Le débat ayant suivi l'entrevue radiophonique dans laquelle le maire de Saguenay avait dénigré la candidate péquiste dans le comté de Trois-Rivières sur la charte de la laïcité et la place du crucifix à l'Assemblée nationale a en effet eu un poids médias important avec 0,73 % dans la semaine du 14 au 20 août.
Au premier rang, on retrouvait évidement la campagne électorale au Québec avec 18,25 %, suivie du retour des athlètes des Jeux olympiques de Londres avec 1,22 % et la menace de lock-out dans la LNH avec 0,85 %. La course de Nascar à Montréal a eu sensiblement le même poids médias que la sortie du maire Tremblay avec 0,72 %.
C'est du moins ce qui ressort de l'analyse d'Influence communication, un important courtier en nouvelles au Canada. «Nous avons pris soin d'analyser à part cette nouvelle parce qu'elle dépassait le cadre de la campagne électorale. Elle traite non seulement du municipal mais aussi des accommodements raisonnables. Nous avons été en mesure de constater que la sortie du maire Tremblay a bel et bien créé un débat et que ça se poursuit dans l'actualité», a indiqué Caroline Roy d'Influence Communication.
Certes, cette affaire ne laisse personne indifférent mais Mme Roy prend soin de relativiser l'importance à y accorder. «À partir de 1 %, on parle d'une grosse nouvelle. Ce n'est pas donc pas énorme quand on sait qu'on calcule 50 000 nouvelles au Québec et un million dans le monde. À titre d'exemple, le conflit étudiant a eu un poids médias moyen variant entre 5 et 10 %. À plus de 15 %, la campagne électorale devient présentement une nouvelle quasi exceptionnelle», a-t-elle ajouté.
Du côté du top 5 Twitter au Québec, le mot «Saguenay» est arrivé au 3e rang avec un poids de 0,52 % tandis que les mots «Jean Tremblay» ont terminé au 5e rang avec un poids de 0,29 %. À titre comparatif, le mot clé «débatqc» a dominé au Québec avec un poids de 0,88 %. Dimanche soir, il a même été numéro un sur Twitter monde pendant près de 75 minutes. C'est la première fois qu'un mot québécois dominait d'ailleurs Twitter monde.
Rappelons que Jean Tremblay avait critiqué l'attitude et surtout l'origine de Djemila Benhabib. Il avait notamment déclaré: «Y a pas juste la prière, ce qui me choque, c'est que nous les mous, les Canadiens-Français, nous allons nous faire dicter comment se comporter, comment respecter notre culture par une personne qui arrive d'Algérie et dont nous sommes incapables de prononcer le nom.»
Il soutenait que la charte de la laïcité est la première d'une série de mesures qui allaient menacer la culture québécoise. Il avait ajouté: «On va enlever les objets religieux, les croix dans les villes, dans les écoles. Ils vont faire disparaître notre religion et notre culture de partout. Ça me choque de voir une personne qui arrive de l'extérieur et qui veut établir les règles», avait-il également déclaré.
En tant que militante laïque, Mme Benhabib s'est dite en faveur du principe de laïcité totale au niveau des institutions publiques, ce qui comprend entre autres le retrait du crucifix de l'Assemblée nationale. Depuis sa candidature, elle a cependant décidé de se rallier à la position du PQ sans pour autant changer d'avis. Elle prône d'ailleurs l'adoption urgente d'une charte de la laïcité.