Or, selon la ministre responsable de la Mauricie, Julie Boulet, les 160 emplois en jeu seraient moins menacés à la suite d'un entretien avec le grand patron de l'entreprise.
«J'ai parlé à M. Garneau et il y a deux éléments rassurants», a indiqué, hier, la députée sortante de Laviolette, qui est en pleine campagne électorale.
D'abord, le président et chef de la direction de Résolu lui a mentionné qu'à moyen terme, il n'allait pas toucher à la machine numéro 10, étant donné que «le secteur est en demande».
«Et ils ont réussi chez Laurentide à produire un papier à valeur ajoutée de grade A alors qu'à Dolbeau-Mistassini, c'est de grade B et C et qu'il ne s'agit pas d'une grosse production», a fait savoir Mme Boulet, tout en précisant qu'il fallait maintenant évaluer les coûts de production et valider ainsi la compétitivité du produit.
Ce qui n'empêche pas la ministre libérale de vouloir continuer à se battre pour l'usine de Shawinigan. «Et je veux saluer les travailleurs pour leurs efforts», a-t-elle tenu à ajouter.
Du côté du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, on semble se montrer moins enthousiaste que Julie Boulet pour l'avenir de la machine numéro 10, dont le spectre de la fermeture remonte à octobre 2011. C'est elle qui avait sonné l'alarme, s'indignant ouvertement de l'attitude de la papetière alors que dans le plan de restructuration de l'ancienne AbitibiBowater, il n'était pas question d'une demi-usine.
«L'entreprise laisse entendre qu'elle pourrait fermer une machine à Grand-Mère, mais rien n'a été annoncé officiellement. Le syndicat ne veut pas être prophète de malheur, mais la capacité du marché est bien mince», estime le vice-président du SCEP, Renaud Gagné.
Dans les prochaines semaines, Produits forestiers Résolu va donc procéder au redémarrage de son usine de papier du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Grâce à des investissements de plus de 20 millions $, environ la moitié des 250 travailleurs de l'usine, fermée depuis deux ans, devraient être rappelés d'ici la mi-septembre.
La décision de rouvrir l'usine fait suite à une entente avec Hydro-Québec pour la vente de l'électricité produite à sa centrale de cogénération.
«Ce litige avec Hydro était majeur, et la question devait absolument être réglée pour permettre la réouverture de l'usine», a déclaré M. Gagné, se disant optimiste malgré la grande concurrence qui caractérise l'industrie.
L'usine de Dolbeau-Mistassini produira du papier d'impression commerciale surcalandré, pour les revues et magazines notamment. Et selon M. Gagné, ce sont les installations les plus modernes et performantes qui ont les meilleures chances de survie.
C'est pour cette raison que cette bonne nouvelle pour Dolbeau-Mistassini n'est pas sans créer de l'appréhension à l'usine Laurentide, les installations y étant désuètes.
L'an dernier, le directeur principal, Affaires publiques, à l'ancienne AbitibiBowater, Pierre Choquette, avait avoué que la fermeture de la 10 n'était pas impossible. Et en mai dernier, il admettait que cette machine était sous analyse.
Interrogé alors à savoir si la relance de Dolbeau-Mistassini allait signifier l'arrêt automatique de la 10 chez Laurentide, il avait répondu «qu'on n'est pas rendu là. Il n'y a pas d'automatisme. Il faut regarder ce que les marchés ont l'air et être sûr de prendre les bonnes décisions».?
En collaboration avec La Presse Canadienne