M. Aussant rappelle qu'ON est reconnu par le Directeur général des élections (DGE) et qu'il est représenté à l'Assemblée nationale.
«Selon la loi électorale, on devrait avoir un temps équitable d'antenne que tous les autres partis représentés à l'Assemblée nationale. Ce qui nous laisse croire qu'on devrait être aux débats des chefs parce que sinon, ça devient une sorte d'avantage indu à certains partis qui ont plus de temps d'antenne que d'autres», soutient le député sortant de Nicolet-Bécancour.
Toutefois, le Directeur général des élections (DGE) considère un débat des chefs comme une émission d'affaires publiques et donc non comme une dépense électorale et du temps d'antenne gratuit.
Une interprétation que rejette du revers de la main le chef nationaliste qui affirme qu'un débat est écouté par des millions de personnes et donne une certaine publicité.
«C'est beaucoup trop facile de violer l'esprit de loi en prétendant que toutes les émissions qui seront diffusées durant la campagne sont d'affaires publiques. Par exemple, un média particulier qui aurait un candidat favori pourrait inviter seulement ce candidat durant tout le mois et donner un avantage à ce candidat par rapport aux quatre autres partis qui seront représentés à l'Assemblée nationale. Il faut donc respecter l'esprit et la lettre de la loi».
M. Aussant n'envisage pas pour le moment d'intenter un recours judiciaire afin d'être présent dans l'un des débats. Il mise plutôt sur la bonne foi des médias pour revoir leur décision s'ils croyaient exclure certaines formations politiques représentées à l'Assemblée nationale.
Cinq priorités
Jean-Martin Aussant a officiellement lancé hier la campagne électorale d'Option nationale en présentant les cinq principaux points que son parti abordera au cours du prochain mois. ON, qui mise sur le vote des jeunes, mettra de l'avant la souveraineté, la nationalisation des ressources naturelles, l'éducation, la réforme des institutions démocratiques et l'éthique.
«Quelles que soient les priorités des Québécois qu'on voit dans les sondages régulièrement, il y a un élément qu'il ne faut jamais ignorer, qui nous aiderait à mieux régler toutes ces priorités, et c'est évidemment la souveraineté», a affirmé M. Aussant.
La nouvelle formation politique veut aussi aborder le thème de l'économie, mais sous l'aspect de la nationalisation des ressources naturelles. Une mesure qui n'est «pas communiste», assure le député de Nicolet-Bécancour.
«C'est de faire en sorte qu'une société d'État québécoise va être maître d'oeuvre des ressources naturelles au même titre qu'Hydro-Québec avec l'électricité».
ON veut également déclarer le secteur agricole patrimoine national et apporter un meilleur soutient à l'agriculture en favorisant la relève et avec la mise en place d'un fonds de pension pour contrer la précarité des agriculteurs à la retraite.
M. Aussant désire durant la campagne électorale enrichir le débat sur l'éducation en n'abordant pas seulement, comme pourrait le faire le Parti libéral du Québec, le sujet de la lutte étudiante contre la hausse de 1625 $ des frais de scolarité. Il a rappelé qu'Option nationale est en faveur de la gratuité scolaire.
«Sur le plan économique, la gratuité scolaire n'est pas un coût, c'est un revenu, plaide le chef nationaliste. Les pays qui ont mis en place la gratuité se sont rendu compte que les gens vont en moyenne plus longtemps à l'école, quel que soit leur domaine, qu'ils ont des salaires plus élevés en arrivant sur le marché du travail et ils paient donc plus d'impôts qui couvrent davantage le coût de la gratuité scolaire».
Le parti politique indépendantiste désire réformer les institutions démocratiques en adoptant les élections à date fixe et un mode scrutin proportionnel qui attribue les sièges selon le nombres de voies obtenus par chacun des partis.
Option nationale veut également instaurer un financement public des partis politiques pour mettre un terme à la corruption. M. Aussant soutient que si le gouvernement subventionnait directement les partis politiques selon leurs résultats électoraux, l'influence des donateurs deviendrait limiter.
Appui de Pierre Curzi
Pierre Curzi, ancien député péquiste qui a siégé comme indépendant depuis sa démission du Parti québécois l'été dernier, était présent au point de presse pour soutenir Jean-Martin Aussant et Option nationale. Il est venu par amitié, mais aussi par conviction.
«La voix de Jean-Martin, c'est la voix qui essaie de faire autrement». Pour M. Curzi, Option nationale parvient à faire de la politique autrement par le profil de ses candidats et par leurs idées «claires» et «intelligentes» qui questionnent la vie politique. L'implication de celui qui souhaite la réélection de Jean-Martin Aussant se fait présentement de façon ponctuelle. «Si je peux donner un coup de main, je le ferai», lance M. Curzi.