(Trois-Rivières) Pourquoi avoir choisi la circonscription de Trois-Rivières pour Djemila Benhabib, une musulmane laïque, alors que l'association péquiste du comté venait de refuser la candidature du jeune Léo Bureau-Blouin sous prétexte que ce comté, plutôt âgé et conservateur, n'était pas prêt pour cette candidature de l'extérieur?
Parce que le comté lui avait demandé une candidature «d'envergure nationale», répond candidement la chef péquiste, Pauline Marois, de passage au Nouvelliste, hier. Une candidature ministrable donc? Elle éclate de rire en disant qu'elle ne formera pas son conseil des ministres sur la place publique... et ce bien qu'elle ait déjà précisé que «Léo» était trop jeune pour être nommé ministre. Elle confie par ailleurs sa grande admiration pour «Djemila», qui a décidé de venir s'installer en Mauricie.
«Ça m'a particulièrement plu et je me suis dit que le gens de Trois-Rivières, qui ont déjà élu un député juif, sont capables d'ouverture. Ce sont aussi des gens de culture et donc ils pouvaient fort bien accueillir Djemila. Oui, c'est un comté important, un comté qui a été longtemps représenté par des députés du Parti québécois», admet-elle... et qui ont été nommés ministre, aurait pu ajouter Mme Marois.
Mme Benhabib qui accompagnait sa chef, précise qu'elle a tout de même rencontré les militants de Trois-Rivières et que c'est l'exécutif, qu'elle a aussi vu à deux reprises, qui a eu le dernier mot. «On a discuté pendant 2 h 30 et le lendemain j'ai rencontré tout le comité et on a eu des discussions riches et profondes. Ils ont eu le dernier mot, car il y a une culture démocratique au PQ.»
C'est Pauline Marois qui a clos le dossier en rappelant qu'elle n'impose jamais de candidat.