«Je réagis très positivement», lance-t-elle au bout du fil. «C'est vrai que je n'ai pas fait une campagne très assidue, mais là, je vais m'en occuper! Les gens vont avoir une bonne députée, qui va bien s'occuper de ses dossiers et qui va bien travailler, c'est certain.»
L'une des priorités de Mme Saint-Denis consistera à se louer une voiture, ce qui lui permettra de venir régulièrement dans le comté. Devant l'évidence qu'une vague pouvait la propulser sur un siège qu'elle n'aurait jamais imaginé il y a un mois, elle s'est fait conduire à Shawinigan par une amie, samedi, pour y passer une partie de la soirée.
Devant l'ampleur des gains néo-démocrates à travers la province, elle reconnaît l'émotion d'un peuple qui s'était maintes fois manifestée auparavant.
«Les Québécois sont comme cela», analyse-t-elle. «Quand ils décident que c'est assez, c'est assez! C'est ce qui s'est passé pour la religion, c'est ce qui s'est passé avec l'élection du PQ en 1976, c'est ce qui s'est passé avec l'ADQ. Et là, ils ont décidé de voter pour le NPD. Il y a une espèce de cohésion. Ça peut paraître surprenant, mais c'est comme ça.»
Mme Saint-Denis souhaite en savoir un peu plus long, cette semaine, sur la procédure à suivre pour se monter une équipe et ouvrir ses bureaux de comté. Peut-être même se cherchera-t-elle un appartement à Shawinigan.
«Dans la vie, l'important c'est de bien faire ce qu'on fait», réfléchit-elle. «Même si ce n'était pas prévu, on peut quand même bien le faire!»
Laforest digne, mais amer
Comme partout, le député sortant du Bloc québécois, Jean-Yves Laforest, a reçu le verdict populaire comme une tonne de briques. Il s'est présenté à son local électoral à 22 h 40, où il a été chaleureusement accueilli par une vingtaine de partisans qu'il s'est empressé de remercier.
«Nous avons eu des soirées plus heureuses», reconnaît-il. «C'est évident qu'il y avait une volonté de changement importante dans la population.»
M. Laforest croit que les recrues néo-démocrates en auront pour leur argent au cours des prochaines années.
«Pour ceux qui se sont présentés, ils ont un immense devoir à faire», ironise-t-il. «Mme Saint-Denis a refusé d'être présente dans la circonscription. Je lui souhaite évidemment bonne chance, mais j'espère que les citoyens de Saint-Maurice - Champlain ne seront pas trop déçus en cherchant la photo de leur députée. L'effet d'une vague, on ne peut jamais prévoir comment elle peut s'exprimer le jour du vote.»
De son côté, le candidat conservateur accueillait l'invraisemblable résultat avec incrédulité.
«Tant qu'à perdre, autant que ce soit comme ça!», lance Jacques Grenier. «J'ai un peu de difficulté à comprendre. Comment pourra-t-on se faire défendre par un groupe qui n'était même pas intéressé à faire de la politique?»
«Il va falloir monter à Montréal pour faire nos demandes de passeport!», s'esclaffe-t-il. «Ces résultats n'ont aucun sens. On se croyait à une soirée Juste pour dire!»