Attentat contre le PQ: les députés veulent rester près des gens

Nouveau député de Saint-Maurice, Luc Trudel veut conserver... (Photo: Sylvain Mayer)

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Nouveau député de Saint-Maurice, Luc Trudel veut conserver l'approche qu'il a toujours eue avec la population.

Photo: Sylvain Mayer

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Qu'ils soient péquistes ou libéraux, les députés de la Mauricie élus mardi ont tous dit espérer que les douloureux événements qui ont marqué l'arrivée au pouvoir de Pauline Marois, et coûté la vie à une personne, ne soient pas le signe d'un changement dans la société québécoise, autrement réputée pour son pacifisme et son ouverture d'esprit. Tous veulent conserver la proximité qu'ils partagent avec leurs électeurs qui souvent les appellent familièrement par leur prénom.

Le nouveau député péquiste de Saint-Maurice, Luc Trudel, était particulièrement troublé par cette attaque directe à l'État québécois et la démocratie. «On se pose beaucoup de questions sur l'ampleur de tout ça et sur sa signification réelle» a-t-il confié.

Celui qui était attaché politique de Claude Pinard, rappelle qu'il n'y a pas plus public que le travail d'un député. «La réaction de ma petite fille, hier soir, c'était: papa, je ne veux pas que tu deviennes ministre! Ça nous serre le coeur, ça vient nous chercher en dedans. Dans notre population, on a toujours des gens qui vivent des difficultés et qui ont du mal avec leurs émotions. Rappelez-vous le caporal Denis Lortie, le drame de Polytechnique. C'était des drames isolés. Alors, avant de dire que cela correspond à quelque chose dans la société... il faut être prudent.»

Luc Trudel ajoute que le Québec reste un pays libre, une terre d'accueil où il existe encore «un bon niveau d'entente» dans la population. Il dit espérer que ces événements ne dresseront pas de barrières entre les élus et les électeurs.

M. Trudel se souvient que, comme beaucoup de députés, Claude Pinard a déjà reçu des menaces par la poste... sous forme d'oiseaux morts. Des gestes attribués à des personnes malades dont on n'a pas fait trop de cas, tout en les rapportant tout de même à la Sûreté du Québec, comme le prévoit une consigne.

Maintenant qu'il est élu, Luc Trudel veut conserver l'approche qu'il a toujours eue avec la population, lui qui n'a jamais hésité à sortir rencontrer des manifestants dans la rue lorsque la situation l'exigeait. «On a toujours réussi à maintenir un dialogue avec les gens mais là, je me demande quand même s'il ne faudra pas être un peu plus prudent. J'espère toujours être capable d'accueillir les gens et de dialoguer avec eux. C'est essentiel dans le cadre de mes fonctions.»

La députée libérale de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, déplorait beaucoup ces événements tragiques venus assombrir l'élection de la première femme première ministre du Québec: un événement qu'elle tenait à souligner malgré tout, en tant que femme.

«Je ne peux pas ne pas saluer l'élection de Mme Marois. C'est un moment historique au Québec.»

La députée rappelle par ailleurs qu'au cours de son mandat, elle a elle-même été victime de menaces de la part d'un prisonnier de la prison de Trois-Rivières et que l'affaire s'est retrouvée en cour.

«Vous savez, les médias ont beaucoup reproché au premier ministre de ne pas prendre de bain de foule pendant la campagne alors que les élus vivent avec cette réalité. Mais je ne pense pas que c'est notre Québec. C'est un fait isolé ce qui s'est passé hier (mardi), un fait qu'on n'aura pas à revivre. C'est affreux.»

Son collègue Jean-Paul Diamond, réélu dans Maskinongé, a lui aussi été victime de menaces sérieuses au cours de son mandat mais ne s'en laisse pas imposer.

«J'offre mes condoléances à la famille de la personne décédée, a-t-il déclaré. Il faut respecter la démocratie. Pourquoi a-t-il fait ça? On va finir par le savoir. Je dénonce ça. Moi, le gars qui m'a menacé, je ne le connaissais même pas. Il était déménagé sur la rive sud depuis 30 ans. Même maintenant, je ne le reconnaîtrais pas sur la rue. Il ne faut pas tolérer ça.»

Noëlla Champagne, réélue dans Champlain, n'en était pas encore revenue hier des événements dramatiques de l'avant-veille. À son local électoral, un silence de mort a marqué la disparition subite de Mme Marois des écrans de télévision le soir de l'élection. «J'ai d'abord pensé qu'elle avait eu un malaise. J'ai interrompu une entrevue que j'étais en train de donner à la radio. Les gens étaient stupéfaits! »

Mme Champagne assure n'avoir jamais fait l'objet de menaces personnellement, mais se souvient d'expériences pénibles et de menaces voilées lorsqu'elle était attachée politique du député Yves Beaumier. La Sûreté du Québec était intervenue.

Pour sa part, Julie Boulet, qui a assisté incrédule elle aussi à l'attentat du Metropolis, a trouvé le tout inacceptable et immensément regrettable pour les personnes atteintes.  Par contre, elle affirme n'avoir jamais fait l'objet de menaces personnellement.

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