Mollo, le FestiVoix, hier. Un FestiVoix de milieu de semaine, encore un peu au neutre à la suite de son congé de mardi, apparemment. Pas de voix lyriques, pas de voix jazz non plus. Tant pis pour eux.
Dans le jardin du monastère des Ursulines, le Grand Orchestre de la Mauricie s'est refait une soirée ballroom avec Yvan Pion et Sylvie Ouellette.
Quelques heures à peine après les orages, on comprend que ce n'était pas la bousculade aux guichets. D'ailleurs, il n'y avait pas vraiment de guichet. Une bonne foule mais pas de spectateurs dans les arbres, pas de revendeurs à l'entrée avec des passeports journaliers à 2000 $, pas de passeports contrefaits en vente sur eBay.
N'empêche, on a passé une excellente soirée.
À part pour les fesses mouillées. C'est dans ce genre de situations qu'on fait la différence entre les vrais festivaliens et les amateurs.
Les vrais traînent toujours des guenilles pour essuyer leur siège éventuel. Même quand il fait beau, rapport que les chaises ne sont pas toujours propres. Même que les purs et durs, ils ont sur eux des guenilles humides dans des sacs de plastique. Ils sont très forts, les purs et durs.
Toujours est-il que c'était soirée ballroom et qu'on avait eu l'excellent idée d'installer un plancher de danse sous un saule pleureur. C'est joli, un plancher de danse sous un saule pleureur. Et si rare.
La première gêne passée, il y a eu deux ou trois spectateurs à s'exécuter, puis quatre, puis cinq. Et rapidement six, parce que ça fonctionne toujours mieux en nombres pairs, la danse sociale. Jusqu'à ce que Sylvie Ouellette, la chanteuse, annonce un continental, encore et toujours le préféré des foules.
Alors là, mes amis, le plancher a été envahi. Comme la Place Tahrir, au Caire, pendant le printemps arabe. S'il n'avait pas été si timide, je crois bien que le plancher aurait craqué sous le poids des danseurs.
C'était comme un événement parallèle, un off-FestiVoix. Le FestiPas. C'était vraiment sympatique. Encore mieux quand, plus tard, l'orchestre a repris Monsieur Cannibale de Sacha Distel, un classique s'il en est un. Je vous assure, on n'a pas vu le temps passer.
Pourtant, sur la grande scène, à quelques encâblures de là, nous attendait Vincent Vallières. En fait, c'est plutôt nous qui l'avons attendu parce qu'il est arrivé vers 21 h 35, après le petit bonjour de la députée Saint-Amand et du maire Lévesque qui nous a souhaité bonne fête et lancé une phrase énigmatique comme il en a seul le secret. Il a dit: «J'espère qu'on va s'aimer encore!» Je ne sais pas ce que ça veut dire mais si quelqu'un décode le message, qu'il me twitte et on déjeunera.
La soirée s'est donc terminée avec Vincent Vallières et sa musique folk-rock-beau garçon à tendance j'assume mes émotions. J'ai dû quitter le site trop tôt à mon goût parce que j'avais affaire à vous et ça, c'est plus important que tout.
N'empêche, on a passé une excellente soirée.