrement les dires de la Commission canadienne de sûreté nucléaire à propos des dangers de la radiation des centrales nucléaire.
«On a eu beaucoup d'entretiens avec la Commission canadienne de sûreté nucléaire et Mme Patsy Thompson répétait ad nauseam qu'en bas de 100 millisievert, il n'y a aucun risque pour la santé», explique le Dr Notebaert.
«C'est extrêmement irresponsable ou ignorant que des gens la Commission canadienne de sûreté nucléaire viennent nous dire qu'en bas de 100 millisievert (de rayonnement) il n'y a pas de danger pour la santé. C'est un scandale», a déclaré le médecin.
Il a aussi écorché au passage le directeur de la Santé publique Mauricie et Centre-du-Québec qui assure, dans le documentaire, que les études n'ont pas démontré de lien entre la présence de centrales nucléaires et l'augmentation des cas de leucémie. «Toutes les études scientifiques sont du même avis: on ne peut pas dire qu'il n'y a pas d'association en la présence d'une centrale nucléaire et la leucémie», affirme le Dr Notebaert.
Plusieurs personnes, dont un professeur de l'UQTR, un spécialiste des produits dangereux de l'UQTR, l'écologiste soeur Estelle Lacoursière, des employés retraités d'Hydro-Québec, des citoyens de Bécancour ou de Trois-Rivières ont pu poser des questions aux intervenants du film qui étaient sur place.
Le tas de ferraille irradié qui se trouve actuellement chez Bélanger Métal à Trois-Rivières a lui aussi suscité plusieurs inquiétudes.
La question des 800 emplois de la centrale est revenue à quelques reprises. Les gens remettaient visiblement en doute la théorie selon laquelle la fermeture définitive de Gentilly-2 ferait 800 chômeurs.