Lancement de campagne émotif pour Marie-Paule Bertrand

Marie-Paule Bertrand, candidate indépendante dans Saint-Maurice, lançait sa... (Photo: Émilie O'Connor)

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Marie-Paule Bertrand, candidate indépendante dans Saint-Maurice, lançait sa campagne électorale hier, place du Marché à Shawinigan.

Photo: Émilie O'Connor

Louise Plante
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Tout avait pourtant bien commencé, hier matin, pour Marie-Paule Bertrand, candidate indépendante dans la circonscription de Saint-Maurice, alors qu'elle procédait au lancement de sa campagne place du Marché, au centre-ville de Shawinigan. Le soleil était au rendez-vous, une poignée de partisans aussi, surtout des femmes, et elle posait fièrement, micro en main, à côté d'une petite voiture fraîchement lettrée aux couleurs de sa campagne.

La candidate était toutefois très nerveuse, au point de s'embrouiller quelques fois dans son propos et son texte, laissant échapper une page au vent, passant à deux doigts d'éclater en sanglots. Ce sont les encouragements de ses amis qui l'ont aidée à reprendre contenance.

Même si ce point de presse n'a pas intéressé beaucoup de médias, il n'était pas anodin puisque Mme Bertrand est l'ex-collègue de travail du candidat péquiste dans Saint-Maurice, Luc Trudel, qu'elle a côtoyé pendant quatre ans.

Tous les deux travaillaient en effet au bureau de comté de l'ex-député Claude Pinard. Mme Bertrand y était principalement responsable des dossiers «sociaux». Elle avait toutefois quitté ses fonctions le 27 janvier dernier afin, confie-t-elle, «de retrouver une liberté politique». «Je ne voulais pas être la complice silencieuse de certains agissements», a-t-elle déclaré.

Pressée de préciser sa pensée, celle qui avait appuyé la candidature de l'ex-député bloquiste de Saint-Maurice-Champlain, Jean-Yves Laforest, lors de la convention péquiste, a répondu que pour elle, «le respect est important». Elle dit avoir entendu de la part de M. Trudel «des propos dégradants envers les gens de l'aide sociale et de la communauté des aînés, les femmes et même le milieu communautaire en général.»

«Tu ne dois pas être gentil seulement quand tu te présentes. La vrai réalité est là aussi», plaide-t-elle.

Lorsqu'on lui fait remarquer que sa candidature risque de diviser les votes du milieu souverainiste, elle répond... que toutes les candidatures divisent les votes! Elle croit qu'elle n'ira pas seulement chercher des votes péquistes mais ceux de tous les gens qui, comme elle, «étaient découragés de ne pas trouver un candidat qui représente leurs valeurs.»

Bien connue du milieu communautaire, où elle a oeuvré auprès de plusieurs organismes, Marie-Paule Bertrand se définit comme une femme d'action sociale, «qui veut faire de la politique autrement, pour des changements en profondeur.»

Par sa candidature, elle veut obtenir des changements sociaux, juridiques, politiques, tels que le financement public des partis politiques, des élections à date fixe et un mode de scrutin proportionnel qui accorderait la chance égale à tous les courants politiques d'avoir une place à l'Assemblée nationale.

La candidate se dit très sensibilisée au contexte «pour le moins difficile» de la circonscription de Saint-Maurice.

«Le niveau de pauvreté s'accroît, dû à des budgets créateurs d'inégalité sociale ainsi qu'à des pertes d'emplois causées par la fermeture d'entreprises.» À son avis, le système de santé actuel est nettement déficient et elle en donne comme preuve les listes d'attente, la pénurie de médecins de famille et d'effectifs médicaux.

Un dossier lui tient particulièrement à coeur, soit de garantir une qualité de vie aux accidentés de la route par une réforme importante à la Société d'assurance automobile du Québec qui mettrait fin au harcèlement médical.

Notons enfin que la candidate indépendante a été fonctionnaire pendant 26 ans à l'Agence de revenu du Canada et représentante syndicale pendant 18 ans. Sa campagne se résumera surtout à faire du porte-à-porte.

Luc Trudel étonné

Après avoir choisi de ne pas réagir aux propos de la candidate indépendante Marie-Paule Bertrand, qui l'accuse de manquer de respect envers les plus démunis de la société, Luc Trudel, le candidat péquiste dans Saint-Maurice, a finalement déclaré qu'il n'aurait pu occuper ses fonctions d'attaché politique pendant 18 ans, s'il avait vraiment eu l'attitude que lui reproche son ex-collègue.

---- @Corps de texte:«Elle a droit à ses opinions. C'est un peu vague comme accusation, a d'abord déclaré M. Trudel. J'ai servi beaucoup de gens, des cas pathétiques parfois. Récemment, un jeune homme m'a remercié de l'avoir aidé à se sortir d'un imbroglio.»

---- M. Trudel rappelle qu'il a été choisi par les membres de l'Association péquiste de Saint-Maurice lors d'une investiture contestée. Qu'il y a eu un débat et que les gens avaient fait un choix.

«Je pense avoir été choisi pour mes 18 ans de bons et loyaux services envers Claude Pinard. Si j'avais eu des comportements disgracieux et méprisants, je ne pense pas que j'aurais pu durer si longtemps dans le domaine politique, surtout à une fonction, attaché politique, où le taux de roulement est de 2 ou 3 ans, que ce soit dans un cabinet ministériel ou un bureau de comté.»

Le candidat ajoute qu'il offre ses services aux citoyens de Saint-Maurice et que c'est ce à quoi les gens s'attendent.

«Les gens ne veulent pas seulement savoir qui je suis mais ce que je propose pour l'avenir. On n'est plus en 1950. Les gens sont plus éduqués, plus renseignés, les médias sont très présents. Les campagnes de dénigrement à l'ancienne n'ont plus leur place. Mais cela dit, après 20 ans passés en politique, j'ai assez d'expérience pour comprendre qu'on ne peut plaire à tout le monde. Parfois, on pose des gestes ou on dit des choses qui peuvent être mal interprétés ou durement reçus par des personnes, à cause de leur manque d'expérience. Si j'ai froissé du monde, je m'en excuse. Ce n'était pas intentionnel. Mais en même temps, je ne peux m'empêcher de dire ce que je pense et d'agir parce qu'être en politique, c'est avoir des opinions et les défendre», a-t-il conclu.

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