Les festivaleux ne s'y sont pas trompé et ils ont été très nombreux à flairer la bonne affaire. À 18 h 30, sur la rue Hart devant le CMI, ça bouchonnait déjà et ça n'a pas débouchonné avant une bonne heure. La cohue! Les jardins du monastère des Ursulines ont été pris d'assaut mais dans une belle discipline, tout le monde gardant le rang comme à la petite école.
Cela dit, pour Michel Louvain ce soir, prenez-vous-y tôt si vous avez envie de l'entendre depuis une place assise. Il y avait pas mal de monde hier soir pour assister au spectacle debout depuis la rue Hart, derrière la clôture.
La direction du FestiVoix a eu beau prévoir le coup en ajoutant des chaises, le site a été envahi de baby-boomers pour le spectacle qui leur était tout spécialement destiné avec la troupe Ah! Les baby-boomers! On a senti la connivence du début à la fin, les gens autour de moi riant de bon coeur aux chansons ou aux sketches sur les problèmes de prostate ou les autres maladies de la soixantaine.
Vous le savez sans doute: au FestiVoix, tout est question de faire les bons choix. J'ai opté pour la salle Anaïs-Allard-Rousseau et le Studio de musique ancienne de Montréal après les Ursulines. La beauté à l'état pur. Un spectacle magnifique offert par un petit ensemble d'une qualité difficilement descriptible. Au programme: trois psaumes pénitentiels de Roland de Lassus datant du 16e siècle.
Pour vous donner une idée, le premier débutait ainsi: «Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur, et ne me châtiez pas dans votre colère. Ayez pitié de moi, Seigneur, car je languis de faiblesse.» Percutant contraste après les problèmes de prostate des baby-boomers. Si ça, ça ne vous convainc pas de l'étendue de la variété qui caractérise la programmation du FestiVoix, qu'est-ce qui le fera?
Reste que le spectacle des voix lyriques était un pur moment de grâce et prouve une fois de plus que la meilleure programmation de tout le festival se retrouve là, à la Maison de la culture. Ce sont des spectacles pour lesquels il faut payer, dites-vous? C'est juste, mais si peu. Et dans notre monde souillé par la cupidité des hommes, le bonheur n'est que rarement gratuit, j'en ai bien peur. N'empêche, pour un voyage dans une cathédrale du Moyen-Âge pour entrer en contact avec le sacré ç'aurait été bête de lésiner.
Le côté sombre de mon travail, c'est qu'il me faut parfois m'arracher à des moments de félicité pour remplir mon devoir si bien que je n'ai pas assister à la fin du spectacle. Le côté lumineux de mon travail, c'est de communiquer avec vous adorés lecteurs et de savoir que vous vous amusez à dessiner des moustaches et autres attributs sur ma photo en lisant mon texte.
Autre hommage à la variété de la programmation: une rencontre avec une Isabelle Boulay complètement country sur la grande scène du parc portuaire. Plus country que ça, tu dors dans une écurie avec une photo de Wellie Lamothe sur le mur au-dessus de ton lit. Or, elle donne au country la même classe qu'elle confère à tout ce qu'elle interprète.
Je l'ai déjà dit et je le répète: elle offre une grande leçon à toutes les jeunes chanteuses qui rêvent de gloire par la façon qu'elle a de donner une vraie émotion à ses chansons sans jamais faire d'effets de voix ou changer les lignes mélodiques. Et en chantant juste. Comme quoi la personnalité compte plus que les cordes vocales.
Petit conseil: à tous ceux d'entre vous qui ont un texte à écrire à temps pour l'heure de tombée, prévoyez de quitter le dernier spectacle de la soirée un peu plus tôt. La circulation au centre-ville vers 22 h est non seulement assez dense mais également hésitante. Voilà, c'est dit.
Aujourd'hui
18 h - They Call Me Rico- Scène Jardin des Ursulines
19 h - Michel Louvain - Scène Desjardins (CMI)
20 h 30 - Natalie Choquette - Maison de la culture
21 h - Cowboys Fringants - Scène Loto-Québec
23 h - Bears of Legend - Zénob