Consultation et Gentilly-2: Greenpeace avait prévu le coup

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Greenpeace avait recommandé à la Commission canadienne de sûreté nucléaire de consulter la population du Centre-du-Québec et de préparer un plan en cas de fermeture de Gentilly-2. C'était en avril 2011, lors des audiences publiques sur le renouvellement du permis de Gentilly-2. «Or, la CCSN a ignoré les recommandations de Greenpeace», constate Shawn-Patrick Stensil, porte-parole de l'organisme en matière de nucléaire.

«Aujourd'hui, les syndicats accusent le gouvernement d'avoir pris une décision sans avoir de plan pour les travailleurs», dit-il. «Ce n'est pas juste. Il était logique (il y a un an) de se préparer pour les deux options», (fermeture ou réfection) fait-il valoir, puisque «c'était clair, l'an passé, que la centrale pouvait fermer. Thierry Vandal (le président d'Hydro-Québec) l'avait dit. Le PQ avait une position claire, mais le PLQ ne voulait pas aborder le sujet», rappelle M. Stensil.

«Les syndicats aussi sont restés silencieux», signale-t-il.

Ce dernier estime qu'aujourd'hui, «les syndicats manipulent l'incertitude afin de faire la promotion de la réfection de la centrale, même si ce n'est pas rentable», déplore le porte-parole de Greenpeace.

«Il serait utile, pour le débat régional, de demander aux syndicats pourquoi ils n'ont pas demandé à Hydro-Québec, au gouvernement ou à la CCSN un plan de consultation dans l'hypothèse que la centrale soit fermée», fait valoir M. Stensil qui participe aux débats sur l'avenir de Gentilly-2 depuis une dizaine d'années.

En fait, comme l'explique Shawn-Patrick Stensil, Greenpeace avait même sonné la cloche dès septembre 2005 en écrivant au premier ministre d'alors, Jean Charest, lui demandant d'examiner «les solutions de remplacement. Hydro-Québec a mis huit ans et dépensé plus de 40 millions $ pour mettre au point sa proposition de réfection de Gentilly-2. Par contre, la société d'État n'a proposé aucune solution de remplacement pour le cas où l'on fermerait définitivement la centrale», signale la lettre.

D'autre part, le Mouvement Sortons le Québec du nucléaire a récemment lancé un appel au calme et à la responsabilité dans le débat qui fait rage actuellement dans la région à la suite de l'annonce de la fermeture de la centrale nucléaire.

«Par leurs ultimatums, leurs images déconnectées de la réalité et par la présentation caricaturale des conséquences de la fermeture, les notables locaux, le syndicat, le lobby nucléaire et le Parti libéral tentent d'exercer une pression indue sur le gouvernement Marois et de manipuler l'opinion publique», analyse Christian Simard de Nature Québec.

Le MSQN a tenu à défaire ce qu'elle considère comme des «mythes» qui circulent actuellement, le premier étant une déclaration du maire Yves Lévesque selon laquelle opérer Gentilly-2, n'est «pas plus dangereux que de conduire une voiture.» Le MSQN rappelle à ce sujet que Fukushima a créé une zone d'exclusion totale de 20 kilomètres à cause des radiations.

Selon la MSQN, il est faux de prétendre que le démantèlement coûtera plus cher que la réfection. Il cite à ce sujet une note tirée des états financiers d'Hydro-Québec de 2011 dans laquelle Hydro-Québec évalue le démantèlement à 729 millions $.

Pour ce qui est de la catastrophe annoncée pour l'économie locale, le MSQN cite une étude commandée par Hydro-Québec et consignée dans les archives du BAPE selon laquelle une perte annuelle de 13 millions $ est prévue pour les fournisseurs régionaux de Gentilly-2. Le MSQN estime que ces pertes seront toutefois compensées par le fonds de diversification de 200 millions $ promis par la première ministre Marois.

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