Gentilly-2: Greenpeace veut plus de transparence

De gauche à droite: Shawn-Patrick Stencil de Greenpeace,... (Photo: Sylvain Mayer)

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De gauche à droite: Shawn-Patrick Stencil de Greenpeace, Christian Simard, directeur général de Nature-Québec, Michel Duguay, docteur de physique nucléaire et professeur à l'Université Laval et Michel Fugère du Mouvement vert de la Mauricie.

Photo: Sylvain Mayer

Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un accident majeur à la centrale nucléaire de Gentilly-2 n'est pas impossible, affirme le physicien nucléaire Michel Duguay de l'Université Laval.

En 1983, dans la centrale nucléaire CANDU Pickering-A, en Ontario, un des tuyaux qui traverse le coeur du réacteur a subitement fendu sur 2 mètres. Les opérateurs ont pu éviter la fonte du réacteur grâce à l'idée ingénieuse de détourner des pompes servant à d'autres fins pour refroidir d'urgence le réacteur.

Le professeur Duguay était présent à Trois-Rivières, hier, dans le cadre d'une conférence de presse convoquée par Greenpeace. L'organisme est venu présenter une étude réalisée pour son compte par le Center for Spatial Economics sur quelques-unes des répercussions économiques qu'aurait, sur les régions Mauricie et Centre-du-Québec, un accident majeur à Gentilly-2.

Selon cette étude, il faudrait d'abord évacuer 169 000 personnes dont un très grand nombre ne pourrait plus jamais retourner chez elles. Les pertes en production économique seraient de 6 milliards $ et la valeur des propriétés perdues serait de quelque 11 milliards $ et cela, seulement au cours de la première année après l'accident.

L'étude n'examine pas les impacts au niveau de la santé, de l'industrie touristique, de l'écosystème fluvial ni même les retombées pour Trois-Rivières et la ville de Québec, située dans le corridor des vents dominants.

Selon Greenpeace, il est plus que temps que ces éléments soient évalués avant que le feu vert soit donné à la réfection de la seule centrale nucléaire du Québec.

Le porte-parole de Greenpeace, Shawn-Patrick Stencil, s'est rendu, l'an dernier, à Tchernobyl où plus personne ne peut habiter dans les alentours de la tristement célèbre centrale et ce, dans un rayon de 30 kilomètres, même 25 ans après la tragédie. On trouve maintenant quelque audacieux qui vivent dans un rayon supplémentaire de 30 autres kilomètres où l'évacuation était recommandée sur une base volontaire.

À Fukushima, où M. Stencil s'est aussi rendu, les 150 000 personnes qui habitaient cette zone relativement rurale vivent toujours dans des camps de réfugiés. Le périmètre d'évacuation est de 20 km. M. Stencil hausse le sourcil lorsqu'il entend dire que la zone d'évacuation autour de Gentilly-2 ne serait que de 8 kilomètres.

«Prétendre qu'ici, ce serait limité à 8 km et que ça ne toucherait pas, comme par magie, la Ville de Trois-Rivières, ce sont des choses qu'on ne peut plus accepter en 2012», fait valoir Christian Simard, directeur général de Nature-Québec.

Greenpeace a signalé, hier, qu'en vertu de la Loi sur la responsabilité nucléaire, Hydro-Québec et SNC-Lavalin, qui sont maintenant propriétaires d'Énergie atomique du Canada, seraient protégés contre des poursuites à leur endroit en cas d'accident de cette ampleur. «Autrement dit, Hydro-Québec ne paie pas d'assurance pour les accidents comme le font les autres opérateurs d'énergie (gaz, pétrole, éolienne, etc.)», signale M. Stencil, un beau cadeau de la part des contribuables, dit-il.

Au Québec, il n'y a eu aucun débat public ni aucun BAPE sur la question du déclassement de Gentilly-2 alors qu'en Ontario, de telles discussions se font.

«Greenpeace prédit qu'Hydro-Québec va sous-estimer le vrai prix du prolongement de vie de Gentilly-2. Hydro-Québec trompera le Québec sur le coût réel de Gentilly-2 parce qu'elle va exclure les risques d'accident nucléaire dans ses estimations», affirme M. Stencil. «Bref, c'est la société québécoise qui paierait pour un accident», résume-t-il.

Christian Simard rappelle que la manifestation tenue lundi au Centre-du-Québec en faveur de la réfection de Gentilly-2 était tout sauf objective puisqu'elle réunissait des gens qui profitent directement ou indirectement de la centrale.

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